Critique : Labyrinthus

On 30/06/2014 by Nicolas Gilson

Être courtois demanderait de dire ne pas se reconnaître dans le public cible. Être objectif contraint à témoigner de notre supplice tant LABYRINTHUS est affligeant : du développement scénaristique à la mise en scène, des effets spéciaux aux renforts musicaux la nullité de l’ensemble est totale.

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Dès l’ouverture du film, le constat est amer. Le ton est donné par une photographie criarde et un découpage démonstratif et artificiel. Alors que nous doutons déjà du réalisme de la situation, l’humour mis en place est tellement balourd que le pire est à présager. Après la mise en avant du principal protagoniste, Frikke, il s’agit de mettre en place l’intrigue. Le manque de finesse est total et s’émancipe alors de toute dimension pragmatique. Néanmoins cela permet d’entrer dans le vif du sujet.

Un cycliste peu respectueux des piétons et visiblement aussi stressé que sa conduite est pressée, laisse tomber son sac à dos dans lequel Frikke trouve un boitier d’appareil photo et une clé usb. De retour chez lui, le jeune adolescent introduit l’objet dans son ordinateur et découvre un jeu interactif dont les règles – et la logique – demeurent pour nous secrètes. Répondant à l’injonction d’un étrange maître de jeu – une silhouette des plus grotesque, Frikke est pris au piège. S’il cesse de jouer une jeune fille « téléchargée » dans le logiciel mourra…

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Sommaire et caricatural, bien que écrit par Pierre De Clerc (HASTA LA VISTA), le scénario est rempli d’illogismes tous plus grossiers les uns que les autres si bien que la sauce fantastique a du mal à prendre. Pire, la pilule ne passe pas tant le caractère platement démonstratif de l’ensemble est proprement ridicule. Mais répétons le nous : nous ne sommes pas le public cible. Néanmoins nous pourrions nous poser la question de l’âge de ce dernier. Les jeunes protagonistes du film se comportant comme des bleuettes issues d’une comédie romantique américaine des plus bouffonne tout en étant dépourvus du moindre éveil ou élan sexuel – malgré une très vague allusion.

L’approche esthétique est en tout point risible. Outre une mise en scène simiesque et des renforts musicaux assomants (qui n’ont pas même l’intérêt d’être atmosphériques), les effets spéciaux et numériques sont inénarrables. L’impossibilité d’oublier l’artifice – l’effet green key est des plus palpable – est imparable tant le graphisme est désastreux – à moins qu’il n’y ait chez le réalisateur la volonté de rendre hommage aux premiers logiciels de création virtuelle.

labyrinthus - poster

LABYRINTHUS

Réalisation : Douglas Boswell
Belgique / Pays-Bas – 2014 – 99 min
Distribution : Paradiso
Aventure

Labyrinthus-01 Labyrinthus

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