Layla Fourie

On 12/02/2013 by Nicolas Gilson

Avec LAYLA FOURIE, Pia Marais construit un film de genre assez classique et brouillon où elle n’a de cesse de changer de point de vue et les complexifications narratives afin d’exciter le suspens et d’exacerber l’attention du spectateur.

Alors que la séquence d’ouverture du film présente une force incroyable, celle-ci n’a de cesse de s’essouffler ensuite. La voix et le caractère de Layla apparaissent avant son visage tandis qu’elle semble répondre à une série des questions déterminant si elle ment ou dit la vérité. Cette incroyable centralité, renforcée par le titre, est alors captivante. LAYLA FOURIE n’est toutefois pas le portrait d’une femme dont le quotidien se résume pourtant aisément à travers sa subsistance et celle de son jeune fils qu’elle élève seule.

Après une mise en place rapide et superficielle des principaux protagonistes – Layla et son fils Kane – ceux-ci sont pris dans un accident  : Layla renverse un homme qu’elle tente en vain de secourir avant d’en cacher le corps et de demander à son fils de ne rien dire… Une suite de hasards fortuits conduisent Layla et Kane à rencontrer Pienaar qui se révèle être le fils de l’homme renversé. Terrible spirale où se mêlent culpabilité, ingénuité ou encore désir…

Si les enjeux sont forts, Pia Marais les rend grossiers et démonstratifs. Elle se joue des attentes spectatoriales et met en scène un film au nombreux appuis dont le style est surfait et emprunté – ah cette tension qui émane du fait que le spectateur en sait plus que les protagonistes et qu’on lui donne à voir moult d’éléments pour s’assurer que l’excitation est palpable, ah cette prise au piège. La réalisatrice opte pour une mise en scène exacerbant le pathos des situations et du ressenti des protagonistes sans parvenir à transcender leurs émotions. Le montage assoit la confusion des points de vue et semble répondre d’une pure dynamique de mise en condition – la musique atmosphérique ponctuant la démarche. Quel dommage : Rayna Campbell qui interprète Layla y est pourtant sublime.

LAYLA FOURIE

Réalisation : Pia MARAIS
Allemagne / Afrique du Sud / France / Pays-Bas – 2013 – 108 min
Distribution : /
Ventes Internationales : Match Factory
Drame / Supsens

Berlinale 2013 – Compétition Officielle

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