Critique : Friday the 13th

On 10/02/2009 by Nicolas Gilson

Après Jason à Manhattan, dans l’espace ou encore face à Freddy … le célèbre slatcher est de retour mais cette fois il est en phase avec lui-même. Enfin il est de retour chez lui et il va s’en donner à coeur joie. Ou pour le moins il défend avec force et conviction son territoire et sa réputation.

Marcus Nispel rend hommage à la série au sein de laquelle son film prend place tout en réalisant un film de qualité aussi drôle que terriblement efficace. Le réalisateur d’origine allemande esquisse avec brio l’histoire de l’anti-héros au sein même de l’intrigue – ce qui permet au novice d’adhérer à la logique du récit tout en permettant à l’initié de savourer les moments clefs de l’évolution passée du personnage. Mais au-delà Nispel crée une dynamique personnelle tout en renvoyant intelligemment à l’esthétique de la grande période des films d’horreur, celle ayant conduit au classement X en France (classement créé pour les films « violents » ; horreur et pornographie se retrouvant assimilés).

Il y a chez Nispel une volonté de livrer un film proprement drôle : l’humour y tient un rôle aussi important que le caractère terrifiant, si pas plus. Car ce qui est impressionnant c’est la force de l’hypothèse ludique qui transparaît du film. Les protagonistes ne sont là que pour se faire tuer et si cela nous terrifie c’est aussi et avant tout cela que nous attendons. Or c’est au travers de la réalisation que cet humour prend place tout en se fondant au stress suscité chez le spectateur.

Celui-ci, essentiel afin de ne pas tomber dans la pure parodie, est engendré principalement par le montage. Objectivité ludique et subjectivité angoissante se fondent engendrant à la fois l’adhésion du spectateur à l’état névrosé des protagonistes et une distanciation quand au récit même.

L’hypothèse sonore n’est qu’un appui, elle n’est jamais le moteur même de l’angoisse. Et c’est sans doute là une des principales qualité du film : ne pas prendre le spectateur pour quelqu’un de purement passif.

FRIDAY THE 13th opus 2009 est un pur régal. Jason se réapproprie territoire et identitaire afin de nous en mettre plein la vue et nous ne restons pas sur notre faim.

FRIDAY THE 13th
VENDREDI 13
♥♥(♥)
Réalisation : Marius Nispel
USA – 2008 – 97 min
Distribution : UPI
Horreur

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