Killing Them Softly

On 03/12/2012 by Nicolas Gilson

KILLING THEM SOFTLY est un divertissement creux qui cherche à flirter avec une dimension politique et sociétale sans y parvenir. A moins que l’intérêt d’un film ne se résume qu’à la force de la réplique finale et qu’une réflexion s’élabore sur base d’effets stylistiques dépourvus d’originalité et platement démonstratifs.

Andrew Dominik signe l’adaptation du roman « L’Art et la Manière » de George V. Higgins. Le scénario, bavard, présente une structure narrative à rebondissements pleine d’ironie pourvue de répliques quelques fois savoureuses. La volonté de mettre en parallèle une critique du condescendant discours politique américain est intéressante mais peu habile au point de paraître grossière.

D’emblée cette critique est mise en place. Elle ouvre le film dans une intrigante séquence au montage ciselé. Une approche esthétique proche de l’expérimentation, qui sert de pure mise en condition. Dominik capte notre attention avant d’irrémédiablement nous décevoir en sombrant vers la facilité de la gratuité des effets sonores et visuels. Le réalisateur, qui semble avoir une prédilection pour les ralentis et les gros plans sonores, maîtrise les artifices. Mais l’emploi qu’il en fait n’est guère sensible.

La qualité du casting est indéniable. KILLING THEM SOFTLY est un joli produit qui trouve néanmoins difficilement son rythme. Une désolation à l’image de la société qu’il dénonce. Seule la réplique finale vaut le détour : un coup de poing donné avec fougue par Brad Pitt.

KILLING THEM SOFTLY
♥(♥)
Réalisation : Andrew Dominik
USA – 2012 – 98 min
Distribution : KFD
Action / Drame

Cannes 2012 – Sélection Officielle en Compétition


Mise en ligne initiale le 23/05/2012

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