Harry Potter et les Reliques de la Mort, 1ère Partie

On 16/11/2010 by Nicolas Gilson

Comment appréhender objectivement la première partie du septième épisode de la Saga HARRY POTTER ? Car le film, d’emblée, ne se suffit pas à lui-même : au-delà d’être la suite de la succession d’aventures qui composent l’adolescence du dénommé Harry, il s’agit de la première phase de la résolution de l’ensemble. Film-tampon s’il en est, qui met en place la conclusion apportant la réponse à une cruelle question : le bien va-t-il terrasser le mal ?

L’univers d’Harry Potter repose sur un manichéisme bien chrétien où les rôles peuvent s’interchanger puisque l’élu (Harry) est doté de la fonction du pardon. Et au vu de l’âge des protagonistes au sein de ce pré-ultime épisode, il est normal qu’ils partent en retraite et qu’ils se remettent en question, doivent-ils le faire en parallèle de leur mission salvatrice. LES RELIQUES DE LA MORT – 1ère PARTIE témoigne donc de longueurs pénibles et inutiles où passéisme et sentimentalisme esquissent une logique initiatique bien barbante au point de remettre en question, notamment, la notion d’amitié … Bref un re-montage, tel un élagage, semble nécessaire.

Si le vocabulaire et l’univers des sorciers vous sont étrangers, mieux vaut passer votre chemin. Sans quoi le début du film vous demande une grande concentration afin de comprendre, par exemple, qui sont les amis d’Harry Potter, qui se marient ou qui embrasse Harry – car il embrasse quelqu’un ; ce qui pour un adolescent vivant dans un univers où la sexualité n’existe pas est bien étrange. Toutefois, il suffit de questionner à la fin de la vision quelqu’un qui a tout lu, tout vu – il est possible de se renseigner avant, mais vous risquez de vous retrouver avec les dvd des six précédents épisodes et les sept volumes qui composent de « l’œuvre » de J.K. Rowling. Mais attention, soyez discret … car vous êtes maintenant un individu isolé et marginal qui pourrait être le sujet de bien des moqueries. Après la concentration, vient la consternation : car comment vous est-il possible de partager les doutes de protagonistes que vous ne connaissez pas et dont vous devriez déjà saisir les nuances – à savoir l’histoire, la vie, les aventures passées. La caractérisation est quelque peu caricaturale ce qui permet de ne pas se sentir trop en décalage … Mais bon, de là à partager un hypothétique ressenti …

Soit. Mettons le récit entre parenthèses – les longueurs scénaristiques ont déjà été relevées – afin d’envisager l’approche esthétique. Celle-ci se veut être plurielle et au final bien brouillonne. L’introduction du film repose sur une succession d’effets démonstratifs et de trucages grossiers au sein desquels le travail numérique en 3D est plus que palpable. Peut-être est-ce dû au désir d’avoir voulu gonfler l’épisode à la technologie à la mode – désir inabouti, tel le film. La prime logique esthétique est digne des parc d’attraction. Il s’agit de créer une atmosphère et d’en mettre plein la vue. Le résultat est quelque peu indigeste à l’instar des incrustations ratées ou du caractère ridicule du visage de Voldemort. Mais y succède une approche réaliste bluffante. Étrangement David Yates (le réalisateur) opte pour une dynamique de cadrage sensible qui nous conduit à rencontrer les protagonistes dans leur désarroi – il nous est donc possible de ressentir quelque chose ! Cependant l’ensemble manque de cohérence : l’artificiel l’est beaucoup trop si bien que que le réalisme est plus qu’abscons. Esthétiquement c’est encore le film d’animation qui prend place au sein du film qui est le plus cohérent. Et bien qu’il repose sur l’illustration d’un récit évoqué par le biais de la lecture, il est très intéressant.

Sans surprise une surabondance musicale et sonore sert de mise en condition et renforce le caractère démonstratif de l’ensemble. Un caractère démonstratif qui se retrouve également dans la direction d’acteur. Ainsi que dans la scène finale qui contient tout le suspens engendré par la question pré-citée : le bien va-t-il terrasser le mal ?

Réponse au prochain épisode.

HARRY POTTER AND THE DEADLY HALLOWS – Part 1

HARRY POTTER ET LES RELIQUES DE LA MORT – 1ère Partie

Réalisation : David YATES

UK – 2009 – 146 min

Distribution : Warner Bros.

Aventures / Fantastique

EA

One Response to “Harry Potter et les Reliques de la Mort, 1ère Partie”

  • Je qualifierai cet avant dernier épisode d’Harry Potter de drame fantastique.

    Drame, car ce film est sombre dans son histoire, sa réalisation, ses dialogues. On en oublierai presque la féérie des premiers opus de la série tellement la noirceur est sans pareille dans le reste de la saga.

    Fantastique, car cela reste bien sûr un film d’Harry Potter. Les effets spéciaux sont bien faits et les personnages sont égaux à eux-même.
    Plus de Poudlard à la magie qui fait rêver, mais des plaines désertiques. Plus de Dumbledor plein de sagesse et de malice, mais un Voldemort terrifiant. Le changement obscur et assez radical.

    Toujours dans les changements, la musique suit l’évolution du film. Plus mélancolique et moins enjouée, elle soutient bien les images à l’écran, mais mis à part la scène de danse entre Harry et Hermione aucune ne reste en mémoire dès la sortie de la salle. A aucun moment je n’ai eu l’impression que les émotions des acteurs étaient amplifiées par l’ambiance sonore. Peut-être est-ce dû au changement de compositeur qui n’est plus John Williams.

    Dommage, car dans les émotions les acteurs rendent très bien à l’écran la mélancolie et leur désarroi face aux événements dramatiques qu’ils vivent. Avec une mention spéciale pour Emma Watson qui joue très bien la jeune femme à la fois très sûr d’elle-même et à la fois très fragile malgré tout.

    Ce film s’adresse avant tout aux fans du sorcier. En effet, l’histoire est dure à comprendre pour celui qui n’a jamais vu d’Harry Potter. De plus cela s’adresse aux fans ayant grandi avec la saga, car la noirceur dans lequel baigne cet avant dernier chapitre cinématographique du sorcier écartera le jeune publique.

    Parfois prenant dans ses scènes d’actions réussies, parfois trop lent dans ses longs dialogues, cet Harry Potter fait partie des meilleurs de la série sans toutefois en être le meilleur.

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