La Blonde aux Seins Nus

On 06/08/2010 by Nicolas Gilson

Construction houleuse, renfort musicaux abscons et dialogues improbables rythment ce film atrocement long déservi d’une direction d’acteur pathétique. LA BLONDE AUX SEINS NUS est détestable.

Après une séquence d’introduction obscure tentant d’esquisser une hypothèse malsaine où deux frères entretiennent une relation à la fois perverse et sexuelle avec une jeune femme dont le spectateur ne voit réellement que les seins et quelques rares morceaux de son corps – une réification proche des canons de la pornographie, le schéma narratif se met en place avec balourdise. Deux frères donc, orphelins de mère, délaissés par un père maintenant mourant tentent de s’en sortir en vivant telles des petites frappes sur la péniche du père dont ils ont peur de perdre la jouissance. Ayant besoin d’argent – car les pauvres ne s’en sortent pas, mais témoignent d’une solidarité touchante en partageant leurs repas – les deux jeunes-hommes acceptent de voler un Manet au musée d’Orsay : La Blonde Aux Seins Nus. La simplicité surprenant de la réussite du vol est cependant contrecarrée par la surveillante du musée qui course le jeune homme commettant le délit. S’en suit un enlèvement complexe, une complexe histoire d’amour, une complexe relation familiale, une complexe aventure … Le tout est platement démonstratif, surécrit, surjoué, surdialogué … et aucunement crédible. Malgré une situation intéressante – la captive réagissant comme si elle se faisait de nouveaux amis – l’ensemble ne cesse de s’enliser, d’osciller entre le ridicule et le pathétique.

Si l’interrogation première se porte sur la crédibilité du casting, relativement douteuse, la pauvreté de la direction d’acteur épuise le spectateur. En un sens LA BLONDE AUX SEINS NUS propose une étrange expérience, celle de la redécouverte d’un cinéma qui se pense original à la mise en scène appuyée – théâtrale à mauvais escient – doublée d’une hypothèse dialogique plus qu’artificielle. Le réalisateur a beau tenter de travailler la photographie du film, celle-ci, bien que singulière et admirable, ne sauve rien. C’est que le scénario fatigue – en explosant notamment les points de vue et les sous-récits – et la mise en scène éreinte. Tout est bravache et appuyé, au-delà souvent du ridicule comme lorsqu’est offerte au spectateur une course poursuite dont sort victorieuse la péniche ou quand un journal télévisé semble rendre hommage aux années septante … Les dialogues sonnent plus faux encore que les pires répliques de Chabrol, c’est dire. Toutefois le rire est au rendez-vous, indépendamment de la volonté de Manuel Pradal, tant le phrasé apparaît être une caricature et les protagonistes autant de marionnettes.

LA BLONDE AUX SEINS NUS

Réalisation : Manuel PRADAL
France – 2008 – 100 min
Distribution : BFD
Comédie dramatique

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