Le Guetteur

On 04/09/2012 by Nicolas Gilson

Soupçonné d’être le sniper responsable de l’échec de l’opération gérée par le commissaire Mattei (Daniel Auteuil), Vincent (Mathieu Kassovitz) se refuse à parler. Dans une salle d’interrogatoire, les deux hommes se font face. Mattei évoque alors l’affaire qui les a conduits à cette situation. Une évocation qui prend la forme d’un flash-back selon deux points de vue, celui du commissaire – qui, sur le point d’arrêter sur le fait un gang de braqueurs de banques, voit son opération mise à mal par un mystérieux sniper qui décime quantité de ses hommes – et celui du sniper présumé – qui s’avère être le chef du gang que Mattei pourchasse et qui a été dénoncé anonymement auprès de la police.

Si cette longue séquence d’introduction met une série d’éléments en place, elle témoigne déjà du caractère sinueux et platement démonstratif du scénario. Un catalogue d’effets de genre qui se retrouve développé dans l’approche esthétique toute atmosphérique qui joue néanmoins habilement, bien que peu subtilement, avec les attentes du spectateur. En démultipliant les angles d’approche – Mattei, Vincent mais aussi chacun des membres du gang, la compagne de l’un d’eux, l’avocate de Vincent et encore Frank (Olivier Gourmet) qui a planqué le gang avant la dénonciation – et les changements de direction narrative, les scénaristes semblent mettre entre parenthèses des pans de récit et réduisent les personnages de facto en purs objets de démonstration. Si la construction semble bancale tant il semble y avoir plusieurs films en un avec de troublants problèmes d’ellipse, elle témoigne néanmoins de la volonté de mettre en place un réel climat lié au genre policier et au thriller. Il est toutefois dommage que de nombreux illogismes rendent l’ensemble boiteux…

Daniel Autueil tente de donner du caractère à un Mattei qui manque de subtilité dans sa caractérisation à l’instar de la relation à son fils – car, au coeur du scénario, il y a la volonté de complexifier le récit en faisant porter au personnage le deuil de son fils mort en Afganistan… La caractérisation des protagonistes est en fait quelque peu duale. Si la majorité des personnages apparaissent être autant de caricatures liées au genre, ceux interprétés par Mathieu Kassovitz et surtout Olivier Gourmet sont brillamment pensés et nourris.

Si le spectateur ne cherche pas à découvrir la logique de l’ensemble et qu’il se laisse guider de rebondissement en rebondissement par l’orchestration musicale et les effets ponctuels de montage parallèle, sans doute ne peut-il que trouver LE GUETTEUR haletant – une disposition qui repose sur les effets de pure mise en condition dont semble raffoler le réalisateur, Michele Placido.

Pour les allergiques, LE GUETTEUR est par contre un film de genre sans intérêt si ce n’est l’interprétation d’Olivier Gourmet. Toutefois, si l’on est fan de Fanny Ardant, une apparition surprise de l’actrice est tellement délectable qu’elle efface tout le négatif de l’ensemble et irradie les sens jusqu’à la très réussie séquence finale.

LE GUETTEUR

Réalisation : Michele PLACIDO
France / Belgique / Italie – 2012 – 89 min
Distribution : Big Bang Distribution
Thriller / Action / Policier

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