La fleur de l’âge

On 13/05/2013 by Nicolas Gilson

Dans le vaste potager du cinéma français, la culture d’une imposante parcelle apparaît conditionnée au bon vouloir de la télévision (grand moteur financier). Si les navets s’y alignent en masse, certains à l’instar de LA FLEUR DE L’AGE ne présentent comme intérêt qu’une affiche (partiellement) alléchante voire saugrenue. Nick Quinn réunit ainsi Pierre Arditi, Jean-Pierre Marielle et Julie Ferrier afin de prouver qu’il est un piètre directeur d’acteurs. Plus encore il atteste d’une complète nullité en mettant en scène un scénario morcelaire, ridicule et truffé de clichés balourds. Une insulte au cinéma.

La fleur de l'âge

Producteur et présentateur d’une émission de télévision, Gaspard Dassonville, dans la soixantaine, accueille chez lui son père qui suite à une fracture ne peut rentrer chez lui. Les deux hommes qui tiennent de la caricature cohabitent rapidement avec une garde-malade recrutée par Gaspard pour sa gentillesse et ses formes généreuses… Ils forment rapidement un ménage à trois auquel on ne croit pas. En parallèle de cette « construction » (qui tient de l’imposition), Gaspard subit quelques contrariété au boulot et se sent vieillir, ce dont on se moque éperdument tant la superficialité de l’écriture transparait.

Succession de séquences toutes plus caricaturales les unes que les autres et dépeintes avec une balourdise presque exemplaire, le scénario de LA FLEUR DE L’AGE est d’une nullité incommensurable. Rien ne sert d’y chercher la moindre cohérence, il n’y en a pas. Quoique si : son exécrabilité.

A un scénario déplorable (coup de cymbales), répond une mise en scène catastrophique, un casting incongru tant on n’y croit pas, une direction d’acteurs telle que les personnages n’existent pas (quel dommage que Julie Ferrier et Rasha Bukvic gâchent ainsi leur talent)…

L’approche esthétique est brouillonne en tout point. En n’étant pas capable de dessiner une ligne de mise en scène, Nick Quinn mélange les effets et hésite sans cesse entre un surdécoupage des scènes (dont la logique est à trouver) et une mobilité du cadre dont le seul intérêt est de pouvoir employer des rails (car un travelling, ça la pète). Dès lors la matière mise en boîte est telle que le travail de montage ne peut que tenter de sauver les meubles. S’il est impossible au film de trouver une forme cohérente, l’enchainement des valeurs de plans donne la nausée tant le découpage s’avère désastreux. Du côté du son, la catastrophe est également au rendez-vous et le montage ne parvient pas à sauver ce qui n’a pas été pensé avec acuité en amont.

la fleur de l'age

LA FLEUR DE L’AGE

Réalisation : Nick QUINN
France – 2013 – 83 min
Distribution : Les films de l’Elysée
Comédie

La fleur de l'âge - affiche

La fleur de l'âge - Pierre Arditi et Jean-Pierre Marielle

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