I, Anna

On 23/07/2013 by Nicolas Gilson

Addition d’effets démonstratifs I, ANNA pêche par excès de superficialité. Reposant sur un scénario maigre et abscons, le thriller dirigé par Barnaby Southcombe fatigue et agace. Il met en place une multitude de pistes qui à force de ne pas être abouties flirtent avec le ridicule (quand elle n’y sombrent pas). Déplorable.

I ANNA Charlotte Rampling

Anna (Charlotte Rampling), la cinquantaine, se rend à une soirée de speed-dating où elle emprunte le nom d’Allegra. En plein crise d’identité, la femme (que le spectateur a précédemment rencontré sous une multitude d’angles fragmentés suggérant parallèlement un certain enfermement) apparaît troublée par le procédé avant de faire la connaissance d’un dénommé Stone. Plus tard dans la nuit ce dernier est retrouvé mort chez lui. Premier arrivé sur les lieux du crime l’inspecteur en chef Bernie Reid (Gabriel Byrne), dont le spectateur découvre le récent célibat et les insomnies avec balourdise. Il est distrait par Anna dont le galbe des jambes et l’attitude singulière suffisent à le faire tomber en pâmoison. L’homme, guidé par son aveuglement, délaisse alors l’enquête pour retrouver la femme qui s’avère rapidement être impliquée dans l’affaire.

D’entrée de jeu, l’artificialité et le caractère démonstratif de l’écriture s’imposent. Si le trouble d’Anna est souligné à dessein, Barbaby Southcombe compose avec une série d’effets démonstratifs qui ont pour seul intérêt de lui permettre de s’amuser avec des variations de mise en scène – entre travellings, zooms, fragmentation et jeux de lumière. Certains personnages s’imposent comme primordiaux avant de purement et simplement disparaître au profit des seuls Anna et Bernie sans que le moindre équilibre de point de vue ne prenne place. En effet, Anna s’impose comme centrale par les recours à plusieurs flash-backs dont la cohérence varie de scène en scène (mais elle est troublée, alors peut-être est-ce normal que le scénario ne soit pas cohérent ?). Le scénario part rapidement en vrille tant les rebondissements manquent de finesse et les illogismes sont nombreux. Le soufflé s’avère bien creux et d’une improbable fadeur.

L’approche esthétique assoit une impression de pure superficialité voire d’esthétisation. Oui Barnaby Southcombe maîtrise mille et un artifices, dommage qu’il ne s’en serve pas avec originalité ni cohérence. A l’instar du plâtre dont est affuté Charlotte Rampling dans le film, I, ANNA démange, pèse et irrite tout à la fois.

I Anna - affiche

I, ANNA

Réalisation : Barnaby Southcombe
Royaume-Uni – 2011 – 93 min
Distribution : ABC Distribution
Thriller

I ANNA

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