Interview : Damien Bonnard & India Hair

On 12/09/2016 by Nicolas Gilson

Dans RESTER VERTIVAL, Leo rencontre Marie. Un couple providentiel interprété par Damien Bonnard et India Hair. Prix Lumière du meilleur espoir féminin pour CAMILLE REDOUBLE de Noémie Lvovsky, India Hair a depuis tourné avec Riad Sattouf, Jean-Michel Ribes ou Danielle Arbid. Elle partagera déjà l’affiche de L’ASTRAGALE de Brigitte Sy avec Damien Bonnard qui fait peu à peu sa place dans le cinéma français. Depuis 2009, il a travaillé avec Bertrand Blier, Alice Winocour, les soeurs Coulin ou encore Virgil Vernier. Chez Guiraudie, ils crèvent littéralement l’écran. Rencontre croisée.

Damien Bonnard India Hair Rester vertical Cannes 2016

Comment êtes-vous arrivés sur le projet ?

Damien Bonnard : Par casting, simplement.
India Hair : Je vais te laissé répondre car c’est la même chose.
D.B. : Stéphane Batut a voulu nous voir pour ces personnages-là. Dès les première rencontre Alain (Guiraudie) était là. Il s’agissait de se rencontrer et déjà de commencer des choses en lectures. Après on s’est revus plusieurs fois, puis on s’est vus en duo.

À partir de quel moment avez-vous eu un traitement ou scénario en mains ?

D.B. : J’ai eu le scénario après la première rencontre. Au début j’avais juste reçu un mini synopsis : « Un homme rencontre une bergère sur le Causse ». C’est pas vraiment ce qui se passe dans le film. Il y a tellement de choses autour. Mais cette histoire d’amour déclenche plein de choses. J’ai lu le scénario après le premier rendez-vous.
I.H. : Pareil. C’était après le premier rendez-vous.

Comment avez-vous appréhendé vos rôles respectifs ?

I.H. : Le choix d’Alain a été très long. Il se questionne énormément. Une fois qu’il avait décidé qui seraient ses acteurs, il m’a dit qu’il n’y aurait pas tellement de composition. Il fallait que ce soit une rencontre entre le personnage et moi ; j’étais un peu le personnage. Il a évoqué le fait qu’il fait le deuil de ses personnages parce qu’il en trouvera jamais quelqu’un qui y correspondra parfaitement. Il est ouvert à ce que l’on va apporter.
D.B. : Il n’a pas voulu qu’on prépare de choses ni sur le passé du personnage ni son présent. Il s’agissait de connaitre son texte et d’essayer de vivre les situations. Et de s’amuser là-dedans. Pour Leo, il y avait des tas de choses amusantes à faire : c’est un mec dont le sol se dérobe sous ses pieds par moments. Après on a surtout travaillé chaque situation, sachant qu’il a une relation différente avec chaque personnage du film.

Comment avez-vous abordé les questions de nudité ?

I.H. : Assez rapidement. Quand il m’a dit qu’il m’engageait, il m’a dit qu’il fallait réfléchir à ce que j’étais d’accord de faire et de ne pas faire. Il m’a demandé ce qui m’inquiétait, de manière très frontale et très rassurante. Il avait un vrai intérêt de s’assurer que ce serait quelque chose qu’on serait capables de faire parce qu’on serait dans de bonnes conditions.
D.B. : J’ai du me jeter très vite dedans. Il y a moins au montage, mais sur le tournage j’ai passé les trois quarts du temps à poil. Je n’ai pas trop de problème avec ça, même si ce n’est pas quelque chose que j’avais spécialement fait. On est tous comme ça. L’équipe était très délicate, donc il n’y avait aucun problème avec ça. Et je l’ai bien vécu. Je ne vais pas dire que j’ai eu du plaisir, je ne suis pas exhibitionniste, mais ça s’est fait facilement.

Quelle lecture avez-vous du film ?

I.H. : Une lecture très parasitée. On l’a découvert lors de la première avec tout le monde. Lorsqu’on voit le film pour la première fois, c’est très difficile de voir le film dans son entièreté. On est forcément un peu obnubilé par soi-même en se demandant si on a bien travaillé. Et puis on se replonge assez facilement, quand on voit une séquence, dans ce qui se passait ce jour-là sur le tournage. Par contre, certaines séquences m’ont quand même complètement happée et j’ai été bouleversée par beaucoup de choses auxquelles je n’avais pas assisté sur le tournage puisque je en suis que sur une partie.
D.B. : C’est difficile. En l’ayant découvert dans les mêmes conditions, on se regarde beaucoup aussi : essayer de voir ce qu’on a fait, regarder ses partenaires… C’est difficile de tout voir. On se reprend tout ce qui est lié au tournage, ça ramène des tas d’autres choses. Il faut aussi faire le deuil de ce qui n’est plus au montage. Le ressenti, pour l’instant, c’est difficile. Je ressens un truc que je n’arrive pas à nommer : comme un retour au point de départ, un sentiment de bonheur, un plaisir un peu originel. C’est comme si on se regardait du dessus en se disant que là on est vraiment bien, et je crois que c’est ce que Leo recherche. C’est un peu primaire, mais c’est juste un rapport à la vie, au monde, à la terre.

Vous n’aviez pas vu le film avant la conférence de presse, dès lors comment l’avez-vous appréhendée ?

I.H. : J’ai essayé de préparer ce qu’on pourrait me poser comme questions, j’avais peur d’avoir des gros blancs. Alain nous a dit qu’il faut bien écouter, réfléchir un petit peu et après répondre. Et ça m’a bien aidé. (rires)
D.B. : C’est pareil. Je n’avais pas vu le film. Je n’avais pas peur, mais j’avais préparé des choses que je voulais dire. Puis, en fait, j’ai écouté Alain et j’ai lâché (prise). Autant écouter et essayer de répondre.

Que retrouvez -vous de vous dans vos personnages ?

I.H. : Oh, une amoureuse.
D.B. : Pas mal de choses sont vraiment moi. Mais je ne saurais pas dire lesquelles.

Damien Bonnard - India Hair - Rester Verticalmise en ligne initiale le 15/05/2016

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