Heute Bin Ich Blond

On 03/09/2013 by Nicolas Gilson

En adaptant le récit autobiographique de Sophie van der Stap, Marc Rothemund met en scène avec superficialité le combat d’une jeune fille face au cancer. A force d’appuis et d’un manque de finesse évident – tant dans l’écriture quand dans la mise en scène –, il signe un portrait dépourvu de personnalité.

Heute Bin Ich Blond

Alors qu’elle s’apprête à emménager avec sa meilleure amie et à entamer des études, Sophie apprend qu’elle a une tumeur maligne au cerveau. Afin de combattre la maladie, la jeune fille entreprend rapidement un traitement la confrontant à la chimiothérapie. Bientôt affublée d’une perruque « playmobil », elle fuit et fait tout à la fois face à son quotidien par le biais d’autres perruques auxquelles elle prête diverses personnalités.

D’entrée de jeu l’écriture présente une artificialité marquée : la vitalité de la protagoniste principale est dépeinte à gros traits sous un axe caricatural et la mise en scène des signes avant-coureurs de sa maladie galopante n’est guère plus fine. Plus encore, il s’agit de confronter rapidement le spectateur à son émoi alors qu’elle se retrouve face à une famille ébranlée (le fantôme encore chaud du cancer qui toucha sa mère) et solidaire (cette douce compassion). L’évolution du scénario relève d’une même dynamique simiesque avec de-ci, de-là des touches d’humour ou de légèreté dépourvues de singularité – la séquence exemplative est celle où l’achat de perruques vire à la parodie de PRETTY WOMAN. Plus encore, dans de nombreuses séquences, l’emploi des personnages secondaires est tel que l’écriture est âprement palpable.

La ligne scénaristique semble à dessein distanciée, il ne s’agit pas de fondre le spectateur au moindre ressenti : celui-ci est l’objet-même tant du regard (merci la balourdise) que du discours (merci la voix-over qui ancre la dynamique du journal, du blog et – du coup – de la mise en abyme quant à l’écriture du roman initial).

L’approche esthétique assoit la superficialité générale entre une mise en scène artificielle dépourvue de singularité et franchement (dé)monstrative, et un enrobage sonore qui impose une gamme limitée d’émotions. Inapte à faire preuve de la moindre acuité photographique, le réalisateur est loin d’être un fin directeur d’acteurs aussi le jeu transparaît irrémédiablement et le pathos déborde de toute part sans toutefois étouffer le spectateur. Neuf perruques et autant de personnalités pour un film qui en est dépourvu : dommage.

La fille au neuf perruques

HEUTE BIN ICH BLOND
LA FILLE AUX NEUF PERRUQUES

Réalisation : Marc Rothemund
Allemagne / Belgique – 2013 – 117 min
Distribution : A-Film
Drame / Comédie dramatique

Heute Bin Ich Blond

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