Gangster Squad

On 07/01/2013 by Nicolas Gilson

Adaptation du roman de Paul Lieberman, GANGSTER SQUAD présente comme seul intérêt une affiche alléchante. Scénarisé et réalisé sans la moindre finesse, le film divertit – ou plutôt se laisse être consommé – sans séduire.

Policier intègre qui n’a pas froid aux yeux, John O’Mara (Josh Brolin) est bien décidé à combattre la pègre qui ronge Los Angeles au crépuscule des années 40. Il veut la tête de Mickey Cohen (Sean Penn), le parrain de la mafia qui dirige la ville et qui vise à régner sur l’Ouest. En raison de la corruption des corps policier, judiciaire et politique qui sont sous la coupe de Cohen, John O’Mara se bat contre le vent, jusqu’au jour où Bill Parker (Nick Nolte) lui offre la possibilité de mettre sur pied une brigade officieuse dont la mission est de faire sombrer l’empire de Mickey Cohen. John O’Mara compose alors une équipe qui compte parmi ses membres Jerry Wooters (Ryan Gosling), archétype du policier blasé et du tombeur désinvolte. Action(s).

Le film s’ouvre de manière toute démonstrative. Le vilain Mickey Cohen et le brave John O’Mara sont caricaturés à l’extrême – le méchant sans coeur à la froideur excessive qui incarne le mal et le gentil défenseur des opprimés qui s’impose comme le messie salvateur. Afin de mettre le spectateur en condition, il s’agit de recourir à la fois à un renfort musical, à l’emploi d’une voix-over contextualisante et à une myriade d’effets visuels et de montage. Ruben Fleischer en fait des tonnes si bien que rapidement l’ensemble se veut balourd et flirte avec le ridicule – à l’instar du scénario manichéen à outrance, complaisant et flagorneur.

Bien que spectaculaire, le casting n’est guère convaincant. Les protagonistes sont autant d’archétypes dénués de psychologie et de réelle personnalité, une gageure dès lors que de leur insuffler le moindre volume. Seul Ryan Gosling s’en sort en créant une nouvelle forme de virilité. Il incarne un « bad boy » d’un nouveau genre : bien que présentant toutes les caractéristiques du flic marginal, alcoolique et séducteur, il transcende – malgré lui – une douceur paradoxale qui en fait d’emblée un personnage romantique et romanesque.

Sean Penn, Josh Brolin ou encore Nick Nolte sombre dans une interprétation tellement démonstrative qu’elle en devient risible. Etrange compromis entre Jessica (la femme de Roger Rabbit) et Belle (celle de Clochard) de Disney, Emma Stone incarne, sans la moindre aura, l’objet glamour du film. Maîtresse à la fois de Mickey Cohen et de Jerry Wooters, elle entrouvre la bouche et joue des jambes sans engendrer le moindre émoi. Mais après tout, à part pour être sauvée, la femme n’est-elle pas un élément de tapisserie dans un navet où importe l’action.

Celle-ci est après tout centrale, et dès lors orchestrée musicalement (là, le spectateur déguste) et mise en scène avec impétuosité. Ruben Fleischer démultiplie les effets, abusant ainsi notamment de ralentis (waw la boule de noël qui se brise en morceaux), de jeux de mouvements ou encore d’un montage parallèle de certaines séquences afin d’infantiliser plus encore le spectateur et d’exacerber son attention – ou risque de l’exaspérer. Le tout sans la moindre cohérence esthétique.

GANGSTER SQUAD

Réalisation : Ruben FLEISCHER
USA – 2012 – 113 min
Distribution : Warner Bros. Picture
Action

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