Fire With Fire

On 17/04/2013 by Nicolas Gilson

Quelle délectable comédie que FIRE WITH FIRE ! Abandonnant la réalisation de séries télévisées le temps d’une aventure cinématographique, David Barrett s’attaque au film de genre avec au casting Josh Duhamel qui, après MOVIE 43, trouve son registre et Bruce Willis plein de second degré.

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Brillante idée scénaristique que de concentrer tout les clichés du film d’action en en épaississant le trait à outrance tout en flirtant avec la romance et une psychologisation crétine. À dessein la ligne narrative est donc cousue de fil blanc, remplie d’illogismes et de vains effets de suspens tandis que les personnages sont on ne peut plus caricaturaux (et c’est peu dire). Les méchants sont ainsi de vilains néo-nazis qui ne respectent rien, les flics empoussiérés dans les jeux de bureaucratie ou d’intrépides électrons libres pour qui la justice a un sens et les blacks sont forcément dealers et trafiquants ! Le protagoniste principal est un pompier qui a justement choisi ce métier car ses parents sont morts dans un incendie – le tout étant dévoilé dans l’un des nombreux dialogues aussi récitatifs qu’informatifs. S’il a une aventure avec l’une des Marshall chargée de sa sécurité (la seule en fait), les éléments de romance sont éculés au point d’être hilarants. Le gentil gars devient bad boy et essuie les coups avec une grâce surhumaine (mais pour montrer qu’il demeure bon, il vomit). Peut-être aurait-il fallu un peu plus épaissir le trait mais les scénaristes craignaient-ils d’être taxés de balourdise…

Les acteurs entrent en scène avec fracas pour notre plus grand plaisir. Ainsi dès l’ouverture Josh Duhamel témoigne d’un surjeu pittoyable qui nous ravit. L’ensemble du casting semble intégrer et sublimer l’exagération contenue dans l’écriture et développée dans la mise en scène. Quelle force d’interprétation : à aucun moment nous n’y croyons !

La mise en scène assoit la dynamique générale : le découpage singe proprement les films d’action, David Barret use de ralentis qui ne servent à rien ainsi que de toute une série d’artifices ridicules pour construire un film sans logique qui flirte avec la série B sans jamais l’assumer. Une habile comédie. Il soigne la photographie afin de la rendre artificielle tout en abusant d’effet de flair (ces reflets dans la caméra quelques fois aveuglant) afin de se moquer d’une construction trop souvent gratuite d’un jeu de contre jour sans intérêt.

Quant à l’emploi de la musique incessante qui se module pour non pas souligner mais imposer un dynamique de suspens, d’action, de romance voire de réflexion (notons le génial trait d’humour composé par la séquence du flash-back alors que le héros prend une douche), il est tout bonnement sublime.

Quel dommage qu’il ne s’agisse en fait pas d’une comédie.

Fire With Fire - Josh Duhamel ou le flash-back sous la douche

FIRE WITH FIRE

Réalisation : David BARRETT
USA – 2012 – 97 min
Distribution : Belga Films
Action

Fire With Fire - affiche

Fire with fire - Josh Duhamel

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