Critique : Je suis mort mais j’ai des amis

On 17/06/2015 by Nicolas Gilson

Comédie potache, JE SUIS MORT MAIS J’AI DES AMIS présente le double paradoxe d’être à la fois trop poussif et pas assez excessif. Reposant sur un maigre scénario pourtant des plus balourd, le film des frères Malandrin fait sourire, parfois rire, sans jamais convaincre.

Vous connaissez l’histoire de Pete Best ?

Alors qu’un groupe de rockeurs s’apprête à s’envoler aux USA pour une tournée, son leader meurt inopinément. Ne se laissant pas abattre, les comparses du chanteur décident de mener à bien les concerts. Ils partent pour la Californie avec les cendres du défunt et… son petit ami fraichement sorti du placard – ou des toilettes.

je suis mort mais j'ai des amis, frontal

D’emblée les réalisateurs mettent en place une dynamique de représentation. Un prologue dessine un encadrement du récit volontairement abscons pour asseoir l’hypothèse de comédie. L’introduction pose les bases tout à la fois des dynamiques narrative et esthétique. Il s’agit de lever les pieds car ça mitraille sec… sans faire mouche pour autant. Le trait est épais, caricatural, et les idées manquent d’autant plus de finesse qu’elles s’inscrivent comme redondantes. Guillaume et Stéphane Malandrin veulent-ils tendre à l’absurde qu’ils n’y parviennent que trop partiellement faute de développement.

Les épisodes se succèdent avec plus ou moins de fracas au fil d’une logorrhée de blagues plus ringardes qu’efficientes. À la mort ridicule « Jipé » répond une crémation dont la mise en scène est tellement affectée que l’on s’enfonce dans son siège. Risible et ridicule se confondent sans le moindre emballement tant il faut faire fi de tout commune logique. C’est ainsi que la découverte du petit ami de Jipé est proprement grotesque. Enlisée dans une séquence inénarrable, elle assoit le gage auquel il faut consentir : mettre de coté toute temporalité et toute cohérence – sans quoi les protagonistes ne peuvent paraître que plus crétins encore qu’ils ne le sont déjà.

Le ton et le degré semblent nous propulser au début des années 1990 où les personnages semblent être restés bloqués : adolescents attardés, ils ont une image de l’homosexualité digne des cours de récréation du siècle passé aussi rit-on plus par gêne que par plaisir non sans témoigner d’un certain embarras… Un élément qui n’est cependant pas sans intérêt mais dont la potentielle pertinence s’épuise dans la bouffonnerie générale.

L’artificialité de la mise en scène amuse-t-elle un temps qu’elle fatigue inexorablement. Pensée en tableau, elle ne dépasse jamais la pure représentation. Et faute d’une interprétation convaincante, l’approche est assez consternante. Une impression renforcée par le caractère factice du son. Si l’on se rejouit d’apercevoir Géraldine Miesse et une kyrielle de visages plus et moins connus du cinéma belge, le constat est amer : les frères Malandrin signent un film de potes en oubliant le spectateur au passage.

je suis mort mais 'jai des amis affiche

JE SUIS MORT MAIS J’AI DES AMIS
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Réalisation : Guillaume Malandrin & Stéphane Malandrin
Belgique / Québec – 2015 – 94 min
Distribution : O’brother
Comédie

je suis mort mais j'ai des amis Je suis mort mais j'ai des amis - sept-îles

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