Fill the Void

On 01/05/2013 by Nicolas Gilson

Au coeur de Tel Aviv, une famille hassidique orthodoxe vit une tragédie unissant la mort et la vie, le deuil à la joie d’une naissance. Dans ce contexte singulier – et symbolique – Shira est confrontée à un choix, celui de vivre son rêve ou de répondre au destin (ou dessein) de sa famille. Murée dans la tradition (qui pourrait être perçue comme un aveuglement l’empêchant de tendre à son émancipation), la jeune fille voit dans le mariage un absolu accomplissement. A aucun moment elle ne remet en cause sa condition. Bien au contraire le trouble qui l’habite est d’abord de ne pas remplir le rôle qu’elle pense lui être imparti. Un rôle qui est tout à la fois un rêve.

Fill the Void - Le coeur a ses raisons

Le film s’ouvre dans l’excitation liée à cet aboutissement : Shira et sa mère sont dans un supermarché où doit se trouver le futur fiancé de la jeune fille. Un jeu de combines consiste à asseoir une non rencontre afin que Shira puisse simplement apercevoir le jeune homme. Et lorsqu’elle le découvre beau, elle vit un conte de fée. Cependant les choses ne sont pas si simples qu’elles y paraissent et malgré l’esquisse d’un arrangement matrimonial celui-ci tarde à être établi. Le doute qui habite alors Shira est exacerbé par le décès soudain de sa soeur ainée, morte en couche, qui conduit son environnement à porter des choix non dépourvus de conséquences. L’un d’eux émane de sa mère qui ourdit le plan d’unir son gendre à Shira.

Au-delà d’une ligne narrative qui tient de la tragédie, la cellule familiale permet alors de mettre en scène une série d’enjeux conduisant tout à la fois à la découverte des us et coutumes de la communauté à laquelle Shira appartient et au partage du désarroi et du regard d’une riche galerie de personnages sur la situation mais aussi la réalité sous-jacente.

Rama Burshtein, qui signe ici son premier scénario et sa première réalisation, ne juge ni ne condamne aucun de ses protagonistes. Elle ancre néanmoins une série d’éléments qui témoignent du contraste entre la réalité et la ritualité de leur quotidien et le monde extérieur. Au sein même de la cellule familiale de Shira, le personnage de la tante handicapée est un élément prodigieux qui conduit tant les protagonistes que les spectateurs à creuser leur réflexion sur la complexité des situations abordées.

À la justesse et à la simplicité de l’écriture, répond une mise en scène simpliste et efficace au sein de laquelle Rama Burshtein ancre de nombreux contrastes à l’instar de la division entre les univers masculins et féminins ou encore l’exacerbation de la pureté toute irradiante de Shira. La réalisatrice porte toutefois une attention particulière aux visages au point de transcender l’émotion voire l’émotivité qui animent les protagonistes.

Feel the Void

FILL THE VOID
Lemale et ha’halal
LE COEUR A SES RAISONS
♥♥
Réalisation : Rama BURSHTEIN
Israël – 2012 – 90 min
Distribution : ABC Distribution
Drame

Venise 2012 – Compétition Offficielle

Fill the Void

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