Fruitvale Station

On 15/01/2014 by Nicolas Gilson

Mettant en scène un fait divers qui secoua les Etats-Unis, le premier film de Ryan Coogler pèche par excès de pathétisme tant l’écriture et la mise en scène tendent à un incommensurable sentimentalisme des plus balourd.

Aux petites heures du premier janvier 2009, des coups de feu retentissent dans une station de métro de San Francisco. Oscar Grant est victime d’une balle tirée par un agent de police. Il succombera quelques heures plus tard. FRUITVALE STATION retrace les dernières heures de la vie du jeune homme de 22 ans.

FRUITVALE

D’entrée de jeu il s’agit pour Ryan Coogler de capter l’attention du sectateur tout en ancrant la réalité du fait divers qu’il met en scène. À des images vidéos captées par un GSM répondent un intertitre et un coup de feu. Cette nuit-là, à 2h15, à la station Fruitvale une vie bascule.

Mis en condition, le spectateur découvre alors Oscar Grant (Michael B. Jordan) dans la réalité de son quotidien. Débordant d’amour pour sa fille, sa compagne et sa mère, l’ancien malfrat est bien décidé à reprendre sa vie en main. Pourtant cela n’est pas évident : il tente de récupérer l’emploi qu’il vient de perdre et se retrouve en lutte avec les vieux démons de l’argent gagné facilement qui l’ont conduit à faire de la prison.

Au coeur d’une série de séquences retraçant chronologiquement l’ultime journée d’Oscar, Ryan Coogler insère une dynamique de flash-back afin d’ancrer l’émoi du protagoniste. Les appuis sont nombreux et apparaissent comme autant de prise en otage du spectateur qui ne peut que pressentir d’autant plus l’issue fatale dont il a déjà conscience. Ne cessant d’exacerber le pathos de chaque situation, Ryan Coogler se sert proprement de l’entourage d’Oscar afin d’exacerber à outrance toute empathie.

D’abord séduisant, le réalisme de la captation est mis à mal tant la mise en scène de certaines séquences se ressent amèrement. Ainsi, au-delà des flash-backs proches du ridicule annoncés par le protagoniste qui regarde l’océan, c’est sans la moindre finesse que le réalisateur recourt à des effets de ralenti ou un enrobage musical pour le moins dictatorial. Une artificialité et un manque de finesse d’autant plus irritants qu’il parvient à transcender avec acuité le trouble gagnant la rame de métro et conduisant à une effroyable « bavure ».

Fruitvale Station - Affiche

FRUITVALE STATION

Réalisation : Ryan Coogler
USA – 2012 – 85 min
Distribution : A-Film
Drame

Cannes 2013 – Un certain regard

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