FIFF 2013 : Une édition tournée vers l’individu

On 20/09/2013 by Nicolas Gilson

La programmation du 28 ème Festival International du Film francophone de Namur (FIFF) a été dévoilée. À découvrir, près de 140 films dont 15 concourent en Compétition Officielle et 17 pour le prix du meilleur premier film. Du 27/09 au 04/10 le cinéma est en fête à Namur mais aussi lors de décentralisations à Liège, Bruxelles et Charleroi.

Le cinéma belge, malgré sa présence timide cette année à l’international, y figure en masse avec plus de 20 long-métrages (co)produit en Belgique se partageant les sections compétitives et le panorama « Regard du présent ». Comme de coutume un double focus dédié au cinéma belge prend place avec un coup de projecteur sur plusieurs productions tant du nord que du sud du pays ayant marqué l’année écoulée – à noter que les films flamands programmés demeurent inédit en Wallonie. Outre deux sections de court-métrages spécifiques, le cinéma belge s’impose également en ouverture (LA VIE D’ADELE ayant été coproduit en Belgique) et en clôture avec LES ÂMES DE PAPIERS, le énième Vincent Lannoo.

La vie d'Adèle

Voyage cinématographique

La volonté des programmateurs est de témoigner de la diversité géographique des cinématographies francophones (ou plutôt de la francophonie) et de la diversité des genres, ainsi, du court au long, ils invitent le public de tout âge à un voyage à travers le documentaire, la fiction et l’animation.

Si le nombre de (co)productions françaises ne surprend guère, parallèlement à l’imposante présence belge, le cinéma québécois s’impose et se révèle pluriel, de la splendide revisitation du conte par Denis Côté avec VIC+FLO ONT VU UN OURS au délicat premier long-métrage de Cholé Robichaud, SARAH PREFERE LA COURSE. Le cinéma roumain promet pour sa part de surprendre – pour le moins c’est ce que la directrice du festival, Nicole Gillet, a annoncé – et il est vrai qu’à côté du « classique » CHILD’S POSE de Calin Peter Netzer (Ours d’Or 2013), DOMESTIC d’Arian Sitaru et LUPU de Bogdan Mustata excitent la curiosité !

L’Afrique et le Maghreb attestent pour leur part d’une présence timide, tout comme l’Asie, mais la diversité des productions semblent être le fer de lance de la sélection : une animation venue de Côté d’Ivoire, AYA DE YOUPOUGON, le documentaire cambodgien de Rithy Panh L’IMAGE MANQUANTE (très applaudi à Cannes) ou encore la fiction GRIGRIS venue du Tchad (par contre franchement boudée à Cannes).

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Un édition très queer

Avec en ouverture LA VIE D’ADELE d’Abdellatif Kechiche, cette 28 ème édition est peut-être plus que les précédentes très axée queer. Un autre voyage à travers l’hypothèse cinématographique qui convie ici le public à la découverte de la pluralité individuelle. De l’universalité des sentiments amoureux des protagonistes de la Palme d’Or 2013 au timide éveil à soi de l’héroïne de SARAH PREFERE LA COURSE, des aveux d’hétérosexualité de Guillaume Gallienne (drôlissime et pertinent LES GARCONS ET GUILLAUME, A TABLE !) au troublant couple formé par Romane Boringer et Pierrette Robitaille dans le génialissime VIC+FLO ONT VU UN OURS de Denis Côté les thématiques queer semblent nombreuses. Et le cinéma belge n’est pas en reste avec notamment VIOLETTE de Martin Provost (qui envisage la quête d’émancipation féminine à travers la relation unissant Simone de Beauvoir à Violette Leduc) ou PUPPYLOVE, le premier long-métrage de DelphineLehericey. A noter que, bien que très convenu, GABRIELLE de Louise Archambault aborde le prisme délicat de la sexualité chez les personnes handicapées et met brillamment en perspective leur déshumanisation dès lors qu’on leur refuse une sexualité propre.

Du côté du court-métrage, l’éveil individuel et la question des sexualités différentes pointent également le bout de leur nez notamment dans LE RETOUR le touchant film de Yohann Kouam. S’il pose question dans ELECTRIC INDIGO de Jean-Julien Collette, il attire la curiosité avec SEPTEMBRE de Salomé Richard et promet de faire rire avec PARTOUZE de Mathieu Donck ou encore LA VIE SEXUELLE DES DINAUSORE de Delphine Hermans.

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Décentralisations, rencontres et événements

Cette année encore le FIFF trouve un écho à Liège (aux Grignoux) et à Bruxelles (Bozar et UGC Toison d’Or) et il sera également célébré, pour la première fois, à Charleroi (Le Parc). En marge des projections de nombreuses rencontres sont proposées au public à l’instar de la leçon de scénario donnée par Catherine Corsini et Benoît Graffin (lauréats du Bayard du meilleur scénario en 2012 pour TROIS MONDES) ou de la rencontre avec le coup de coeur de cette édition, Josiane Balasko.

Réel vivier, le festival propose comme chaque année un vaste programme d’éducation à et par l’image (le FIFF Campus) où se presseront de nombreux écoliers. Parallèlement de nombreuses rencontres professionnelles prendront place comme le Forum de Namur qui fête cette année ses 10 ans et l’atelier « Echanges de talents » où cinq jeunes comédien-ne-s, encadrés par Corinne Masiero, travailleront à ouvrir leur carrière à l’international.

Jusqu’au 4/10 Namur sera une nouvelle fois en ébullition et permettra au public d’aller à la rencontre notamment de Nadine Labaki (présidente du Jury), Virginie Effira, Abdellatif Kechiche, Emmanuelle Devos, Marc-André Grondin, Valeria Bruni Tedeschi et Yolande Moreau.

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FIFF 2013 - 28 ème FIFF

Le programme complet du festival est en ligne : www.fiff.be

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