Critique : La Première Etoile

On 08/04/2009 by Nicolas Gilson

Père de trois enfants Jean-Gabriel nourrit le rêve de faire de la radio et ne parvient pas à se décider à trouver un réel travail tandis que sa femme se tue à la tâche afin de parvenir à nouer les deux bouts. Gentil menteur Jean-Gabriel a la fâcheuse tendance de traîner au bar PMU ce qui n’arrange rien à la situation.

Lorsque sa fille lui demande pourquoi ils ne vont jamais skier il annonce que ce sera le cas cette année. Seulement ce mensonge de plus est celui de trop pour son épouse qui est épuisée de voir Jean-Gabriel mentir à leurs enfants. Alors pour ne pas perdre sa crédibilité et surtout pour ne pas perdre sa femme il va devoir trouver une solution et emmener sa famille aux sports d’hivers …

D’UNE PAUVRETE CARICATURALE

Exemplaire du film français commercial actuel dont le format semble répondre à une charte télévisuelle, La première étoile est un film dépourvu de tout intérêt. Tant le scénario que la réalisation ne cessent d’osciller entre des niveaux de représentation aussi divers que contradictoires. En somme tout y passe de la fresque sociale à la comédie pure, sans que jamais un réel point de vue ne soit un temps soit peu esquissé.

Nombreux sont les archétypes qui nourrissent le film ; de l’écriture à la mise en scène en passant par une direction d’acteur n’allant que rarement au-delà de la caricature. Pourtant une certaine naïveté semble en émaner … Une fraîcheur néanmoins insuffisante pour rendre cette première réalisation séduisante.

L’impact réaliste qui ouvre le film perd tout sens et tout intérêt au profit de la démonstration narrative qui s’inscrit ensuite lourdement. Nous sommes continuellement dans le démonstratif et dans le monstratif, jamais nous ne sommes convié à adhérer au ressenti des personnages.

Seule Anne Gonsigny tire son épingle du jeu. Alors que les autres comédiens sont dirigés afin de répondre à une logique purement caricaturale, elle est la seule à incarner son personnage au-delà de cette optique à la limite du grotesque. Le caractère des personnages se module en fonction des dictas scénaristiques auxquels répond également une mise en scène aussi pauvre que facile.

L’hypothèse musicale se fond à la logique démonstrative, jamais elle n’est indépendante voire même vecteur de sens. Pourtant il sera question de citation textuelle avec un renvoi à une chanson de Jean Ferrat, La montagne : une citation âprement noyée dans une séquence proprement pathétique, si bien qu’elle perd tout son sens.

Une folle question s’esquisse cependant et résume à elle seule le devenir d’un certain cinéma français : Pourquoi un bon téléfilm fait-il un mauvais film?

LA PREMIERE ETOILE
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Réalisation : Lucien JEAN-BAPTISTE
France – 2008 – 90 min
Distribution : Les films de l’Elysée
Comédie
Enfants admis

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  • Un Grand Moment de Cinéma » Ma Première Fois :

    [...] MA PREMIERE FOIS est la première – et dernière ? s’il vous plaît ! – réalisation de Marie-Castille Mention-Schaar, une productrice qui, avant de jouer à l’homme-orchestre sur ce film (réalisatrice, scénariste, productrice), a co-signé le scénario de LA PREMIERE ETOILE… [...]

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