Critique : Jimmy’s Hall

On 26/08/2014 by Nicolas Gilson

Annoncé comme l’ultime film de fiction de Ken Loach, JIMMY’S HALL est une praline manufacturée avec soin permettant au réalisateur de faire une ode à l’individualisme et à la solidarité. Pour ganache, un élan progressiste savament enrobé – notamment par l’orchestrtion musicale.

jimmy-s-hall

En 1932, Jimmy Gralton rentre en Irlande après avoir passé dix ans aux Etats-Unis. Il se laisse convaincre de rouvrir le « hall » afin d’offrir à son comté un lieu où l’on peut danser, apprendre à lire et à écrire, et refaire le monde. Figure d’exception, Jimmy séduit un public grandissant avec le récit de ses aventures, ses découvertes musicales et ses idées progressistes. Autant dire que cela est vu d’un mauvais oeil par ses vieux ennemis que son l’Eglise et les propriétaires terriens.

Formé à l’école documentaire, Ken Loach voyage pluriellement à travers la fiction, passant du drame social (presque sa marque de fabrique) à la comédie prenant toujours la défense des petites gens avec un réel humanisme. Au fil de sa filmographie, c’est presque un état général de la société et son évolution qui se dessinent. Après avoir signé un réel manifeste avec le documentaire THE SPIRIT OF ’45 (2013), il compose avec JIMMY’S HALL – tout comme avec THE WIND THAT SHAKES en 2006 – un drame historique qui prend place en Irlande afin de louer une nouvelle fois le droit la liberté d’expression, à la liberté d’être.

Pour mettre en scène la destinée de Jimmy Gralton, il demande à Paul Laverty – qui depuis CARLA’S SONG signe l’ensemble de ses scénari – d’adapter la pièce de théâre de Donal O’Kelly (« Jimmy Gralton’s Dancehall »). La mécanique est efficace et somme toute classique. Le caractère narratif du film s’impose d’un bout à l’autre permettant à Ken Loach de louer sans surprise la détermination de son principal protagoniste, l’élan de solidarité engendrée ainsi que la contagion de ses idées progressistes. Bien qu’artificielle tant elle semble affectée et manichéenne, l’approche n’est pas dénuée d’humour tandis que la critique de la bienséance religieuse et politique est acerbe.

Jimmy's Hall - poster

JIMMY’S HALL

Réalisation : Ken Loach
Royaume-Uni / France / Belgique – 2014 – 106 min
Distribution : Cinéart
Drame

Cannes 2014 – Compétition Officielle

Jimmy's Hall

Jimmys_Hall

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