Interview : Károly Ujj Mészáros

On 17/04/2015 by Nicolas Gilson

Avec LIZA, THE FOX-FAIRY, Károly Ujj Mészáros signe un premier long-métrage savoureusement kitsch mettant en scène une trentenaire cherchant désespérément l’amour ce qui n’est pas pour plaire au fantôme d’un chanteur ringard japonais décidé à la garder pour lui. Situant l’action dans une Hongrie fantasmée à la fin des années 1960, le realisateur oscille entre les genres du burlesque au fantastique pour notre plus grand plaisir. Interview.

Comment définiriez-vous votre film ? - Je préfèrerais ne pas le faire mais si vous m’y obligez, je dirais que c’est un conte de fée pour adultes, une comédie sombre et ensoleillée.

Vous retrouvez des acteurs avec lesquels vous avez déjà travaillé dans vos court-métrages. Avez-vous écrit le scénario en pensant à eux ? - C’est tout à fait cela dans le cas de Liza, jouée par Moni Balsai. Piroska Molnar était par ailleurs Marta Tanaka dans ma tête depuis un bon moment.

Le temps semble relatif dans le film, il nous plonge dans les années 1960 tout en étant truffé de nombreuses références contemporaines. - Il s’agit en fait d’un monde imaginaire qui prendrait place au début des années 1970 dans lequel il y a de nombreuses références aux années 1960 et 1950.C’est le capitalisme, placé en Hongrie où il n’a alors jamais existé. C’est « un rêve devenu réalité » pour de nombreuses personnes de ma génération, cependant il y a effectivement avec les choses étranges dont nous pouvons faire l’expérience avec le capitalisme contemporain.

Le film présente plusieurs couleurs et autant de tonalités, les décors et les costumes sont autant de sources de plaisanteries qui font sens dans la trame narrative. - C’était très amusant de créer l’univers du film et c’est assez exceptionnel au regard du cinéma hongrois contemporain. Je pense en effet que l’aspect visuel est un élément très important que l’on peut trouver appréciable dans le film.

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Est-ce que l’humour est une manière, pour vous, de parler du droit des femmes ? - J’adore les femmes. Je pense qu’elle sont fortes d’une manière exceptionnelle. Sans elles, l’humanité se serait effondrée il y a longtemps à cause des trips égocentriques masculin.

Pourquoi ce recours à une voix-over et à un encadrement narratif ?- Simplement afin de donner toute l’information nécessaire, sans quoi la durée du film aurait grandement augmenté. C’était la manière la plus efficace de sauter au coeur de l’intrigue.

Le film présente de nombreux leitmotivs à l’instar de la musique lorsque Liza est perdue dans ses pensées romanesques. Comment avez-vous travaillé cela ? - C’est une vieille tradition filmique (comme dans IL ETAIT UNE FOIS DANS L’OUEST) qui offre aux personnages leurs propres thèmes musicaux, et nous avons suivi cela. C’était aussi très amusant à travailler. Notamment les chansons Tomy Tani, le fantôme du chanteur japonais qui hante le film. C’était un vrai plaisir !

Comment avez-vous découvert l’existence des fée-renards ? - J’ai découvert cette légende au Japon à Nanu alors que j’étais invité à un Festival de Court-métrage (Short Shorts Film Festival) en 2006. J’ai depuis une sympathique figurine en plastique avec une queue de fée-renard.

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