Critique : In The Electric Mist

On 22/04/2009 by Nicolas Gilson

« New Iberia, Louisiane. Le détective Dave Robicheaux est sur les traces d’un tueur en série qui s’attaque à de très jeunes femmes. De retour chez lui après une investigation sur la scène d’un nouveau crime infâme, Dave fait la rencontre d’Elrod Sykes. La grande star hollywoodienne est venue en Louisiane tourner un film, produit avec le soutien de la fine fleur du crime local, Baby Feet Balboni. Elrod raconte à Dave qu’il a vu, gisant dans un marais, le corps décomposé d’un homme noir enchaîné. Cette découverte fait rapidement resurgir des souvenirs du passé de Dave. Mais à mesure que Dave se rapproche du meurtrier, le meurtrier se rapproche de la famille de Dave… »

D’UNE NEBULEUSE OPACITE

Avec In the Electric Mist Bertrand Tavernier signe un film proprement atmosphérique. En adaptant le roman de James Lee Burke, le réalisateur esquisse un voyage hybride au coeur même du récit qu’il se réapproprie. Cependant cette démarche repose sur un entremêlement tant narratif qu’esthétique qui laisse dubitatif tant il engendre une distanciation bien opaque – laissant place à un jeu de mot trop évident.

D’entrée de jeu nous sommes convié à appréhender le film selon le point de vue de l’un des protagonistes. Cependant cette dynamique emphatique s’amenuise rapidement au profit d’un point de vue suprême, celui du réalisateur. La confrontation de la captation filmique et de la mise en scène conduit à une hypothèse de démythification de l’idéal américain incarné par une figure proche du cow-boy.

La photographie et le cadrage sont les éléments essentiels à la mise en place d’une réelle atmosphère tant visuelle que sensitive. Les travellings incessant, lancinant dont la succession est comme hachées par des cuts qui ancrent une logique de valeur de plan radicalement différente engendrent une tension impressionnante. Cependant cela ne semble conduire à rien si ce n’est qu’à la pure mise en place d’un climat sensoriel. Le trouble engendré par la captation filmique va toutefois de paire avec le trouble qui anime le protagoniste principal du film.

Mais la surabondance musicale et l’utilisation de l’encadrement au travers d’une voix-over (celle du protagoniste principal) génèrent une distanciation telle que nous ne pouvons ressentir ce trouble. De plus le réalisateur entremêle différents genres cinématographiques, allant jusqu’au fantastique, ce qui génère une artificialité indépassable. Dès lors nous ne pouvons nous fondre au protagoniste et ressentir la détresse pourtant remarquable qui l’anime d’un bout à l’autre du récit.

IN THE ELECTRIC MIST
Dans la brume électrique
**
Réalisation : Bertrand TAVERNIER
USA – 2008 – 117 min
Distribution : BFD
Thriller
Enfants admis

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