La Régate

On 23/02/2010 by Nicolas Gilson

Souffrant d’une écriture palpable dont l’intrigue est remâchée et d’une réalisation boiteuse LA REGATE, premier long métrage de fiction de Bernard Bellefroid, est une cruelle déception. La sincérité du réalisateur s’impose mais ne sauve pas le film du médiocre misérabilisme au sein duquel il s’embourbe.

Tout est irrémédiablement appuyé, du récit à sa transposition visuelle et dialogique. A défaut de n’être pas novateur, le scénario est gauchement développé : tout y apparaît mâché, remâché, presque prédigéré afin d’être certain que le spectateur comprenne les évidents enjeux qui y prennent place. Une panade mixée et diluée dont l’essence est pourtant un cri terrible. Nulle justesse de point de vue, rien de neuf dans le fond, aucune révolution stylistique ni la moindre inventivité dans la forme …

A cette pauvreté narrative répond une réalisation dépourvue d’originalité : Bernard Bellefroid ne développe pas d’esthétique singulière et ne semble pas même tendre à une ligne esthétique définie. Photographie, cadrage et prise de son ont beau être de bonne qualité, les choix pluriels de mise en scène sont improbablement éculés et d’une diversité désespérante.

La direction d’acteur est quant à elle absente, si bien que les différents protagonistes débinent leur texte sans la moindre crédibilité. Un texte âprement présent qui semble contenir toute la dramaturgie de l’ensemble sans que LA REGATE n’apparaisse à aucun moment appartenir au cinéma de la parolification. Les dialogues ne rencontrent ni l’intérêt d’une recherche stylistique – d’un amour des mots – ni celui d’un phrasé direct, juste, vrai. La surimportance dialogique permet bêtement de raconter le film, d’expliquer les sentiments, de faire avancer le récit. En somme elle gomme les possibilités spécifiques du médium cinématographique et ce faisant elle révèle l’inintérêt du film.

Grossier enchevêtrement narratif et stylistique, LA REGATE tient plus du téléfilm que du cinéma. En ne pensant pas son film singulièrement, Bellefroid sombre dans la banalité de l’insensible.

Un manque d’originalité qui n’est pas s’en déplaire puisque le film a reçu le prix du public au 24ème Festival International du Film Francophone de Namur et contrairement à des réalisations belges singulières – AMER de Hélène Cattet et Bruno Forzani, ou encore SOMEWHERE BETWEEN HERE AND NOW de Olivier Boonjing – a trouvé un distributeur.

LA REGATE

Réalisation : Bernard Bellefroid
Belgique / France / Luxembourg – 2009 – 90 min
Distribution : Cinéart
Drame
EA

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