Killers

On 12/06/2010 by Nicolas Gilson

Robert Luketic met en scène une comédie romantique sans grand intérêt qui à l’honneur d’être dépourvue de prétention. Le produit vise un public cible, féminin et gay, et, s’il ne repose pas sur un scénario bien riche, il atteste d’un rythme correct. Plus que d’inviter au rire KILLERS enjoint au fantasme. L’objet premier de celui-ci n’est autre qu’Ashton Kutcher, acteur principal du film mais aussi l’un des producteurs. Le jeune homme est posé en pur objet et se comporte comme la pire pucelle que le cinéma hollywoodien ait connu. Au premier regard il tombe éperdument amoureux d’une greluche agissant de même. D’emblée l’archétype masculin est à la fois exacerbé et mis à mal : il n’est en fait que la projection de l’idéal absolu véhiculé par les contes de fées.

- Ashton Krusher aka Prince Charmant

Toutefois le Prince Charmant, au comportement stéréotypement féminin, ressemble à une icône de calendrier. Monsieur Juillet ou Monsieur Parfait, Ashton – pardon, Spencer Aimes – est pourtant un menu filou : tueur professionnel il ne révèle pas à la belle son vrai visage. Il se range, l’épouse et vit une parfaite vie de contes de fées. Une romance telle que les acteurs pourraient se nourrir de regards et de baisers. Mais nous sommes dans une super production américaine, ils vivent donc dans une banlieue chic, dans une maison quatre façades décorée comme une pièce montée. Tout est artificiel, sans quoi il n’y aurait pas d’excitation. Robert Luketic aurait pu pousser le vice et mettre en scène une savoureuse parodie. Les éléments sont là : aussi bien dans l’écriture – de la mièvrerie de la narration aux référents de la culture gay (Tom Selleck et sa moustache en tête) pouvant engendrer une tonalité décalée – que dans les choix esthétiques – lorsque la photographie souligne l’artificialité de l’ensemble, le non-naturel de l’éclairage devient savoureux. Mais le réalisateur sombre dans un académisme efficace dépourvu d’originalité. L’ensemble fonctionne sans emballer. L’ouverture est prometteuse, mais le film s’enlise rapidement. Humour et aventure s’épousent sans réellement faire mouche.

KILLERS
KISS & KILL
*
Réalisation : Robert LUKETIC
USA – 2010 – 100 min
Distribution : KFD
Comédie (romantique)

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