Critique : Into the Woods

On 20/01/2015 by Nicolas Gilson

Transposant au cinéma la comédie musicale de James Lapine, Rob Marshal signe un film récératif et divertissant, kitsch et joyeusement artificiel. Pittoresque voyage au coeur des contes des frères Grimm, INTO THE WOODS n’est ni plus ni moins qu’un spectacle cinématographique où le temps, l’espace et la raison s’envolent. La féérie et l’humour convergent en un tourbillon improbable emporté par Meryl Streep – prodigieuse. Let it go.

INTO THE WOODS

Il était une fois une forêt que doivent traverser, pour diverses raisons, une galerie de protagonistes. Parmi eux : un chaperon rouge, une souillon répondant au nom de Cendrillon ou encore un certain Jack qui trouvera – fatalement – des haricots. Il était une fois une sorcière, blessée et meurtrie, dont la malédiction est source d’une grande aventure…

I wish… I wish… I wish…

D’entrée de jeu l’hypothèse du conte est employée judicieusement : une voix-over – adresse directe au spectateur – place le décor et situe l’action. Tandis que l’invitation à se fondre à la logique du récit fait mouche, un thème musical se dessine rapidement et s’ancre à mesure que les personnages entrent en scène. Les chansons se répondent bientôt, en une même dynamique, permettant aux pistes narratives de s’entremêler et de converger en un même mouvement.

INTO THE WOODS

L’ensemble est suranné voire complètement artificiel. Les dialogues se chantent, les sentiments s’expriment de manière explicite tandis que la scénographie se module faisant de la forêt un personnage à part entière. Le scénario se construit comme une succession de tableaux dont certains sont d’une drôlerie franchement assumée. Les princes charmants ont droit à leur moment de gloire : une chanson dont la mise en scène est fantastique tant son ridicule est assumé. C’est que Rob Marshall tend à filmer en prise de vue des séquences communes dans des films d’animation qui trouvent dès lors une toute autre tonalité.

Le jeu, à la fois réaliste et distancié, participe à l’artificialité générale. INTO THE WOODS oscille ainsi entre la sensation et la pure représentation. Indéniablement l’ensembe du casting prend plaisir à évoluer dans l’univers que s’est approprié avec brio Rob Marshall. Le divertissement semble total. De plus, les personnages féminins ne sont pas enfermés dans les finalités communes véhiculées par les contes « traditionnels », et ça, c’est presque jubilatoire.

into the woods - affiche

INTO THE WOODS
PROMENONS-NOUS DANS LES BOIS
♥♥
Réalisation : Rob Marshall
USA – 2014 – 124 min
Distribution : Disney
Comédie musicale

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