Critique : Joséphine s’arrondit

On 09/02/2016 by Nicolas Gilson

Voulant surfer sur le succès de JOSEPHINE, Marilou Berry enfile à nouveau la gaine du personnage en endossant en plus les rôles de scénariste et de réalisatrice. Une gageure. Ouvrant le film par une scène où l’héroïne hurle de douleur avec frénésie, elle semble établir une complicité avec le spectateur qu’elle invite ponctuellement à ingurgiter de l’advil. Un supplice.

Joséphien s'arrondit - Sarah Suco - Marilou Berry - Cyril Guei

Au volant d’une décapotable, entourée de Sophie (Sarah Suco), sa meilleure-amie-nymphomane-allergique-à-l’idée-même-du-couple, et de son ami black-très-très-très-très-(cliché)-gay (Cyril Guei), Joséphine fonce à toute allure vers l’hôpital. Un dos d’âne et une simple question conduisent à un beuglement qui résume l’intérêt que revêt le film. La production avait vraisemblablement les moyens puisque la réalisatrice nous sert un petit effet permettant d’inscrire l’hypothèse du récit en flash-back dans l’oeil de Joséphine (et donc le sien). S’en suit une tartine résumant les deux ans de relation entre l’héroïne et son mec, Gilles (Mehdi Nebbou), nourries de commentaires en voix-over. Aussi lorsque l’histoire peut enfin prendre place, le temps parait d’autant plus long que l’on attend sans s’en réjouir ce moment où Joséphine se découvre enceinte – oh, surprise.

Le scénario pêche par excès. Tout n’est pas à jeter, mais peu de choses sont à sauver… à commencer par le rythme que Marilou Berry ne parvient jamais à trouver. La dynamique narrative se résume en une trame grossière parsemée de sketches où s’imposent quelques personnages secondaires à l’instar de Sophie – tant Sarah Suco est admirable. Autant les tribulations de Joséphine épuisent, autant les malheurs de Sophie, qui tombe amoureuse du gynéco de sa BFF, Marc (Medi Sadoun), attisent notre curiosité. Mais peut-être est-ce dû à la sensation de désespérance qui s’impose incommensurablement – et les « guests » comme le chat n’y changent rien. Car à la platitude de l’écriture – ou son caractère broleux et fainéant – répond une mise en scène plus convenue que singulière (même si ça part dans tous les sens), truffée de petits effets sans aucune vision. Bref, noyées dans un amas certain de bonnes idées ne font pas un bon scénario. Et des idées, tout court, ne font pas un film – ni une réalisatrice.

JOSEPHINE S’ARRONDIT

Réalisation : Marilou Berry
France – 2016 – 93 min
Distribution : Lumière
Comédie (ou presque)Joséphine s'arrondit, AfficheJosephine2

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>