Critique : Everest

On 03/09/2015 by Nicolas Gilson

Inspiré d’une histoire vraie, EVEREST nous plonge dans l’aventure, emplie d’excitation et de doutes pour deux groupes de grimpeurs, de l’ascension de la plus haute montage du monde. Mettant en scène un récit formaté et enlisé dans le pathos, Batasar Kormákur signe-t-il une réalisation démonstrative époustouflante qu’il ne parvient à transcender le moindre ressenti. Malgré la 3D et la démultiplication des effets visuels et sonores, l’expérience vire au calvaire pour le spectateur.

EVEREST-Jason-ClarkeQuelques intertitres posent le cadre de la complexité de l’ascension de l’Everest en révélant les étapes majeures qui ont permis de relever ce défi. En 1996, une expédition verra 19 aventuriers s’y risquer. Le film conte leur récit.

Sans tendre à une choralité, le scénario se concentre sur certains protagonistes principaux, en plaçant d’autres en seconde et troisième lignes. Le film s’ouvre-t-il sur la communion d’un groupe attaquant l’ascension vers le point culminant qu’il s’agit rapidement d’en envisager la genèse. C’est ainsi que la narration démarre stricto sensu « six semaines plus tôt », lorsque les aventuriers se rendent au Népal. L’attention se porte plus particulièrement sur Rob Hall (Jason Clarke), Beck Weathers (Josh Brolin), Doug Hansen (John Hawkes) ou encore Helen Wilton (Emily Watson). Le dialogue pose de nombreux enjeux tandis que les vies de famille de Rob et de Beck permettent une envolée, aussi pathétique que balourde, vers le romanesque.

À mesure que les étapes précédant l’expédition s’ancrent une à une, la personnalité des protagonistes se dessinent à gros traits, en exacerbant leur pathos, sans que la trame narrative ne tende au moindre équilibre. Si le réel sujet apparaît être l’ascension, en explosant les points de vue de manière superficielle, il devient impossible de se fondre pleinement à l’expérience. Nous demeurons spectateur d’un exercice démonstratif en bien des points pitoyable.Kormákur - everest

Incapables de partager le ressenti des protagonistes, nous en sommes au mieux les témoins. L’ouverture toute sentimentale vers la réalité (affectée) des compagnes de Rob Hall et de Beck Weathers n’a pour intérêt que de mettre en scène Keira Knightley et Robin Wright qui n’ont ici rien à défendre. Le dialogue apparaît être la meilleure des armes exposant ce que l’approche scénaristique, creuse et démonstrative, est incapable de révéler.

Aussi est-il logique que la réalisation ne puisse transcender ce qui n’existe pas. Au mieux le ressenti des personnages est donné à voir sans la moindre finesse – les larmes de Keira Knightley virant même au ridicule. Si certaine séquences sont visuellement bluffantes, c’est une maigre consolation tant il nous semble impossible de vivre les sensations feintes avec plus ou moins de réussite par les comédiens. Et ce malgré une réalisation dédiée à une projection en 3D qui n’apporte absolument rien… Le travail sur le son est par contre saisissant puisque nous sommes frappés par le vent au même titre que les protagonistes dont les vertiges nous resteront étrangers.

EVEREST

Réalisation : Batasar Kormákur
Royaume-Uni / USA – 2015 – 121 min
Distribution : Sony
Drame / Aventure

Venise 2015 – Sélection Officielle – Hors-Compétition (Film d’ouverture)

Everest affiche

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