Hôtel Normandy

On 07/05/2013 by Nicolas Gilson

Qu’ils sont bons les produits de luxe français ! Louboutin, Yves Saint-Laurent et Hermès sont au rendez-vous d’une comédie sans intérêt signée par un maître du genre Charles Menes.

Pour ses quarante ans, Alice (Héléna Noguerra) reçoit de ses collègues et amies un séjour à l’Hôtel Normandy. Une surprise attend la femme qui semble au fil des ans s’être vouée au célibat depuis le décès de son mari : en effet ses amies lui ont organisé une rencontre pour qu’elle remette le pied à l’étrier. Et ce que celles-ci n’avaient pas prévu, c’est qu’Alice les appelle et déclare être tombée amoureuse…

Hotel Normandy

Afin de bien mettre en place les enjeux d’une comédie tarte (à la crème) et d’exciter l’attente du spectateur en lui donnant à mâcher des éléments lui permettant d’en savoir plus que l’héroïne, une conversation en voix-over assoit la situation de base qui va fatalement capoter. Toutefois si celle-ci, pas vraiment neuve (ni novatrice), peut amuser, en révéler d’emblée (et sans cesse) les contours semble attester de la pauvreté générale su scénario.

Celui-ci part d’ailleurs rapidement dans tous les sens : après L’ITALIEN Jean-Paul Bathany et Stéphane Ben Lahcene commettent un nouveau travail commun au sein duquel ils démultiplient les points de vue sur et autour d’une situation afin de composer une série de sketchs qui épuisent la ligne narrative, comique et tout à la fois romantique.

Outre la surprise qui part en vrille, il s’agit alors développer autant de micro-récits qu’il y a de protagonistes sans insuffler au film une réelle dynamique autre que brouillonne ni le moinre équilibre. Si l’évolution (comportementale) des personnages est sans étonnement invraisemblable, elle s’opère avec une balourdise incommensurable : les protagonistes étant tous au final de plates caricatures qui s’agitent comme les marionnettes d’un vaudeville aux costumes et aux gestuelles élimés. La question n’est dès lors pas de savoir si le casting est bon ou mauvais mais de voir qui parvient à tirer son épingle du jeu tant la direction d’acteurs – en tant soit peu qu’il y en ait une – synthétise la médiocrité générale.

Car à un scénario sans volume, grossier et bêtement démonstratif, répond une mise en scène empruntée qui tend à une efficacité dépourvue d’originalité où seul le leitmotiv musical comporte une once d’enchantement – c’est dire. Et le bonheur de retrouver Frédérique Bel et Eric Elmosnino ne sauve malheureusement pas l’ensemble. Eprouvant.

Hotel Normandy - affiche

HOTEL NORMANDY

Réalisation : Charles NEMES
France – 2013 – 97 min
Distribution : uDream
Comédie (romantique)

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