Jack

On 07/02/2014 by Nicolas Gilson

Jack et son petit frère Manuel vivent avec leur jeune mère célibataire. Bien qu’âgé d’une dizaine d’année c’est Jack qui tient la maison et s’occupe de Manuel. Lorsqu’un accident arrive Jack est placé en institution. Son quotidien est alors chamboulé et il rêve de retrouver, coûte que coûte, sa mère et son frère.

Jack

Jack ou la mécanique du pathos

Sur base d’un portrait aussi juste que caricatural, Edward Berger et Nele Mueller-Stöfen ancrent la réalité d’un enfant qui doit prendre des responsabilités d’adulte avant d’en mettre en scène le parcours qui se voudra initiatique. Bien que présentant l’intérêt de se fondre à l’unicité du point de vue et à l’énergie de Jack, l’écriture, qui n’évite pas de nombreux écueils, est malheureusement palpable et témoigne d’une artificialité que la mise en scène ne fait que renforcer. Pourtant s’en dégage des idées judicieuses à l’instar de la jalousie presque animale du jeune garçon qui tient à défendre son statut de chef de meute.

Instrumentalisé par les réalisateurs, Ivo Pietzcker (Jack) livre une prestation tout à la fois convaincante et agaçante. Si son énergie et sa détermination sont transcendées avec force, son émoi est exacerbé avec un pathétisme déplorable afin de contraindre le spectateur à un complet apitoiement. Les réalisateurs le mettent ainsi ponctuellement en scène dans une frontalité théâtrale et rhétorique garante d’un sentimentalisme plus infect que sirupeux.

Le premier mouvement du film assoit une dynamique réaliste où la mobilité du cadre fait corps avec la vigueur de l’action. Centre de l’attention, Jack donne alors au film sa puissance. Les réalisateurs révèle ainsi, avec une réelle économie, le quotidien de l’enfant qui est bientôt mis à mal. À l’agitation répond alors une fixité pleine de sens qui suggère déjà le basculement narratif. Toutefois les réalisateurs s’émancipent alors d’une certaine radicalité en optant pour la confrontation du spectateur au pathos du jeune protagoniste. Celui-ci devient peu à peu, au fil de l’évolution du récit, une réelle marionnette dont le trouble est exacerbé de manière artificielle : si la mise en scène se ressent alors (la caméra se voulant presque voyeuriste), ce sont surtout les renforts musicaux qui se révèlent assassins.

Jack-affiche

JACK

Réalisation : Edward Berger & Nele Mueller-Stöfen
Allemagne – 2014 – 103 min
Distribution : /
Drame

Berlinale 2014 – Compétition Officielle

Jack © berlinale.de

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