Herefater – Au-delà

On 17/01/2011 by Nicolas Gilson

Le dernier film de Clint Eastwood n’a rien de transcendant au-delà du titre. En marge d’une épouvantable exacerbation d’un consensualisme tant narratif que esthétique (vive l’artificialité !), le réalisateur prône un amour pour l’impérialisme américain et crie plus encore que précédemment ses penchants religieux. Le film devenant alors aussi insupportable qu’il est fatigant.

ET DIEU CREA L’ARTIFICE

HEREAFTER met en scène trois principaux protagonistes en plusieurs lieux : il s’agit d’entremêler trois lignes de vie, comme autant de récits n’en formant in fine qu’un seul. La manque de subtilité et l’épaisseur du fil blanc sont tels qu’il semble impensable d’envisager le film comme choral. Peut-on d’ailleurs parler d’entremêlement ? Chacun des protagonistes vit son évolution, jusqu’à un moment phare où, inéluctablement, il va se retrouver confronter aux autres. Car l’événement fédérateur nécessaire à une choralité est bien là, inscrit à coup de louches – fondues dans du plomb.

L’ensemble ne tend qu’à une seule et unique démonstration : la rencontre amoureuse. Mais avant d’y être pleinement confronté, le spectateur se doit de faire un chemin de croix. Il doit digérer le postulat de départ – celui consistant à ne pas (envisager de) remettre en cause l’hypothèse d’un au-delà et ses logiques connexes – et la dimension religieuse qui lui est (ici) indissociable.

Deux adultes malheureux, trompés en amour, ayant vécu l’expérience de la mort, dont la vie tourne autour de la question (de la mort), en recherche d’équilibre (1+1=1)… Un dessin est-il nécessaire ? Matt Damon va tomber amoureux de Cécile de France, et Cécile de Matt, peu importe le nom des protagonistes ! Le troisième – un gamin abandonné par sa mère junkie alors que son frère jumeau décède dans ses bras – est là pour les larmes, il est le garant d’un pathos exacerbé.

Pourtant les bases narratives des récits, pris indépendamment les uns des autres, sont intéressantes si, pour sûr, on gomme les clichés, les illogismes, les appuis et les raccourcis narratifs. Mais n’est pas Ken Loach ou Mike Leight qui veut… Et le scénariste de HEREAFTER n’offre à Eastwood que des bases sociales, sociologiques et psychologiques bien creuses tant elles deviennent secondaires. L’émoi n’est là que pour apitoyer le spectateur, pas pour le faire réfléchir, si bien qu’il n’est en rien bouleversé. Et c’est là la principale faille du film : un évident traquenard où l’artifice est roi.

La démonstration n’a de cesse de l’emporter si bien que cela a pour avantage d’éviter le misérabilisme tant le spectateur est placé à distance. Car au pathos narratif, répond un pathos esthétique épouvantable et éprouvant.

L’approche esthétique, qui ancre l’artificialité, est soignée. Trop sans doute car l’ensemble bascule au-delà de tout réalisme. Cécile de France n’est jamais apparue aussi peu naturelle. Et la mise en scène de certaines séquences est tellement grossière (les cours de cuisine suivi par Matt Damon sont d’un rare ridicule) qu’elle jure avec l’étonnante scène de reconstitution du Tsunami. Les appuis sont nombreux tout comme les recours aux renforts musicaux et sonores pour bien influer sur la réception du spectateur. Toujours un élément en trop s’impose comme dévastateur. Qu’il s’agisse d’une peluche ou d’un psaume religieux. Le montage est d’un point de vue narratif chaotique. Tout est lisse mais efficace.

Le personnage interprété par Matt Demon est toujours désolé. Sans doute faut-il y voir un signe.

HEREAFTER
AU-DELA
•/♥
Réalisation : Clint EASTWOOD
USA – 2010 – 128 min
Distribution : Warner Bros.
Drame / Comédie dramatique / Romance
EA

One Response to “Herefater – Au-delà”

  • I found the movie I found the movie to be a little boirng. Sure, it’s a movie about death, but as the one interviewee said, the score could have been more. Plus, it felt like nothing was happening for a very long time like the story wasn’t getting anywhere. But it was still a very emotional movie, and Matt Damon was superb. I give it a B-

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