Le Concert

On 10/11/2009 by Nicolas Gilson

L’emploi du pronom définitif suggère l’importance même du nom commun auquel il se rapporte : le concert. Irrémédiablement le spectateur s’attend à découvrir celui-ci, d’autant plus que le réalisateur joue d’emblée avec cette attente … Un habile montage confronte le public à un orchestre et à son supposé chef, une illusion intelligente, une mise en condition qui renforce l’excitation première. Une séquence d’ouverture d’une improbable longueur, intensifie proprement cette perspective tout en confrontant le spectateur avec humour et subtilité à une terne Russie. Une double dynamique de rencontre et du burlesque est mise en place. Au-delà une réelle dimension emphatique quant au protagoniste principal s’esquisse. Aussi c’est une amère déception qui prend le spectateur à la gorge quand, dans la seconde partie du film, la subtilité humoristique s’envole, quand la légèreté de propos s’évanouit pour ne plus prendre écho que dans des simagrées aussi ridicules que rocambolesques. Un couperet violent lorsque l’objet tant convoité se dessine à peine … tant le concert plus qu’attendu déçoit.

Le film repose en fait sur une double construction qui d’un point de vue strictement narratif conduit du burlesque au mélodrame. Cependant en n’assumant pas pleinement le basculement de l’un à l’autre c’est le ridicule qui s’impose magistralement. Dès lors les enjeux dramatiques qui prennent place s’entremêlent à un humour caricatural et grossier – lui-même étranger à l’approche première. Le basculement est là, sévère : le film perd tout son intérêt. Est-il nécessaire de souligner les renforts musicaux conditionnant – au delà de l’intérêt narratif d la musique, les inserts dictatoriaux ou encore les appuis divers – tel le regard en chien de faïence de Mélanie Laurent, en caricature antipathique d’elle-même ?

Le caractère paradoxal du traitement de la séquence finale – le concert, logiquement – censé être le point le point culminant de l’aventure, qui semble ne pas se suffire pas à lui-même, se veut désolant. Un concert a lieu, sans vie et sans originalité.

LE CONCERT
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Réalisation : Radu MIHAILEANU
France – 2008 – 122min
Distribution : Cinéart
Comédie dramatique
EA

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