Hope Springs

On 10/10/2012 by Nicolas Gilson

A la veille de leurs 31 ans de mariage, Kay (Meryl Streep) et Arnold (Tommy Lee Jones) sont face à une impasse mais seule Kay semble s’en rendre compte. Lorsque l’épouse est devenue une parfaite mère avec qui son mari, rendu enfant, ne communique plus, qu’en est-il de la relation ? A-t-elle encore un avenir voire une raison d’être ? Après THE DEVIL WEARS PRADA, David Frankel met en scène une comédie aux traits épais qui a pour intérêt de poser des questions judicieuses et comme bémol de tendre à un consensualisme désastreux.

Tout est une question de ton : le film est drôle sans être hilarant, Meryl Streep et Tommy Lee Jones jouent parfaitement leurs rôles archétypaux sans jamais dépasser l’idée de représentation… Le film démarre en force avec une mise en place rapide et intelligente des enjeux. Kay cherche à séduire Arnold qui ne comprend pas pourquoi sa femme veut soudainement se glisser dans son lit alors qu’ils dorment dans des chambres séparées. Les habitudes – esquissées avec brio – ont rongé le couple et Kay est épuisée par une routine qui ne lui convient plus. Plus mère qu’épouse, ménagère que compagne, elle a l’impression de ne pas exister pour Arnold en tant qu’individu… Elle le confronte donc à une réalité qui le dépasse et lui demande de la suivre pour une thérapie de couple sans quoi elle le quittera.

Avec le chantage comme base de dialogue, HOPE SPRINGS envisage la reprise en main d’un couple à la dérive sous l’angle de la comédie. Si le rythme du film n’est pas constant et souffre de quelques longueurs, l’humour fonctionne avec des balourdises qui offrent cependant à Meryl Streep et à Tommy Lee Jones des scènes délicieuses. Le message véhiculé est in fine d’un consensualisme rare et prône la défense du couple envers et contre tout. Sans doute est-il nécessaire d’être familier à la réalité ici caricaturée pour adhérer à la logique d’absolutisme développée. Car si se retrouver dans un mariage est synonyme de trouver un compromis sur les programmes télévisés et de s’offrir plus de cadeaux personnels, alors vive le célibat !

David Frankel signe un film efficace sans grande personnalité. S’il emploie ponctuellement la musique comme un contrepoint amusant, il s’en sert lourdement comme renfort creux et atmosphérique. Un soin particulier est accordé aux costumes et aux accessoires qui font notamment de Kay un caricature délicieuse de la banlieusarde américaine de la classe moyenne. Toutefois, écriture et mise en scène s’accordent parfaitement et témoignent de nombreux raccourcis afin de tendre à une pure démonstration. In fine, HOPE SPRINGS est un joyeux divertissement sans grand intérêt.

HOPE SPRINGS
TOUS LES ESPOIRS SONT PERMIS
♥♥
Réalisation : David Frankel
USA – 2012 – 100 min
Distribution : Starways
Comédie

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