Holy Motors

On 07/07/2012 by Nicolas Gilson

Comment louer l’originalité et la magie du film de Léos Carax, HOLY MOTORS, sans rien révéler de l’univers mis en place ? Découvrir le film vierge du moindre écho doit participer à sa saveur. Le réalisateur semble nous inviter à voyager en un monde barré et sensible, surréaliste, qui est, à s’y méprendre, un peu le nôtre.

Un effet de miroir ouvre d’ailleurs le film : dans le théâtre qu’est la salle de cinéma, face à l’écran, nous sommes les spectateurs de sectateurs qui sont face à nous. Au mieux nous pouvons dire que Carax voyage à travers les styles narratifs et les codes cinématographiques, en s’en jouant et en s’en émancipant. Son emploi de la musique est délicieux, tout comme ses expérimentations visuelles. Il met en scène, avec humour et malice, un scénario intelligent et abscons qui n’est jamais absurde – ou alors par sarcasme.

Denis Lavant est majestueux dans un rôle caméléon. De séquence en séquence, le casting qui prend place est admirable. Carax nous porte aux frontières de l’émotion, nous confronte à l’artifice, nous sidère de réalisme, témoigne d’ironie… bref, il nous emmène en voyage. Il nous pose dans une condition d’enfants devant le merveilleux. Et comme dans tous les contes, la noiceur est palpable et le voyage, au-delà de la narration et du médium cinématographique, n’est pas vain. Une sublime expérience !

HOLY MOTORS
♥♥♥♥
Réalisation : Léos Carax
France – 2012 – 115 min
Distribution : Cinéart
Drame / Expérimental

Cannes 2012 – Sélection Officielle en Compétition


Mise en ligne initiale le 23/05/2012

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