Hearat Shulayim (Footnote)

On 30/05/2012 by Nicolas Gilson

Joseph CEDAR propose un regard critique emprunt d’ironie sur la société israélienne en devenir. A cette fin il compose un scénario qui traite tout à la fois de l’hypothèse de transmission, des conflits entre générations et de l’évolution sociétale.

Drôle et angoissant, notamment grâce aux renforts musicaux qui oscillent entre dynamique de genre et fantaisie, HEARAT SHULAYIM est habillement mis en scène. Le réalisateur opte pour une douce artificialité pour inviter le spectateur à lire entre les lignes, à interpréter les gestes, les intentions et un sous-texte riche.

Quelque peu irrégulier, le film fait toutefois preuve d’un ton spécifique où l’humour est primordial. Un ton singulier, très pince sans rire, qui met en place une dimension sarcastique pleine de sens. Toutefois, bien que perceptibles, les enjeux mis en place ne sont pas toujours intelligibles.

Après une présentation succulente des protagonistes principaux, les Shkolnik père et fils, tous deux professeurs et chercheurs étudiant le Talmud… et opposés à bien des égards, Joseph Cedar confronte ses protagonistes à un enjeu dramatique qui est plus que porteur de sens. Le père est appelé à recevoir le prix d’Israël, mais le fils est prévenu qu’il s’agit d’une erreur car le prix doit lui être remis, à lui. Un enjeu qui permet tout à la fois d’exacerber l’hypothèse de conflit entre les génération et d’ancrer plus avant une critique d’une société qui s’égare tant elle manque de rigueur, et ce malgré des mécanismes de contrôle qui conditionnent le quotidien de chacun.

HEARAT SHULAYIM
(FOOTNOTE)
♥(♥)
Réalisation : Joseph CEDAR
Israël – 2011 – 106 min
Distribution : /
Comédie dramatique
Cannes 2011 – Sélection Officielle en Compétition

(Mise en ligne initiale le 15/05/2011 à 12h)

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