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	<title>Un Grand Moment de Cinéma</title>
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		<title>Reality</title>
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		<pubDate>Sun, 20 May 2012 17:01:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nicolas Gilson</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Matteo Garrone ouvre son film avec féérie et ironie. Une calèche aux ornements dorés, tirées par des chevaux blancs, quitte les rues où régit une circulation d&#8217;automobiles normales afin d&#8217;entrer dans la cours d&#8217;un château. Les décors et les costumes sont d&#8217;une rare kitcherie. Nous sommes interloqués par l&#8217;univers auxquel nous sommes confrontés. Mais rapidement [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Matteo Garrone ouvre son film avec féérie et ironie. Une calèche aux ornements dorés, tirées par des chevaux blancs, quitte les rues où régit une circulation d&#8217;automobiles normales afin d&#8217;entrer dans la cours d&#8217;un château. Les décors et les costumes sont d&#8217;une rare kitcherie. Nous sommes interloqués par l&#8217;univers auxquel nous sommes confrontés. <span id="more-9540"></span>Mais rapidement la réalité de cette mise en scène s&#8217;impose. Le conte fait place à une situation banale et excessive d&#8217;un mariage à l&#8217;italienne.</p>
<p><a href="http://www.ungrandmoment.be/wp-content/uploads/2012/05/Reality-photo-de-famille1.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-9542" title="Reality - photo de famille" src="http://www.ungrandmoment.be/wp-content/uploads/2012/05/Reality-photo-de-famille1-300x205.jpg" alt="" width="300" height="205" /></a></p>
<p>Un mariage où l&#8217;exagération, le faste et l&#8217;importance de la famille s&#8217;impose. Un mariage anodin, puisque, au sein de l&#8217;espace féérique, se tiennent d&#8217;autres mariages bien similaires. La dimension macrocosmique de REALITY est alors assise, avec force et ironie.</p>
<p>Lorsque les strass se rangent, le quotidien de Luciano et de sa famille s&#8217;impose à nous avec une impression de vérité déconcertante. Une petite vie de petites gens qui se veut commune. Encore que pour Luciano, officiellement poissonnier et bonimenteur à ses heures, les fins de mois sont heureuses grâce à une système d&#8217;arnaque brillamment mis en place.</p>
<p>Néanmoins, bien qu&#8217;heureux, Luciano rêve de gloire – une gloire que le réalisateur met pourtant en scène avec sarcasme. Il aimerait participer à un jeu de téléréalité qui lui permettrait d&#8217;assurer les besoins de sa famille et au-delà. Encouragé par sa famille, il passe le casting local avant d&#8217;être appelé à Rome, dans les studios de Cinecittà, pour la sélection finale. Il perd alors peu à peu les pédales. Et le rêve vire au cauchemar.</p>
<p>REALITY est un film qui, avec légèreté, nous confronte au devenir de notre société où la réalité vendue par la télévision se substitue à la vie elle-même. L&#8217;écriture est habile. Le scénario nous entraine, du conte de fée à la réalité ; de la réalité au rêve et du rêve au cauchemar. Au basculement vers la déraison répond un soucis constant de l&#8217;image et du paraître…</p>
<p>La force de la mise en scène est indéniablement son caractère vérisimilaire. La force d&#8217;intreprétation de l&#8217;ensemble du casting est troublante tant les protagonistes semblent être saisis sur le vif, dans leur quotidien. La musique, souvent tout en contraste, fait sens tout en mettant en place une dynamique sensible. Troublant.</p>
<p><a href="http://www.ungrandmoment.be/wp-content/uploads/2012/05/Reality.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-9543" title="Reality" src="http://www.ungrandmoment.be/wp-content/uploads/2012/05/Reality-300x199.jpg" alt="" width="300" height="199" /></a></p>
<p>REALITY<br />
♥♥♥(♥)<br />
Réalisation : Matteo GARRONE<br />
Italie – 2012 – 115 min<br />
Distribution : /<br />
Comédie dramatique</p>
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		<title>Amour</title>
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		<pubDate>Sun, 20 May 2012 16:19:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nicolas Gilson</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La mort ouvre le film de Michael Haneke tel un couperet en une séquence chargée d&#8217;émotion et de mystère. Une femme âgée est allongée sur son lit, habillée d&#8217;une robe noire et bordée de fleurs. La rigidité du corps parle d&#8217;elle-même. Ce tableau, sublime tant il sous-tend la tragédie, conditionne notre attention. Le titre s&#8217;inscrit [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La mort ouvre le film de Michael Haneke tel un couperet en une séquence chargée d&#8217;émotion et de mystère. Une femme âgée est allongée sur son lit, habillée d&#8217;une robe noire et bordée de fleurs. La rigidité du corps parle d&#8217;elle-même. Ce tableau, sublime tant il sous-tend la tragédie, conditionne notre attention. Le titre s&#8217;inscrit avec sobriété. AMOUR.<span id="more-9536"></span> De ces cinq lettres, il n&#8217;y a rien à dire. Michael Haneke compose avec les sensations. Le film transcende l&#8217;émotion et les sentiments au-delà de la situation, à la fois singulière et universelle, qu&#8217;il décrit avec sobriété et sensibilité.</p>
<p><a href="http://www.ungrandmoment.be/wp-content/uploads/2012/05/Amour-Emmanuelle-Riva.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-9538" title="Amour - Emmanuelle Riva" src="http://www.ungrandmoment.be/wp-content/uploads/2012/05/Amour-Emmanuelle-Riva-300x168.jpg" alt="" width="300" height="168" /></a></p>
<p>D&#8217;emblée le réalisateur nous place dans une position d&#8217;observateurs et de témoins : nous découvrons les protagonistes du film alors qu&#8217;il sont dans une salle de spectacle. Un brillant effet de miroir. Georges (Jean-Louis Trintignant, majestueux) et Anne (Emmanuelle Riva, déchirante), tous deux octogénaires, rentrent ensuite chez eux. Nous pénétrons cet espace de vie avec eux et les découvrons dans leur quotidien. Mais celui-ci est rapidement ébranlé : un matin Anne fait une attaque. Elle subit alors une opération qui tourne mal et elle revient de l&#8217;hôpital paralysée du côté droit. Elle fait promettre à Georges qu&#8217;elle ne retournera plus en milieu hospitalier. L&#8217;amour unit le couple. Cet accident est une cruelle épreuve.</p>
<p>Michael Haneke nous plonge dans un huis-clos tendre et cruel dont l&#8217;enjeu final est inéluctable. Il nous fond à la réalité d&#8217;un drame quotidien. Des choses dont Georges dit lui-même que « rien de tout cela ne mérite d&#8217;être montré ». Le réalisateur n&#8217;est jamais voyeur. Il expose les gestes auxquels Georges et Anne ne peuvent échapper. Mais parallèlement à la mise en scène de la dégénérescence physique, c&#8217;est l&#8217;amour, un concept bien abstrait, qui prend forme.</p>
<p>Complices et témoins du couple, nous plongeons également dans l&#8217;esprit de Georges. Et entre le cauchemar, les fantasmes, l&#8217;imagination et le délire, la frontière est ténue. Le scénario est sublime. Les dialogues ou la musique sont d&#8217;une rare pertinence. A l&#8217;importance de l&#8217;espace-lieu – qui condense à lui seul la vie du couple –, répond la force des quelques séquences où le couple reçoit, en son sein, des visites &#8211; dont celles de leur fille interprétée par une troublante Isabelle Huppert.</p>
<p>A l&#8217;habilité première de l&#8217;écriture répond une maîtrise esthétique complète et remarquable : Michael Haneke s&#8217;impose comme un virtuose ! AMOUR tend à la perfection. Faire le catalogue de la justesse des choix opérés reviendrait à décrire le film plan par plan, coupe après coupe… Ce qui, sans doute, n&#8217;aurait pas le moindre intérêt puisque, comme le laisse envisager le réalisateur au sein même du film, l&#8217;important que l&#8217;on ne se souvient pas du film mais des sentiments provoqués.</p>
<p>Et l&#8217;émotion que Michael Haneke provoque en nous est totale.</p>
<p><a href="http://www.ungrandmoment.be/wp-content/uploads/2012/05/Amour-Jean-Louis-Trintignant.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-9537" title="Amour - Jean-Louis Trintignant" src="http://www.ungrandmoment.be/wp-content/uploads/2012/05/Amour-Jean-Louis-Trintignant-300x168.jpg" alt="" width="300" height="168" /></a></p>
<p>AMOUR<br />
♥♥♥♥<br />
Réalisation : Michael Haneke<br />
France / Allemagne / Autriche – 2012 – 127 min<br />
Distribution : Cinéart<br />
Drame</p>
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		<title>David Lambert : Entrevue</title>
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		<pubDate>Sun, 20 May 2012 12:00:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nicolas Gilson</dc:creator>
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		<description><![CDATA[David Lambert signe avec HORS LES MURS un premier film touchant. Celui-ci est présenté à Cannes, en première mondiale, à la Semaine International de la Critique. Il concourt en outre à la Caméra d&#8217;Or. Rencontre. HORS LES MURS est votre premier long-métrage en tant que réalisateur, mais auparavant vous avez collaboré à plusieurs projets d&#8217;écriture : [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #00ffff;">David Lambert signe avec HORS LES MURS un premier film touchant. Celui-ci est présenté à Cannes, en première mondiale, à la Semaine International de la Critique. Il concourt en outre à la Caméra d&#8217;Or. Rencontre.<span id="more-9518"></span><br />
</span></p>
<p><span style="color: #008080;">HORS LES MURS est votre premier long-métrage en tant que réalisateur, mais auparavant vous avez collaboré à plusieurs projets d&#8217;écriture : comment êtes-vous arrivé au scénario ?</span></p>
<p>Quand j&#8217;étais étudiant en Littérature, j&#8217;étais passionné par la narratologie. Je n&#8217;avais pas assez confiance en moi pour me dire que je pouvais être metteur en scène de cinéma mais par contre, comme j&#8217;aimais les structures narratives, la dramaturgie, j&#8217;ai commencé à beaucoup bosser ça. Je suis arrivé au scénario comme ça. Je voyais que tout le monde voulait réaliser, faire le malin mais n&#8217;avait rien à dire. Et je me suis dit que c&#8217;était peut-être mieux d&#8217;arrêter de faire le malin et d&#8217;avoir un truc à dire et pouvoir l&#8217;articuler. Ca m&#8217;intéressait de ne travailler que ça à la base, plutôt que commencer à se poser des grandes questions sur la mise en scène. De toute façon, la base de la base, pour moi, ça reste le scénario ou ce qui est raconté – après comment on le raconte c&#8217;est une autre étape. Je suis passé d&#8217;une culture très VHS, où je regardais 5 films par jour quand j&#8217;étais adolescent, à des études de Littérature à l&#8217;Université et le mixte des deux a donné que j&#8217;ai commencé à faire du scénario.</p>
<p><span style="color: #008080;">Quelle est la genèse de HORS LES MURS ?</span></p>
<p>C&#8217;est le premier scénario que j&#8217;ai écrit quand j&#8217;avais 22 ans. Il était dans un version très mauvaise. Je l&#8217;ai maturé pendant 15 ans et je suis arrivé à synthétiser toute une série de choses, de ma vie affective et amoureuse, au fur et à mesure qu&#8217;elles se déroulaient. J&#8217;ai commencé sérieusement à le retravailler il y a 7 ans et, à l&#8217;époque, je voulais le faire réaliser par quelqu&#8217;un. Je m&#8217;étais entêté à devenir scénariste en Europe et à me dire que j&#8217;allais trouver mon alter-ego réalisateur qui allait tout comprendre à mon univers… Chose qui ne s&#8217;est pas faite. Tous les retours que j&#8217;ai eu me disaient de le réaliser moi-même. J&#8217;ai fait un court-métrage, VIVRE ENCORE UN PEU, qui a eu le mérite de très bien fonctionner, du coup j&#8217;ai eu assez de confiance.</p>
<p><span style="color: #008080;">Comment le projet est-il arrivé devant un producteur ?</span></p>
<p>J&#8217;étais sur une co-écriture sur un film qui était produit par Frakas (producteur de HORS LES MURS). On se parlait au téléphone et comme j&#8217;avais écrit le court-métrage je l&#8217;ai fait lire au producteur. Et il a trouvé ça génial. On a monté le court ensemble et on a fait le long. Sans réfléchir. C&#8217;est à dire qu&#8217;au moment où j&#8217;ai fait le court-métrage je lui ai fait lire le long. Et une fois le court terminé, on a enchaîné sur le long. On s&#8217;est vraiment rencontré dans un flux de travail.</p>
<p><a href="http://www.ungrandmoment.be/wp-content/uploads/2012/05/Hors-les-murs-01-Mathieu-Poirot-Delpech.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-9531" title="Hors les murs (01) - Mathieu Poirot Delpech" src="http://www.ungrandmoment.be/wp-content/uploads/2012/05/Hors-les-murs-01-Mathieu-Poirot-Delpech-300x199.jpg" alt="" width="300" height="199" /></a></p>
<p><span style="color: #008080;">HORS LES MURS prend place à Bruxelles. Etait-ce important ?</span></p>
<p>C&#8217;est une ville multi-culturelle où l&#8217;on peut se marier entre hommes et où l&#8217;on peut fumer des joints sans se faire arrêter. Bruxelles contraste avec la prison française où, une fois que l&#8217;on traverse la frontière, on est dans un monde beaucoup plus sécuritaire. Alors qu&#8217;on est dans une génération qui est née avec l&#8217;Europe et qui n&#8217;a pas conscience qu&#8217;en traversant une frontière les codes peuvent changer.</p>
<p><span style="color: #008080;">Lorsque Paulo rend visite à Ilir en prison, il y a une forme de rite de passage. La frontière est alors effective. </span></p>
<p>C&#8217;est très très doux par rapport à ce que c&#8217;est dans la réalité. C&#8217;est une réalité que j&#8217;ai vécue et c&#8217;est beaucoup plus dur au niveau de l&#8217;attente et des démarches. Comme on est au cinéma et que ce n&#8217;est pas un film spécifiquement la-dessus, j&#8217;ai été très vite. Mais ces quelques séquences essaient de raconter ça : comment quelqu&#8217;un de très accessible devient, du jour au lendemain, complètement inaccessible.</p>
<p><span style="color: #008080;">Vous abordez l&#8217;homosexualité avec justesse.</span></p>
<p>Dans la première partie, il y a un rapport très intimiste où l&#8217;amour se déploie dans un cocon qui est la chambre d&#8217;Ilir et tout le reste est déjà problématique. Il n&#8217;y a rien de l&#8217;ordre du coming-out. C&#8217;est traité avec drôlerie. Le film n&#8217;a pas vocation à donner une image de l&#8217;homosexualité, c&#8217;est un film sur l&#8217;amour. J&#8217;ai voulu faire un film avec deux mecs dans une histoire d&#8217;amour et, qu&#8217;à un moment donné, cela se passe très mal et que ce soit très dramatique… mais que ce soit décomplexé et réaliste.</p>
<p><span style="color: #008080;">Comment Guillaume Gouix est arrivé sur le film ?</span></p>
<p>Je l&#8217;avais repéré dans COPACAPANA de Marc Fitoussi et quand je l&#8217;ai rencontré en casting, JIMMY RIVIERE n&#8217;était pas encore sorti, il était moins exposé que maintenant. Je l&#8217;ai casté pour Paulo – au départ c&#8217;était Paulo et Désiré, Désiré étant congolais – et c&#8217;était une catastrophe, ça n&#8217;allait pas du tout pour le personnage. Et puis Guillaume m&#8217;est resté en tête. En même temps, mon court-métrage a fait plus de 50 festivals dont 15 dans les pays de l&#8217;Est, et visiblement la manière décomplexée d&#8217;approcher un trucs de mecs avait un réel impact là-bas. C&#8217;était touchant de voir ça. Du coup j&#8217;ai changé le personnage et j&#8217;ai tout réécrit pour Guillaume. Ce qui a donné un rôle taillé sur mesure. Après il a eu un peu peur.</p>
<p><span style="color: #008080;">Il a eu peur d&#8217;être catalogué ?</span></p>
<p>Il y a eu cette peur là mais elle a été vite levée. C&#8217;est aussi un rôle qui n&#8217;est pas facile à jouer. Sur scénario, une scène de fellation ou une scène de ceinture de chasteté, tu ne sais jamais comment ça va être traité.</p>
<p><span style="color: #008080;">Justement par rapport au traitement on n&#8217;est jamais dans la monstration.</span></p>
<p>On est dans une pudeur quasiment extrême et puritaine. Il y a une retenue et une pudeur alors que la sexualité est franchement-là. Mais j&#8217;ai voulu rester, toujours, à distance de l&#8217;émotion. Je trouve que si tu montres trop de la sexualité, et surtout entre deux mecs, tu casses l&#8217;émotion et les vrais enjeux. Je trouve plus érotique quelqu&#8217;un d&#8217;habillé que quelqu&#8217;un complètement nu. Du coup ça correspond à ma configuration érotique. Mais c&#8217;est vraiment venu sur le plateau où Guillaume voulait plutôt se foutre à poils et moi je voulais qu&#8217;on garde un truc sobre. Et je trouve que dans cette sobriété il y a plus d&#8217;émotion qui passe. Comme j&#8217;avais mon deuxième film en tête qui va être un truc sur le milieu de la pornographie où je savais que je n&#8217;allais pas échapper à la bite en érection… Ca s&#8217;est aussi construit sur le deuxième film en préparation dans ma tête. Sur ce film-ci je voulais que ce soit plus retenu. Et quand on rentre dans ce trip-là il y a moyen de faire plein de choses. J&#8217;aime bien suggérer. Je trouve ça beau. Mais j&#8217;ai pris pleinement conscience de cela quand j&#8217;ai vu les rushs. Sur scénario on attendait un truc plus trash.</p>
<p><span style="color: #008080;">Le cadrage est relativement serré. Ce qui transcende presque l&#8217;intimité.</span></p>
<p>Quand tu as un scénario, tu te demandes qu&#8217;elle est la meilleure place de la caméra pour le raconter. Tu te demandes en fait, qu&#8217;est-ce qui m&#8217;intéresse moi et qu&#8217;est-ce qui va intéresser les autres. Ce qui me semble intéressant, ce sont les personnages, leurs visages et la manière dont l&#8217;émotion se crée ou ne se crée pas. Je me suis toujours dit que si je devais résumer HORS LES MURS ce serait assez simple : c&#8217;est un film qui se passe dans une chambre de bonne, dans une prison et puis dans une chambre d&#8217;hôtel. Mettre une caméra dans ces espaces ne laisse pas quinze milles solutions : tu dois être proche. La base du film ce sont des lieux exigus. Ca réduit les possibilité. J&#8217;aime être proche des acteurs au cinéma. J&#8217;essaie de trouver la nécessité de chaque plan et de ne pas perdre de temps. Et on peut se passer de plein de trucs, il y a plein de choses qui existent hors cadre, hors champs, hors récit : on n&#8217;est pas obligé de tout expliquer.</p>
<p><span style="color: #008080;">Pourquoi recourir à une dynamique, ponctuelle, de renfort musicaux extradiégétique ?</span></p>
<p>Sur mon court-métrage je suis resté dans de la musique intradiégétique tout le temps. Sur la construction de HORS LES MURS, je suis resté très longtemps sur cette idée. Après, comme le personnage est pianiste, avec la compositrice, j&#8217;ai essayé de rentrer dans la tête de Paulo. Le but était là. Peut-être que ça ne marche pas du tout et que ça paraît de la soupe, mais il y avait vraiment la volonté de renforcer le personnage et de se dire qu&#8217;on entre dans son anxiété avec un morceau qui reste très fouillé et très brouillon. Ce n&#8217;est pas un « original score » comme les autres. J&#8217;ai co-écrit notamment un film où il y a de la musique tout le temps et je devenais totalement taré car je déteste les renforts musicaux. Ici, j&#8217;ai vraiment essayé d&#8217;équilibrer à minima. Et entre la version sans musique et la version avec musique je trouve vraiment que le film y gagne – après c&#8217;est une question de goût.</p>
<p><span style="color: #008080;">Le film est au Festival de Cannes en première mondiale. De quoi devenir orgueilleux ?</span></p>
<p>Ca me fait plaisir pour le film car je me dis que ça va lui donner beaucoup de visibilité. Et c&#8217;est ça qui est important : arriver à ce qu&#8217;il soit vu. Je crois à sa nécessité. Ca raconte des choses sur l&#8217;amour, sur le surpassement de l&#8217;absence et sur le changement de vie qui me semblent importantes. Là où réside mon égo c&#8217;est que je pense que mon film est nécessaire, il ne réside pas dans le fait d&#8217;être à Cannes. C&#8217;est vachement bien pour le film. Et surtout je suis content d&#8217;être sélectionné à la Semaine de la Critique. C&#8217;est très « cinéphilique », très amoureux du cinéma, sans stratégie, à hauteur humaine : je suis assez content de ça. C&#8217;est une sélection qui convient bien au film.</p>
<p><a href="http://www.ungrandmoment.be/wp-content/uploads/2012/05/david-cannes1-485x600.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-9530" title="David Lambert" src="http://www.ungrandmoment.be/wp-content/uploads/2012/05/david-cannes1-485x600-242x300.jpg" alt="" width="242" height="300" /></a></p>
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		<title>Hors Les Murs</title>
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		<pubDate>Sun, 20 May 2012 11:00:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nicolas Gilson</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Sur base de la rencontre entre deux hommes, le premier long-métrage de David Lambert envisage la complexité de la dynamique amoureuse. Les enjeux soulevés sont nombreux. De la rencontre à l&#8217;absence, de l&#8217;acceptation de soi au deuil de l&#8217;autre : HORS LES MURS appréhende avec justesse les questions identitaires de la construction de soi. Après une [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Sur base de la rencontre entre deux hommes, le premier long-métrage de David Lambert envisage la complexité de la dynamique amoureuse. Les enjeux soulevés sont nombreux. De la rencontre à l&#8217;absence, de l&#8217;acceptation de soi au deuil de l&#8217;autre : HORS LES MURS appréhende avec justesse  les questions identitaires de la construction de soi.<span id="more-9390"></span></p>
<p><a href="http://www.ungrandmoment.be/wp-content/uploads/2012/05/Hors-les-murs-01-Mathieu-Poirot-Delpech.jpeg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-9395" title="Hors les murs (01) - Mathieu Poirot Delpech" src="http://www.ungrandmoment.be/wp-content/uploads/2012/05/Hors-les-murs-01-Mathieu-Poirot-Delpech-300x200.jpg" alt="" width="300" height="200" /></a></p>
<p>Après une soirée arrosée, Paulo se réveille chez Ilir qui l&#8217;a raccompagné chez lui car il ne tenait plus debout. La complicité entre les deux hommes, qui fait suite à un jeu de regards appuyés, s&#8217;impose d&#8217;emblée. Si le désir est palpable, la retenue est de mise. Une tension sexuelle en émane et transcende un érotisme troublant. Mais déjà, derrière cet l&#8217;élan amoureux, se cache l&#8217;enjeu de l&#8217;acceptation de soi : Paulo vit en couple avec sa fiancée, qu&#8217;il a déjà trompée avec des hommes et à qui il a promis de ne plus le faire. Il lui est impossible de contenir son désir. Paulo doit faire des choix, un choix.</p>
<p>Plus que d&#8217;envisager le « coming-out », David Lambert appréhende intelligemment la nécessité d&#8217;être honnête par rapport à soi-même. Et cette démarche est complexe car il s&#8217;agit de se construire dans la relation à l&#8217;autre et au monde. Le scénario est habile. Il met en place avec brio la dynamique de la construction amoureuse en la nourrissant de détails anecdotiques qui lui insufflent une justesse sensible. Le réalisme des situations mises en scène et la force des dialogues amusent, enivrent ou irritent. La sincérité de la mise à nu des protagonistes est totale.</p>
<p>Toutefois David Lambert porte la réflexion au-delà de la construction amoureuse. Ilir quitte Paulo pour quelques jours et ne revient pas. Il est alors question de faux-semblants mais aussi, au final, de séparation et du surpassement de l&#8217;absence. Ilir est emprisonné en France. Son ressenti ne peut être celui de Paulo qui est séparé de celui d&#8217;Ilir par une frontière à la fois effective et psychologique. Paulo teste alors ses limites tant il doit se retrouver, se trouver…</p>
<p>Les enjeux contenus dans le scénario sont nombreux et, souvent, se répondent. L&#8217;équilibre, la justesse et la puissance de l&#8217;écriture s&#8217;imposent. David Lambert opte pour une mise en scène  intimiste avec un cadre résolument serré et une épure dans la mise en scène privilégiant la complicité et la sincérité des gestes, laissant aux mots la possibilité de résonner. Toutefois quelques effets d&#8217;esthétisation apparaissent de-ci, de-là. Mais jamais la (dé)monstration ne l&#8217;emporte sur l&#8217;impression, sur les sensations. Et la force d&#8217;interprétation de Guillaume Gouix est désarçonnante.</p>
<p>HORS LES MURS<br />
♥♥<br />
Réalisation : David LAMBERT<br />
Belgique / Canada / France – 2012 – 98 min<br />
Distribution : / (Ventes internationales : Films Boutique)<br />
Drame</p>
<p><span style="color: #008080;">Cannes 2012 &#8211; Semaine de la Critique</span></p>
<p><span style="color: #008080;"><a href="http://www.cinemma.be"><img class="alignleft size-full wp-image-9386" title="cinem(m)a" src="http://www.ungrandmoment.be/wp-content/uploads/2012/05/logo_cinemma.png" alt="" width="158" height="125" /></a><br />
</span></p>
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		<title>Jagten</title>
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		<pubDate>Sat, 19 May 2012 21:18:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nicolas Gilson</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Sous un angle pertinent, Thomas Vinterberg aborde à nouveau les thématiques de l&#8217;abus sexuel et des rapports humains. JAGTEN est un film fascinant qui capte complètement notre attention, nous glace l&#8217;échine et nous révolte tout à la fois. L&#8217;écriture est brillante. Le scénario est la base première du film qui lui donne sa force, sa [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Sous un angle pertinent, Thomas Vinterberg aborde à nouveau les thématiques de l&#8217;abus sexuel et des rapports humains. JAGTEN est un film fascinant qui capte complètement notre attention, nous glace l&#8217;échine et nous révolte tout à la fois.<span id="more-9520"></span></p>
<p><a href="http://www.ungrandmoment.be/wp-content/uploads/2012/05/Jagten-The-Hunt.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-9521" title="Jagten - The Hunt" src="http://www.ungrandmoment.be/wp-content/uploads/2012/05/Jagten-The-Hunt-300x199.jpg" alt="" width="300" height="199" /></a></p>
<p>L&#8217;écriture est brillante. Le scénario est la base première du film qui lui donne sa force, sa rage. Thomas Vinterberg et Tobias Lindholm mettre en place une structure narrative remarquable grâce à laquelle ils nous rendent complice de leur protagoniste principal tout en nous conduisant à douter de sa sincérité, parallèlement à quoi ils décrivent avec dextérité la cruauté dont « l&#8217;homme » peut être capable par son jugement et son aveuglement. Les scénaristes questionnent les notions d&#8217;amitié et de confiance de manière magistrale.</p>
<p>Il est préférable de découvrir l&#8217;intrigue au fur et à mesure qu&#8217;elle se dévoile. Lucas, le protagoniste central, travaille dans un jardin d&#8217;enfants et, après un divorce difficile, essaie de retrouver son fils. Il a un chien, des amis avec qui il est complice, bref, il mène une vie paisible. Mais un mensonge, proféré par la toute jeune fille de son meilleur ami devant la directrice de l&#8217;établissement où Lucas travaille, sème la terreur… La stupeur fait place à la méfiance ; la suspicion au jugement ; le préjugé à la condamnation. Tout s&#8217;emballe vite, très vite, jusqu&#8217;à l&#8217;hystérie.</p>
<p>A l&#8217;intelligence de l&#8217;écriture répond une direction d&#8217;acteur grandiose. Le réalisme des rapports humains est déroutant. Mads Mikkelsen, face à un casting épatant, excelle dans un rôle tout en nuances.</p>
<p>Par ses choix de réalisation – notamment la mobilité de son cadre – Thomas Vinterberg nous confronte aux regards des protagonistes tant sur la situation que les uns sur les autres. Il dose habilement les renforts musicaux qui font sens où nous permettent de respirer. Jamais il ne sombre dans le pathos. JAGTEN est une claque : il s&#8217;impose comme un film à la fois interloquant et décontenançant. En un mot : puissant.</p>
<p>JAGTEN<br />
<em>THE HUNT – LA CHASSE<br />
</em>♥♥♥(♥)<br />
Réalisation : Thomas Vinterberg<br />
Danemark / Suède – 2012 – 111 min<br />
Distribution : ABC-Distribution<br />
Drame</p>
<p><span style="color: #008080;">Cannes 2012 &#8211; Sélection Officielle en Compétition</span></p>
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		<title>Au-delà des Collines</title>
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		<pubDate>Sat, 19 May 2012 11:33:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nicolas Gilson</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Avec AU-DELA DES COLLINES, Cristian Mungiu signe un film dont la maîtrise esthétique, épurée et sans concession, est totale. Mais derrière une approche réaliste radicale, les enjeux mis en scènes sont obscurs. La passion qui consument les protagonistes nous est étrangère et a raison de nous. Alina revient d&#8217;Allemagne pour y emmener Voichita. Les deux [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Avec AU-DELA DES COLLINES, Cristian Mungiu signe un film dont la maîtrise esthétique, épurée et sans concession, est totale. Mais derrière une approche réaliste radicale, les enjeux mis en scènes sont obscurs. La passion qui consument les protagonistes nous est étrangère et a raison de nous.<span id="more-9506"></span></p>
<p><a href="http://www.ungrandmoment.be/wp-content/uploads/2012/05/Au-delà-des-collines.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-9508" title="Au-delà des collines" src="http://www.ungrandmoment.be/wp-content/uploads/2012/05/Au-delà-des-collines-300x127.jpg" alt="" width="300" height="127" /></a></p>
<p>Alina revient d&#8217;Allemagne pour y emmener Voichita. Les deux jeune femmes se sont connues à l&#8217;orphelinat et y ont développé une amitié passionnelle. Voichita, qui a rejoint un couvent orthodoxe, craint de quitter sa vie actuelle car au retour elle ne sera plus la même – un concept inculqué par le père qui régit l&#8217;organisation de la communauté. Alors que les choses semblent malgré tout simples, tout se complique : Alina tombe malade avant d&#8217;être emportée dans un délire que le père envisage comme la possession du « malin ».</p>
<p>Si l&#8217;enjeu narratif principal s&#8217;avère obscur, la radicalité des normes induites par la foi orthodoxe s&#8217;impose comme délirante à l&#8217;instar des 464 pêchés répertoriés qui semblent signifier que penser ou exister est déjà pêcher…</p>
<p>Sans mettre en scène la ritualité du quotidien du couvent – celle-ci est esquissée mais n&#8217;est jamais développée –, le réalisateur parvient à en transposer la logique, paradoxalement aveugle et égoïste.</p>
<p>L&#8217;approche est froide, sans concession. La cadrage épouse tantôt les gestes ou tend à une cruelle fixité qui se veut révélatrice. Cristian Mungiu nous confronte tantôt à la confusion qui emporte ses protagonistes, tantôt au trouble qui les déstabilise, eux qui sont si vertueux et qui pense, grâce à Dieu et dans son respect, maîtriser chaque chose.</p>
<p>Et s&#8217;il est question de passion, Cristian Mungiu ne parvient pas à nous en communiquer la sensation : si la confrontation aux délires animant les protagonistes est riche, AU-DELA DES COLLINES semble interminable jusqu&#8217;au final qui s&#8217;avère splendide par le biais de la banalité qu&#8217;il transcende.</p>
<p>DUPÃ DEALURI<br />
<em>AU-DELA DES COLLINES<br />
</em>♥/♥♥♥<br />
Réalisation : Cristian MUNGIU<br />
Roumanie – 2012 – 150 min<br />
Distribution : /<br />
Drame</p>
<p><span style="color: #00ffff;">Cannes 2012 &#8211; Sélection Officielle en Compétition</span></p>
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		<title>Lawless</title>
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		<pubDate>Sat, 19 May 2012 11:00:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nicolas Gilson</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Basé sur le livre « Pour quelques gouttes d&#8217;alcool » de Matt Bondurant, inspiré des récits de son grand-père producteur d&#8217;alcool de contrebande en Virgine lors de la période de prohibition, LAWLESS, scénarisé et mis en musique sans finesse par Nick Cave, est un film de gangster dépourvu du moindre intérêt. John Hillcoat signe une réalisation soignée [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Basé sur le livre « Pour quelques gouttes d&#8217;alcool » de Matt Bondurant, inspiré des récits de son grand-père producteur d&#8217;alcool de contrebande en Virgine lors de la période de prohibition, LAWLESS, scénarisé et mis en musique sans finesse par Nick Cave, est un film de gangster dépourvu du moindre intérêt. John Hillcoat signe une réalisation soignée mais artificielle. Seule une partie du casting vaut le détour.</p>
<p><a href="http://www.ungrandmoment.be/wp-content/uploads/2012/05/Lawless.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-9509" title="LAWLESS" src="http://www.ungrandmoment.be/wp-content/uploads/2012/05/Lawless-300x199.jpg" alt="" width="300" height="199" /></a></p>
<p style="text-align: center;">« AUSSI SIMPLE ET BANAL QUE CA »</p>
<p>Attention, soyez prévenus, LAWLESS est inspiré de faits réels ! Afin de contextualiser l&#8217;intrigue, un narrateur, protagoniste de l&#8217;intrigue, vous informe d&#8217;emblée des règles – ou plutôt de l&#8217;absence de règle – qui ont cours dans le comté de Franklin en Virginie au début des années 1930. Tout est déjà démonstratif, de l&#8217;illustration des propos du narrateur au renfort musical.</p>
<p>Les frères Bondurant sont de notoires trafiquants d&#8217;alcool. Les enjeux sont simples, dans un monde sans règle où la police est corrompue et la justice vendue, les trois frères imposent leur loi. Caractérisés sans subtilité – le plus jeune est donc chétif –, les protagonistes vont évoluer peu à peu, à mesure que se développe une aventure sans surprise, afin de tendre à une complicité attendue.</p>
<p>Si Shia LaBeouf n&#8217;est absolument pas convainquant dans le rôle du couard qui devient courageux, Jason Clarke et Tom Hardy donnent corps à leurs personnages au-delà de l&#8217;artificialité induite par la mise en scène. Présente au générique, alors qu&#8217;elle est une actrice majestueuse, Jessica Chastain n&#8217;a absolument rien à défendre – dommage.</p>
<p>Sans surprise les personnages féminins sont irrémédiablement secondaires et n&#8217;engendrent qu&#8217;une dynamique d&#8217;apitoiement ou sont, au mieux – ou plutôt au pire –, la source de rebondissements négatifs. La femme conduirait-elle l&#8217;homme – cet animal viril et sanguin(aire) – à sa perte ? Bref, John Hillcoat livre un film de gangster d&#8217;une pauvreté affligeante au point d&#8217;en devenir ridicule.</p>
<p>Le plus consternant est sans doute d&#8217;y repérer à plusieurs reprises, comme dans THE ROAD, un placement publicitaire pour un marque de soda américaine avec comme logo le plus actuel… C&#8217;est aussi – malheureusement – ça le cinéma !</p>
<p>LAWLESS<br />
DES HOMMES SANS LOI<br />
♥<br />
Réalisation : John HILLCOAT<br />
USA – 2012 – 115 min<br />
Distribution : /<br />
Comédie dramatique / Action</p>
<p><span style="color: #00ffff;">Cannes 2012 &#8211; Sélection Officielle en Compétition</span></p>
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		<title>Cannes Anyways</title>
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		<pubDate>Sat, 19 May 2012 00:30:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nicolas Gilson</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Au programme de ce vendredi, trois films correctement répartis dans un emploi du temps qui semble dès lors agréable. Alors que le soleil est présent de bon matin, l&#8217;écho se fait que la soirée qui se prépare depuis deux jours à dix mètres d&#8217;où on dort est celle du film de Xavier Dolan, LAURENCE ANYWAYS, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Au programme de ce vendredi, trois films correctement répartis dans un emploi du temps qui semble dès lors agréable. Alors que le soleil est présent de bon matin, l&#8217;écho se fait que la soirée qui se prépare depuis deux jours à dix mètres d&#8217;où on dort est celle du film de Xavier Dolan, LAURENCE ANYWAYS, 159 minutes à découvrir en milieu de journée… Mais auparavant, dans un pas de course maintenant quotidien, il faut se rendre au Grand Théâtre Lumière pour la projection de 8h30.<span id="more-9501"></span></p>
<p><a href="http://www.ungrandmoment.be/wp-content/uploads/2012/05/Suzanne-Clément-Laurence-Anyways1.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-9502" title="Suzanne Clément - Laurence Anyways" src="http://www.ungrandmoment.be/wp-content/uploads/2012/05/Suzanne-Clément-Laurence-Anyways1-300x199.jpg" alt="" width="300" height="199" /></a></p>
<p>Il s&#8217;agit de REALITY de Matteo Garrone, le réalisateur de GOMORRA qui décrocha, en 2008, le Grand Prix du Festival de Cannes. Autant dire que le film est attendu et que la foule est au rendez-vous ! Si bien qu&#8217;il a fallu aux organisateurs ouvrir la salle du Soixantième pour accueillir une partie des journalistes, des professionnels et des invités – ce qui s&#8217;est passé dans un calme surprenant – et en refouler un bon nombre… &#8211; Bon, là pour le calme, on n&#8217;en sait rien ! Mais on peut dire que REALITY est un film prodigieux, sensible et intelligent, délicieux et étourdissant !</p>
<p>Et sans vouloir tendre au délire du protagoniste principal, pourquoi ne pas rêver : on se lance alors comme défi de dégoter une invitation pour la soirée du film LAURENCE ANYWAYS !</p>
<p>Qu&#8217;importe la pluie qui s&#8217;abat sur Cannes – n&#8217;en a-t-on pas l&#8217;habitude? – il s&#8217;agit de filer au village international afin de passer au pavillon québécois. Après la mise en scène de nombreux prétextes professionnels afin d&#8217;obtenir le fameux sésame, arborant fièrement le badge des Machins – les petits prix du cinéma belges –, on obtient quelques informations intéressantes comme l&#8217;organisation d&#8217;une fête informelle au pavillon même demain soir… mais pas de carton. La première tentative est un échec cuisant. Mais à voir comment le grattage d&#8217;invitation est un art auquel les différents représentants sont habitués, il s&#8217;agit de la jouer avec finesse.</p>
<p>Plan b : un forcing via mail. On contacte alors le distributeur belge, l&#8217;ancien producteur de Xavier Dolan, le programmateur du FIFF de Namur, les amis (d&#8217;amis) qui ont des amis chez MK2 qui organise la soirée, l&#8217;attachée de presse internationale qui s&#8217;occupe du film,… bref, on tente le tout pour le tout en espérant rester digne ! C&#8217;est alors qu&#8217;on craque, qu&#8217;on s&#8217;épanche sur les réseaux sociaux… et qu&#8217;un espoir chasse la morosité qui s&#8217;était imposée avant de pénétrer dans la salle Debussy afin de découvrir le troisième long-métrage du jeune Xavier Dolan.</p>
<p>Encore ému par le film, malgré un agacement certain – sans doute la preuve du génie du réalisateur –, on découvre dans une longue liste de commentaires « facebook » qu&#8217;un ami d&#8217;ami qui est détenteur d&#8217;une invitation pourrait en obtenir une seconde ! On envisage alors de titrer ce papier « Super Brandon », « Brandon le Magnifique » ou encore « Brandon Anyways » mais au moment d&#8217;aller découvrir un nouveau film de la compétition officielle, AU-DELA DES COLLINES de Cristian Mungiu, l&#8217;espoir retombe. Brandon a beau être super, il n&#8217;a pas de pouvoir magique.</p>
<p>Durant les 150 interminables minutes du film pourtant esthétiquement maîtrisé, on oublie Dolan, le strass et les paillettes. Mais sitôt re-caféiné, on parcourt ses mails sans que la réponse escomptée n&#8217;y figure. On se décide à rentrer bredouille lorsque la seconde séance du film québécois prend place. Le lieu des festivités jou, le service de sécurité ne laisse pas présager la moindre ouverture…</p>
<p>Et si l&#8217;on avait su, on ne se serait pas pris la tête dans l&#8217;espoir de rentrer ab-so-lu-ment dans cette soirée. On se serait contenté d&#8217;aller saluer des amis au pavillon allemand et on y aurait croisé Ewan McGregor et Diane Krüger. A la place de quoi on subit les allées et venues de ceux qui festoient à quelques pas… Bref, la loose. Mais selon les dires éméchés de deux jeunes femmes plus si jeunes que ça qui parlent beaucoup plus fort que d&#8217;autres : &laquo;&nbsp;A part Deniso qui est plus vieux qu&#8217;à la télé, il n&#8217;y avait que des ploucs&nbsp;&raquo;. C&#8217;est déjà ça.</p>
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		<title>Laurence Anyways</title>
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		<pubDate>Fri, 18 May 2012 15:30:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nicolas Gilson</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Suzanne Clément]]></category>
		<category><![CDATA[transexulaité]]></category>
		<category><![CDATA[transidentité]]></category>
		<category><![CDATA[un certain regard]]></category>
		<category><![CDATA[Xavier Dolan]]></category>

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		<description><![CDATA[LAURENCE ANYWAYS est un film baroque tout à la fois agaçant et magnifique qui, par le biais de l&#8217;évocation d&#8217;une tranche de vie et d&#8217;une histoire d&#8217;amour, met à mal les notions de normalités, clame le droit à la différence et chante la liberté. Laurence Alia (Melvil Poupaud) aime sa petite amie, Fred (Suzanne Clément), [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>LAURENCE ANYWAYS est un film baroque tout à la fois agaçant et magnifique qui, par le biais de l&#8217;évocation d&#8217;une tranche de vie et d&#8217;une histoire d&#8217;amour, met à mal les notions de normalités, clame le droit à la différence et chante la liberté.<span id="more-9492"></span> Laurence Alia (Melvil Poupaud) aime sa petite amie, Fred (Suzanne Clément), et par souci d&#8217;honnêteté il lui dit vouloir être une femme. Fred décide de l&#8217;accompagner dans sa transition…</p>
<p><a href="http://www.ungrandmoment.be/wp-content/uploads/2012/05/Melvil-Poupaud-Laurence-Anyways.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-9493" title="Melvil Poupaud - Laurence Anyways" src="http://www.ungrandmoment.be/wp-content/uploads/2012/05/Melvil-Poupaud-Laurence-Anyways-300x199.jpg" alt="" width="300" height="199" /></a></p>
<p style="text-align: center;">&laquo;&nbsp;CELLE QUE JE SUIS NE POUR ETRE&nbsp;&raquo;</p>
<p>« Que voulez-vous Laurence Alia ? » Cette question ouvre le film et la réponse qui lui est donnée, condamnant l&#8217;arrogance et la condescendance de ceux qui se revendiquent normaux, condense la nécessité du cinéma de Xavier Dolan : secouer les codes et bouleverser les esprits. Le réalisateur québécois aborde à nouveau des thématiques queer et parvient, au-delà de la transidentité qui est ici centrale, à mettre en scène le caractère universel des sentiments amoureux – de la passion aux relations familiales.</p>
<p>Avec sensibilité et exubérance, Xavier Dolan met en scène une troublante aventure : celle d&#8217;une femme qui ose enfin être qui elle est ; celle aussi d&#8217;un couple qui s&#8217;en trouve bouleversé et celle, enfin, d&#8217;une autre femme qui, amoureuse, en ressort troublée.</p>
<p>Un dialogue en voix-over – une interview de Laurence – met en place d&#8217;entrée de jeu la logique de l&#8217;évocation. L&#8217;expressivité induite est riche et multiple, sincère ou tronquée, contenue ou complètement folle. LAURENCE ANYWAYS voyage entre le ressenti et le fantasme, de l&#8217;émotion à l&#8217;exagération des sentiments… Ne s&#8217;agit-il pas de la réappropriation de son histoire par le protagoniste ?</p>
<p><a href="http://www.ungrandmoment.be/wp-content/uploads/2012/05/Laurence-Anyways.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-9495" title="Laurence Anyways" src="http://www.ungrandmoment.be/wp-content/uploads/2012/05/Laurence-Anyways-300x199.jpg" alt="" width="300" height="199" /></a></p>
<p>LAURENCE ANYWAYS est une fresque épique qui, sur une durée d&#8217;une dizaine d&#8217;années, questionne la différence et la quête de soi. En pointillés, le cinéaste envisage les relations familiales – avec une savoureuse Nathalie Baye dans le rôle de la mère de Laurence et une sarcastique Monia Chokri dans le rôle de la soeur de Fred – et le caractère normatif de notre société. Mais il peint aussi l&#8217;admirable portrait d&#8217;une femme, Fred, déchirée par l&#8217;amour qu&#8217;elle ressent et consumée par ses sentiments. Suzanne Clément est majestueuse : face à un Melvil Poupaud qui s&#8217;impose comme l&#8217;élément négatif du film – pour ne pas dire plombant – l&#8217;actrice québécoise est déchirante et transcende l&#8217;émotion.</p>
<p>Xavier Dolan construit un film hybride et délicat qui, à l&#8217;image de son principal protagoniste, est sans retenue, sensible et pluriel. En élaborant son récit de manière linéaire tout en explosant ponctuellement toute logique narrative, le réalisateur, qui multiplie les effets et se renouvelle sans cesse, tend à une surprenante cohérence esthétique où la musique revêt une importance capitale. Il signe un film singulier, étonnant et détonnant, sans doute excentrique, où l&#8217;émotion est centrale sans être gratuite. Dolan est un fin artificier : LAURENCE ANYWAYS est admirable.</p>
<p><a href="http://www.ungrandmoment.be/wp-content/uploads/2012/05/Suzanne-Clément-Laurence-Anyways.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-9494" title="Suzanne Clément - Laurence Anyways" src="http://www.ungrandmoment.be/wp-content/uploads/2012/05/Suzanne-Clément-Laurence-Anyways-300x199.jpg" alt="" width="300" height="199" /></a></p>
<p>LAURENCE ANYWAYS<br />
♥♥♥(♥)<br />
Réalisation : Xavier DOLAN<br />
Canada / France – 2012 – 159 min<br />
Distribution : ABC-Distribution<br />
Comédie dramatique</p>
<p><span style="color: #00ffff;">Cannes 2012 &#8211; Un Certain Regard</span></p>
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		<title>Drôles de Gallinacées</title>
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		<pubDate>Thu, 17 May 2012 23:38:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nicolas Gilson</dc:creator>
				<category><![CDATA[Festivals]]></category>

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		<description><![CDATA[Avant d&#8217;inaugurer les projections matinales de 8h30, la nuit fut longue. Pourtant pas de soirée d&#8217;ouverture ni de passage à la fête de Wes Anderson organisée pour la première de MOONRISE KINGDOM. Bien que réfugié dans les hauteurs de la vieille ville, dans le Suquet, la tranquillité espérée n&#8217;est pas au rendez-vous. De bruyantes poules [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Avant d&#8217;inaugurer les projections matinales de 8h30, la nuit fut longue. Pourtant pas de soirée d&#8217;ouverture ni de passage à la fête de Wes Anderson organisée pour la première de <a href="http://www.ungrandmoment.be/moonrise-kingdom/">MOONRISE KINGDOM</a>. Bien que réfugié dans les hauteurs de la vieille ville, dans le Suquet, la tranquillité espérée n&#8217;est pas au rendez-vous. <span id="more-9480"></span>De bruyantes poules endimanchées ne cessent de se succéder, claquant les portes des taxis, pleurant leur mal aux pieds à cause de talons trop hauts ou de chaussures trop étroites, chantant leur joie alcoolisée, bref, au premier jour a fait place une première nuit. Celle qui a suivi la première montée officielle des marches, les premiers flash, les premières euphories… Et dans le Suquet les gallinacées sont nombreuses et caquettent même de la manière la plus naturelle du monde en se réveillant avec le soleil ! Si le bruit n&#8217;est pas suffisant, les rues sont nettoyées au jet d&#8217;eau dès l&#8217;aube… et le clocher s&#8217;emballe pour vous rappeler qu&#8217;il est déjà 8h !</p>
<p><a href="http://www.ungrandmoment.be/wp-content/uploads/2012/05/Le-Suquet.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-9483" title="Le Suquet" src="http://www.ungrandmoment.be/wp-content/uploads/2012/05/Le-Suquet-300x215.jpg" alt="" width="300" height="215" /></a></p>
<p>Les escaliers se dévalent à toute vitesse, les ruelles se parcourent avec hâte afin de parvenir dans les temps au Grand Théâtre Lumière. Un passage obligé devant le Palais de Festival où le slalom entre les nombreuses personnes quémandant une invitation pour la projection est de rigueur – en affichant si possible un sourire de compassion signifiant que « non, je suis désolé, je n&#8217;ai pas de carton d&#8217;invitation » et ce même si foncièrement la seule pensée qui nous parcours l&#8217;esprit est qu&#8217;il reste une place pas trop excentrée afin d&#8217;apprécier la projection. Bref, au deuxième jour on redécouvre les projections matinales. Avec un petit plaisir, celui de fouler le tapis rouge qui, sans les flash, perd toutefois de sa gloire…</p>
<p>Au deuxième jour, ce sont aussi les ouvertures des sections parallèles. Alors tandis que les français tentent vainement de trouver la manière la plus adéquate de prononcer le nom de Matthias Schoenaerts et que Marion Cotillard minaude à la conférence de presse de <a href="http://www.ungrandmoment.be/de-rouille-et-dos/">DE ROUILLE ET D&#8217;OS</a>, on croise de nombreux journalistes dépités de n&#8217;avoir pas pu assister à la projection du film de Michel Gondry THE WE AND THE I, le film d&#8217;ouverture de la Quinzaine, et on file découvrir MYSTERY de Lou Ye au certain Regard. Un film noir chinois où l&#8217;adultère est cause de bien des maux… et, même si les rebondissements sont nombreux et qu&#8217;il y est de loin question de polyamour (de très loin même), on se demande pourquoi le film s&#8217;est retrouvé dans la short-list des prétendants à la « Queer Palm ».</p>
<p><a href="http://www.ungrandmoment.be/wp-content/uploads/2012/05/Les-marches-de-bon-matin.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-9482" title="Les marches de bon matin" src="http://www.ungrandmoment.be/wp-content/uploads/2012/05/Les-marches-de-bon-matin-300x202.jpg" alt="" width="300" height="202" /></a></p>
<p>Quelques cafés plus tard, la découverture de <a href="http://www.ungrandmoment.be/paradies-liebe/">PARADIES – LIEBE (Paradis – Amour)</a> de l&#8217;autrichien Ulrich Seidl est troublante : un sujet fort, un mise en scène intelligente, une interprétation admirable, bref, un premier coup de coeur. Et un café de trop aura un goût amer, celui de ne pas parvenir à assister à l&#8217;ouverture officielle de la Quinzaine et de ne pas pouvoir découvrir le film de Gondry*. Alors on se moque bien de la montée des marches, on ne pense plus à la remise du Carrosse d&#8217;or** à Nuri Bilge Ceylan et, malgré tout repu par la digestion de trois long-métrage, on en oublie carrément l&#8217;ouverture de la Semaine de la Critique où est présenté BROKEN de Rufus Norris. Mais promis, si les rayons du soleil et l&#8217;envie viscérale d&#8217;aller découvrir les pires jaquettes de film au Marché ne nous empêchent pas de traverser la croisette de bout en bout (enfin presque), on ira à la Semaine ! Et plutôt que manger une glace, on ira peut-être se faire un JAMES BOND dans le sable…</p>
<p>*Nul voyage dans le temps, chaque film de la Quinzaine est programmé deux fois le jour de la première, en matinée et, de manière officielle, en soirée.<br />
**Depuis 2002, les réalisateurs de la SRF rendent hommage à un de leurs pairs en lui remettant ce prix durant le Festival de Cannes. Ce prix vise à récompenser un cinéaste choisi pour « les qualités novatrices de ses films, pour son audace et son intransigeance dans la mise en scène et la production ».</p>
<p><a href="http://www.ungrandmoment.be/wp-content/uploads/2012/05/La-Cinéma-de-la-Plage.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-9484" title="La Cinéma de la Plage" src="http://www.ungrandmoment.be/wp-content/uploads/2012/05/La-Cinéma-de-la-Plage-300x223.jpg" alt="" width="300" height="223" /></a></p>
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