Holy Money

On 15/09/2009 by Nicolas Gilson

Comment aborder au mieux, sans complète mise à mort, le film de Maxime Alexandre ? Une production purement démonstrative, présentant une succession de clichés proprement épouvantables, dont la mise en scène est aussi impersonnelle qu’évidente …

La séquence d’ouverture, où le réalisateur s’essaye à une mise en place esthétisante – succession de gros plans avec effet ralenti, explosion et trouble sonore, semble être un avertissement de ce qui va suivre : «Attention, je vais vous en mettre plein la vue».

Le caractère démonstratif se veut-il être assumé ? Rien n’est moins sûr … Pourtant voix-over et renforts musicaux sont au programme. Cette complicité un peu facile avec le spectateur doublé d’un réel conditionnement sonore s’avère épuisante. Mais déjà les clichés pleuvent – telle une invitation au rire tant nous sommes proche du ridicule – et laissent présager le pire. Nous sommes encore en Angleterre, les clichés ne concernent alors que la définition archétypale de l’immigré italien (Ah, cette dualité intrinsèque … ) et la captation filmique. Mais après une première rencontre avec l’hypothèse mafieuse, nous partons rapidement en Italie – en décapotable c’est tellement plus chic. Les effets démonstratifs auxquels le réalisateur s’est essayé jusqu’ici peuvent enfin être pleinement développés, tout comme les caricatures simiesques prendre place. Relation amoureuse cousue de fil blanc, rebondissements à peine surprenants, personnages secondaires caricaturaux, course poursuite en Vespa (nous sommes en Italie – où italiens s’expriment tous en anglais) … nous conduisent à l’ennui : car il y a rire et rire, et être pris pour un spectateur imbécile prêt à avaler n’importe quoi à ses limites …

Une séquence risque à ce titre de marquer les esprits : une recette improbable d’une sauce minute sur base d’un zapping permettant de découvrir la télévision italienne. Soit. Disons qu’il s’agit là d’une approche scénaristique particulière ; un suspens à rebondissements. Néanmoins le trempoling est imposant.

Côté esthétique le cliché semble être de mise qu’il s’agisse de la captation – additionnant effet sur effet, du montage ou encore, et ce n’est que peu de chose de le souligner, de la bande sonore – même Paolo Conte ne nous est pas épargné. Sans doute aurait-il fallu assumer le second degré avec lequel HOLY MONEY flirte malgré lui … Est-il possible d’aborder le film sans le mettre à mort ? Non, à l’évidence.

HOLY MONEY

Réalisation : Maxime Alexandre
Italie/Belgique – 2009 – 100 min
Distribution : KFD
Comédie dramatique/Thriller
Enfants Admis
Film présenté en avant-première lors du Brussels Film Festival

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