Karine Viard : Entrevue

On 17/10/2011 by Nicolas Gilson

Rencontre avec Karine Viard venue présenter POLISSE au Festival International du film Francophone de Namur. 

Comment avez-vous rencontré Maïwen ?

J’ai vu son premier film PARDONNEZ-MOI en dvd un peu par hasard. Et je suis tombée sous le choc. Je me suis dit que cette fille est super, qu’elle est courageuse. J’ai beaucoup aimé le film et j’ai eu envie de le lui dire. Je l’ai appelé, je lui ai laissé un message où je lui ai dit que j’avais vu son film et que je l’avais trouvé super, que c’est audacieux, gonflé, vachement bien… Du coup quand il a été question qu’elle fasse LE BAL DES ACTRICES, elle m’a contacté en me disant qu’elle voudrait faire un film sur les actrices. Elle m’a demandé si j’étais d’accord et je lui ai dit que oui. Elle m’a demandé ce que je voulais raconter, je lui ai répondu qu’elle pouvait me faire raconter ce qu’elle voulait. Elle m’a alors demandé s’il y a des trucs qui me font honte et je lui ai dit que je ne suis pas très à l’aise de parler anglais car j’ai toujours l’impression qu’on va se demander pour qui je me prends. Du coup elle m’a écrit ce rôle et j’ai adoré tourner avec elle, alors quand elle m’a parlé de POLISSE j’étais trop contente. Je voulais le faire.

Elles vous a parlé des personnages ou est-ce qu’un rôle avait été écrit pour vous ?

Elle m’a proposé un personnage qu’elle avait écrit pour moi. Et à Marina aussi.

Comment avez- vous appréhendé le personnage de Nadine ?

Avec simplicité. J’ai essayé de comprendre de quoi il s’agissait, de comprendre la place des uns par rapport aux autres. Parce que ce que je trouve bien dans ce film c’est que les personnages n’existent que dans leur relation avec les autres. Ils sont tous en relation avec les autres. Il fallait que ces relations soient claires.

On pourrait envisager le corps policier comme un seul personnage.

Absolument. Je suis tout à fait d’accord.

Comment avez-vous travaillé cette complicité ?

Elle est déjà là en amont. C’est aussi tout le talent de Maïwenn, toute son intuition : prendre des personnalités assez fortes mais qui sont complémentaires. Du coup, l’ambiance qu’il y a est à la fois celle de la brigade et la nôtre car on a joué de notre amitié, de notre confiance, de notre plaisir à nous retrouver et à être ensemble. C’est quelque chose qui a été très fort.

Vous connaissiez l’univers policier ?

Maïwenn nous a fait faire un stage d’une semaine avec d’anciens policiers de la brigade des mineurs qui nous ont briffé. Cela nous a permis à tous d’avoir un langage commun, de savoir de quoi on parlait et comment, de savoir ce qui se passait… Après on s’est lancé. Et Maïwenn a de la fougue, de l’intensité, du sérieux, de la concentration et beaucoup de dynamisme.

Comment est-ce que vous voyez l’évolution de votre carrière ? Qu’est-ce qui vous intéresse aujourd’hui ?

J’aimerais continuer à tourner avec elle. Je voudrais continuer à faire des premiers films. J’aime bien tourner avec des gens très différents, des univers très différents… J’aime bien être dans plusieurs sortes de cinéma. J’ai envie de continuer à être actrice très vieille. J’adore mon métier.

Un film dans lequel vous auriez aimé jouer ?

LA MOME (explosion de rire) pour avoir un Oscars à Hollywood. Mais je ne suis pas sûr que je l’aurais eu si j’avais joué dans le film. Non, non, non. Pourtant il doit y en avoir.

Un film coup de cœur ?

Il y a un film que j’adore qui est un film de référence : c’est le film de David Lynch ELEPHANT MAN. J’adore ce film et j’adore FANNY ET ALEXANDRE de Bergman aussi. On peut dire qu’il y a le grand écart entre les deux mais ce sont des films que j’adore et que je ne me lasse pas de revoir. J’ai vu le film de Bansky l’autre jour FAITES LE MUR, c’est dément, c’est super chouette, j’ai a-do-ré. J’aime beaucoup les documentaires. J’aime bien toute sorte de cinéma et je revendique cet éclectisme. Je ne suis pas très analytique. Quand je n’aime pas un film, je n’ai pas grand chose à argumenter : j’aime ou je n’aime pas. Je revendique un éclectisme en tant qu’actrice et en tant que spectatrice.

Comment choisissez-vous un film ?

Déjà soit je connais le réalisateur, soit je ne le connais pas. Si je le connais pas, je lis son scénario. Si son scénario me plaît, je le rencontre. Si rien ne me bloque, j’y vais. Je ne prends pas de grands risques, au pire je fais un mauvais film. Ca m’est déjà arrivé et je n’en suis pas morte.

Des regrets ?

Quelques uns. Ce n’est pas la peine de les dires, pas la peine d’être cruelle.

Les films dont vous êtes fière ?

Il y en a plein. Je suis fière d’avoir tourné HAUT LES COEURS, qui est un film que j’aime beaucoup. Je suis très fière du BAL DES ACTRICES, de POLISSE, d’avoir tourné avec Klapish que j’aime beaucoup, Christian Vincent… LA TETE DE MAMAN est un premier film que je trouvais assez chouette. Un autre premier film PARLEZ-MOI BEAUCOUP…

Qu’est-ce que les premiers films ont de particulier ?

C’est l’émergence d’un nouveau talent. C’est quelqu’un qui n’est pas rompu. C’est quelqu’un qui est encore frais dont qui a une fougue, une passion, une envie de tout maîtriser. Et en même temps cela fuit de tous les côtés. Je ne suis pas du tout réalisatrice et quand je me retrouve devant un jeune réalisateur je vois des trucs que je connais intuitivement et je vois son envie de raconter quelque chose à travers le cinéma. Quand cela se passe ben c’est chouette.

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