8 ème Festival du Film Européen de Bruxelles

Le BEFF, Késako ?

Du 23 au 30/06, Flagey accueille le 8ème Festival du Film Européen de Bruxelles, dont la nouvelle ligne de programmation, orchestrée par Yvan Corbisier, tend à une vision plus générale de la production européenne. La compétition n’est ainsi plus uniquement axée sur les premiers et deuxièmes long-métrages. Mais ceux-ci ne sont pas oubliés pour autant. Toutefois le festival semble plus chercher à séduire le public qu’à répondre à l’appétit des cinéphiles convaincus. Un nouveau tournant qui, faut-il l’espérer, attirera les uns et contentera les autres. Lire l’article complet

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Le festival au jour le jour

30/06 : Clôture et Palmarès

La 8ème édition du festival prend fin. La séance de clôture, présentant le palmarès, sera ponctuée par la projection du film LE BEL AGE ou L’INSURGEE, c’est selon. Sans réel intérêt, mal dirigé, dépourvu d’originalité si ce n’est une photographie pleine de sens, ce film, aux antipodes du film d’ouverture TOURNEE, met en exergue la pluralité de la programmation du festival où fut proposé à boire et à manger … En parallèle, le film remportant le prix de meilleur long-métrage sera projeté lors d’une séance surprise.

Et pour clore les festivité une ultime projection en plein air a été ajoutée : FRITKOT de Manuel Poutte.

29/06 : Les mains en l’air !

Marie Gillain et les autres jurés délibèrent en vue d’accorder les prix de meilleur film, meilleur premier film et meilleur scénario. En effet, les projections des films en compétition ont pris fin hier. Onze films inégaux, dont 5 premiers long-métrages, qui ont permis une vision plurielle du cinéma européen. Un cinéma tantôt engagé, tantôt captivant – quelques fois éreintant aussi – mais qui de manière quasi-systématique porte un regard sur l’individu et, au-delà, la société. Deux premiers films polonais, THE REVERSE et ALL THAT I LOVE, qui envisagent avec force le passé de leur pays afin d’affirmer la défense des libertés d’expression, se veulent déroutant tant ils esquissent une réelle démarche politique. Ils affirment la puissance d’expression du médium cinématographique, arme de réflexion. BIBLIOTHEQUE PASCAL, plus abouti, parvient en assimilant burlesque et onirisme à emporter le spectateur, par le bais d’un spectacle surréaliste, aux confins d’une terrible situation plus que réaliste. Le questionnement des relations entre individus se veut passionnant au sein de YO TAMBIEN – qui envisage la normalité au regard de la relation amoureuse entre un trisomique et sa collègue sans handicap apparent, ALLES STROOMT – où le déchirement entre une mère et son fils est d’une justesse troublante, THE ROBBER – lorsque l’aveuglement conduit à la déraison, ou encore du terrifiant et drôlissime CORRIDOR – reposant sur une approche esthétique intelligente et un scénario brillant.

La programmation du jour est essentiellement axée sur le film de genre avec quatre long-métrages. Par contre l’avant-première de LA MEUTE de Franck Richard a été annulée à la dernière minute et remplacée par BLACK DEATH. Jeu de hasard ou mauvais sort, les projections de LA MEUTE en festival ne cessent de poser problème … – Après un interdiction à Cannes, où le film a été déprogrammé des projections sur la plage et n’a pu être découvert que par quelques privilégiés dans la plus petite salle du Palais des festivals. Soit. SMALL CRIME, FRIENDSHIP et 9:06, qui à l’instar de BLACK DEATH, n’ont pas de distributeur en Belgique, prennent donc vie sur les écrans des Studios 1 et 5.

Mais l’événement de ce 29/06 est sans conteste la projection en avant-remière du film LES MAINS EN L’AIR. Un film pourtant bien simple, presque académique. Toutefois il secoue le spectateur en le confrontant intelligemment à la question des sans-papiers. Le point de vue adopté est judicieux tant il est naïf : il s’agit d’envisager la question au regard des enfants et de l’enfance. Mais au-delà le premier rôle adulte est interprété par Valéria Bruni-Tedeschi : une mère de famille qui ne comprends pas la fonctionnement de la politique d’immigration. Une mère de famille qui aussi et surtout s’insurge contre la politique répressive et policière qui a été mise en application en France. Une femme qui, par son engagement et son obstination à refuser tout passe-droit, par ses principes, va se mettre à dos sa propre famille. Comment ne pas envisager le film comme un terrible camouflet à l’égard de la politique de Nicolas Sarkosy, beau-frère de l’actrice ? LES MAINS EN L’AIR ne peut laisser indifférent.

Et qui s’y risquera pourra ensuite se détendre devant OSS117 RIO NE REPOND PLUS en projection en plein air.

28/06 : Le cinéma belge mis à l’honneur !

Outre la première Master Class du festival – autre nouveauté de cette édition – donnée par Jaco Van Dormael, le cinéma belge sera plus que présent ce jour à Flagey avec les premières de MISS MOUCHE, film produit par les cinéastes associés, et de WITHIN THE WHIRLWIND, une coproduction liant Belgique, Pologne, France et Allemagne dirigée par la réalisatrice néerlandaise oscarisée Marleen Gorris et mettant en scène Emily Watson et Ulrich Tukur. Et si LES BARONS est projeté en plein air, un autre film belge prend encore place en compétition officielle, C’EST DEJA L’ETE. L’ensemble donne une vision assez large de ce que peut être le cinéma belge, même si le film en compétition est bien misérable.

Deux autres films en compétition prennent également vie sur les écrans : BIBLIOTHEQUE PASCAL et L’UOMO CHE VERRA. Tandis que l’équipe du film LES PETITS RUISSEAUX se déplace à Bruxelles pour y présenter leur film en avant-première … Une gentille comédie de Pascal Rabaté au sein de laquelle on retrouve un Daniel Prévost touchant (!) et Julie-Marie Parmentier – bien trop absente du cinéma français.

Mais ce 28/06 est aussi et à la fois la journée européenne et la journée des réalisateurs … Proposant une conférence sur La Présidence belge et le cinéma, et un cocktail hommage à Jean-Claude Batz.

27/06 bis : Coup de Gueule !

Comment un festival tel que celui de Bruxelles, conscient de la problématique de la non-rencontre entre le public belge et ses productions cinématographiques, parmi la qualité de nombreuses réalisations, peut-il porter le choix de programmer, en compétition, le film C’EST DEJA L’ETE ?

27/06 : Alles stroomt …

Après cinq jours de festival nous vous proposons de faire un premier point sur les films en compétition en mettant en ligne un premier palmarès étoilé … Comme la plupart des films ne sont projetés qu’une fois certains ne seront déjà plus visibles que s’ils trouvent un distributeur. Car pour l’heure seul YO TAMBIEN, programmé ce dimanche, est prévu sur nos écrans. Là est l’avantage d’un festival, découvrir des films qui trop souvent, malgré d’évidentes qualités, ne sortent pas en salle ou tardent à le faire.

Quelque peu consensuel, YO TAMBIEN, de Antonio Naharro et Alvaro Pastor, aborde les questions de la normalités amoureuses. Lorsqu’un trisomique de 34 ans, émancipé professionnellement, rencontre sa nouvelle collègue Laura, il en tombe éperdument amoureux. Mais un trisomique est-il libre d’aimer ? Est-il possible pour une jeune femme « normale » de tomber amoureuse d’un handicapé ? Le questionnement devient rapidement universel, au-delà de l’enjeu dramatique premier. Les notions de normalité explosent à mesure que la quête d’un bonheur irrémédiable unit tout être. Si le film s’enlise ponctuellement, cherchant à englober beaucoup trop de choses, il se veut bouleversant. Autre film en compétition ce jour, ALLES STROOMT, premier long-métrage de Danyael Sugawara, est symptomatiquement dual. A la fois singulier et dépourvu d’originalité, il emporte tantôt le spectateur au sein d’un cruel déchirement d’une admirable justesse avant de le confronter à des séquences éculées où tous les clichés se rencontrent. L’ensemble est beaucoup trop long, manque irrémédiablement de rythme. Pourtant la finesse des rapports mère-fils est étourdissante.

Avant que PANIQUE AU VILLAGE ne prenne vie sur l’écran gonflable pour une projection gratuite en plein air, la version Director Cut de Mr NOBODY est à découvrir en prémisse à la leçon de cinéma que Jaco Van Dormael donnera demain à 17h dans le cadre de la journée des réalisateurs.

26/06 : Le genre s’immisce en compétition

Premier long-métrage des réalisateurs suédois Johan Lundborg et Johan Storm, CORRIDOR est un film de genre à la fois palpitant et croustillant. Si d’emblée un climat spécifique est mis en place, celui-ci repose tant sur les dimensions visuelles que sonores. Le plan d’ouverture suffit à mettre le spectateur en condition : un bâtiment au-dessus d’un ciel nuageux qui s’assombrit tandis que le son esquisse un basculement vers le lugubre. Le spectateur rencontre alors Franck, un jeune étudiant en médecine, quelque peu asocial, qui vit en fonction de ses examens. Son quotidien est réglé comme du papiers musique : les réalisateurs parviennent à en mettre en scène la ritualité. Les gestes, répétés de jour en jour, deviennent porteur de sens car Franck va basculer irrémédiablement vers la paranoïa. Une cruelle chute motivée par la naissance d’une amitié voire d’un désir pour sa nouvelle voisine. Les réalisateurs créent une réelle dynamique de suspens au sein de laquelle la dimension sonore est primordiale. L’esthétique visuelle est admirable tandis que la finesse de l’écriture – et l’habile caractérisation de personnage de Franck – ne cesse de conduire au rire. A voir !

Parmi les autres films en compétition projetés ce jour, seul THE ROBBER vaut le détour. THE HOUSE OF THE BRANCHING LOVE est une comédie caricaturale, mal construite, qui ne cesse de s’essouffler. Plat, vulgaire et appuyé, le film séduit un temps avant de fatiguer. C’est qu’il manque de rythme et que son caractère choral vire au capharnaüm. Et si le seul film finnois n’emballe guère malgré quelques répliques magistrales, l’unique film italien proposé à Bruxelles épuise littéralement le spectateur. L’UOMO CHE VERRA met en scène les chroniques d’un village du nord de l’Italie en 1944. Des simples paysans subissent une guerre qui leur est bien étrangère. Règles fascistes et soldats allemands affectent et conditionnent leur quotidien. Si certains s’engagent comme partisans, tous cherchent à survivre. C’est que l’on a faim lorsque l’on est pauvre. L’insouciance flirte avec la fatalité … Alors que le sujet est fort, interpellant, Giorgio Diritti réalise un film manichéen et brouillon. En ne faisant pas le choix de suivre le point de vue unique de la jeune protagoniste pourtant bien centrale, il malmène le spectateur qui se retrouve face à une fresque bien classique. Les effets démonstratifs comme les appuis scénaristiques sont nombreux. La musique est âprement conditionnante. Mais au-delà le réalisateur se tente à la pure esthétisation avec un travail pataud sur la dimension sonore. Si le spectateur en sort révolté, ce n’est pas contre les atrocités commises durant la guerre mais face au sentimentalisme qu’il subit, digne des films de propagande.

Parallèlement à la compétition deux autres films sont au programme : NOUS TROIS, avec Emmanuelle Béart et Jacques Gamblin, côté panorama européen, et, le film de genre BLACK DEATH, une coproduction entre l’Allemagne et le Royaume-Uni.

25/06 : Soirée de la Communauté Française

Côté compétition, deux coproductions allemandes sont au programme. La première, BIBLIOTHEQUE PASCAL, qui se veut être une oeuvre aux confins du burlesque et du surréalisme, associe la Hongrie et le Royaume-Uni à nos voisins allemands. La seconde, THE ROBBER, qui a concouru à Berlin cette année, associant Allemagne et Autriche, propose une puissante rencontre avec une histoire vraie. Egalement en compétition, le film hongrois I’M NOT YOUR FRIEND, pourtant dirigé par Gyorgy Palfi, le réalisateur de TAXIDERMIA – exaequo au prix Golden Iris en 2006, déçoit amèrement.

En adaptant THE ROBBER, le roman inspiré de faits réels de Martin Prinz, Benjamin Heisenberg réalise un film à la fois captivant et déroutant, dont le traitement scénaristique est sidérant. Presque radical – confrontant quasiment le spectateur au seul point de vue du protagoniste principal – il invite à découvrir le sens des gestes curieux d’un individu passionné de course à pieds qui, à sa sortie de prison, se perd de hold-up en hold-up. L’approche esthétique se veut épurée et emplie de sens. Le spectateur découvre une étrange mise à nu : sans jamais comprendre les motivations du marathonien, il rencontre une homme fragile, à la fois fier et froid, silencieux et solitaire. L’interprétation de Andreas Lust est bluffante, l’intensité de ses regards subjuguante.

Mais l’événement de ce vendredi est sans conteste la soirée de la Communauté Française. Si le cinéma belge est doublement mis à l’honneur ce soir avec d’une part la projection en plein air du film LE CONCERT, qui a connu un succès public, et la première mondiale du film de Frédéric Sojcher HITLER A HOLLYWOOD, les autorités culturelles francophones se déplacent à Flagey pour dire que la Communauté Française aime le cinéma …

24/06 : Plein feu sur le cinéma polonais

La Pologne est à l’honneur ce jour avec la projection de deux films en compétition qui concourent également au prix du meilleur premier long-métrage. THE REVERSE et ALL THAT I LOVE permettent tous deux un regard sur l’Histoire du pays. Au-delà ils semblent répondre d’une démarche de réappropriation fort riche. Le premier, réalisé par Borys Lankosz, envisage le destin d’une jeune trentenaire célibataire en 1952 qui travaille au service de poésie d’une maison d’édition qui, sous le communisme, veut instruire le plus grand nombre. En assimilant burlesque, suspens et film noir, le réalisateur met en scène un récit plein de sens qui se veut être une critique éclairée des années de stalinisme, tout en ancrant une dévotion quant à la culture. ALL THAT I LOVE revient sur l’émergence du mouvement punk au début des années 8O. Jacek Borcuch module avec brio un climat d’oppression et de révolte où le désir de liberté se crie plus qu’il ne se chante. L’interprétation est bouleversante malgré quelques appuis tant scénaristiques qu’esthétiques. Toutefois ces deux films ont en commun d’être vecteur de sens ; ils sont un réel regard tant sur le passé qu’indirectement sur le présent politiques du pays. A noter que Borys Lankosz banalise l’homosexualité dans son film : un détail qui a son importance dans un pays où l’homophobie est plus que présente.

Le reste du programme se divise entre la compétition de court-métrages, deux films proposés par le festival Sundance (BREAKING UPWARDS et QUIET LITTLE MARRIAGE), AU VOLEUR ! (ultime film avec Guillaume Depardieu) et le film de genre DANS TON SOMMEIL avec Anne Parillaud, Jean-Hugues Anglade et Thierry Frémont. L’écran gonflable des séances en plein air offrira au public LA MERDITUDE DES CHOSES.

23/06 : Ouverture

En prémisse à l’ouverture officielle du 8ème Festival du film Européen de Bruxelles, ESTACIO DE OBLIT est le premier film au programme de cette édition nouvelle formule. Le long-métrage espagnol fait partie du panorama proposé par l’équipe de programmation de Yvan Corbisier. TOURNEE fera ensuite sa première belge : le film applaudi à Cannes, récompensé par le prix de la meilleure mise en scène sera présenté par le réalisateur Mathieu Amalric. Un film sincère sur les coulisses du « show-business », quelque peu dual mais d’une intensité touchante. Parallèlement à cette séance d’ouverture, autre film du panorama européen, THE AMBULANCE, une coproduction entre la Serbie, la Grèce et l’Allemagne, s’intéresse au quotidien d’un service ambulancier dans un Belgrade qui panse encore les plaies des bombardements passés. Et sitôt que la pénombre se fera, J’AI TOUJOURS VOULU ETRE EN GANGSTER inaugurera la série de projections en plein air gratuites qui prendront place quotidiennement jusque mardi prochain.

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