Ernst Umhauer : Entrevue

On 15/10/2012 by Nicolas Gilson

A l’affiche de DANS LA MAISON de François Ozon, où il se révèle après un rôle secondaire dans LE MOINE de Dominik Moll, Ernst Umhauer est venu présenter au FIFF de Namur le film qui pourrait être père d’une carrière prometteuse. Rencontre.

Comment êtes-vous arrivé sur le projet de DANS LA MAISON ? - François (Ozon) avait une photo de moi, il a contacté mon agent et j’ai passé un casting. Ensuite, on m’a rappelé et j’ai passé des essais pour lesquels j’apprends la rédaction qu’il y a au début du film. Et je ne sais que ça du personnage. Ça se passe très bien. On m’a ensuite rappelé et on a fait des lectures et j’ai été pris.

Votre personnage a plusieurs facettes, comment l’avez-vous appréhendé ? – J’ai beaucoup lu le scénario. Au départ, on a tourné dans la chronologie avec les scènes du lycée. Ensuite, dans la maison, ce n’était pas dans la chronologie donc il fallait vraiment ne pas se tromper et savoir ce que venait de vivre le personnage. Le scénario est assez précis pour faire évoluer le personnage.

Comment êtes-vous arrivé au cinéma ? – J’ai passé mon premier casting il y a quatre ans. Le lendemain, la directrice de casting m’appelait en me proposant un agent. Et ça fait quatre ans que je passe des castings et ça se passe bien.

Depuis DANS LA MAISON, vous avez passé d’autres castings ? - Oui. Il y a d’autres projets au printemps mais ce n’est pas signé et on attend les financements. C’est un premier rôle.

Le film a été présenté lors de plusieurs festivals, vous l’avez accompagné ? – Je suis allé à Zurich et, ici, à Namur. Sinon je fais les avant-premières en France. Ça apporte un rapport au public et leurs avis, leurs regards… Présenter un film, répondre à des questions sur ce film permet de découvrir plein de choses qui sont très neuves pour moi. C’est palpitant.

Vous vous retrouvez face notamment à Fabrice Luchini et Emmanuelle Saigner. Comment avez-vous appréhendé cela ? - Justement avec appréhension. Forcément. J’étais impressionné parce que ce sont de grands acteurs qui ont beaucoup de métier derrière eux – et devant eux. Mon personnage ne me permet pas de se laisser impressionner, donc il a fallu que je mette de côté tous mes souvenirs de ces gens-là dans leurs films et que, finalement, je me fasse une petite place. Ils étaient là aussi pour me mettre à l’aise. Mon personnage m’a aidé puisqu’il manipule aussi son professeur. Son professeur le manipule un peu aussi. Son professeur est manipulé un peu par sa femme… c’est un sacré cercle vicieux.

Est-ce que le film correspond à l’image que vous en aviez ? - Oui. Et bien mieux en fait. Parce que c’est encore plus fluide et je ne m’ennuie pas quand je le vois. Je trouve le montage très réussi – et le scénario l’était aussi.

Votre personnage se passionne pour l’écriture et pour la lecture. Et vous ? - Oui, plus pour l’écriture je dirais. Mais je ne vais pas dans la maison des gens pour écrire. J’écris et je fais un peu de musique. Je fais en sorte que mes démarches soient artistiques. J’essaie de me mettre à l’écriture de scénario mais ce n’est pas facile. Je suis plus influencé par Bashung, Baudelaire ou Rimbaud. Ce serait plus de la poésie.

Quels seraient vos points de ressemblance avec Claude, votre personnage ? – Je n’étais pas un très bon élève. J’étais doué en rédaction. Je n’étais pas doué en math. J’ai grandi dans un milieu artistique avec un père photographe donc par rapport au film avec les galeries d’art contemporain j’ai vu cela assez tôt. Il y avait des similitudes là-dedans aussi.

Un souvenir de cinéma ? – C’est quand j’ai seize ans et que je vois SHINING au cinéma. Je l’avais vu avant mais je l’ai vu sur grand écran, à l’Odéon à Cherbourg, et ça m’a beaucoup marqué.

Si vous deviez épingler le nom de quelques réalisateurs ? - Les bons, pour travailler avec eux.

Qu’est-ce qui vous plaît dans le cinéma de François Ozon ? – En tant que spectateur on ne sait jamais où se placer : on est transpercé par plein d’émotions différentes et d’une certaine manière cela nous rend créatifs aussi.

Comment est née votre envie de faire du cinéma ? – Elle est née très tôt, j’étais en CE1. Je devais avoir six ans, quelque chose comme ça. J’ai fait un peu de théâtre, mais pas tout de suite. J’ai fait pas mal de sport et j’ai attendu d’avoir quinze ans pour faire du théâtre dans une MJC. C’était toujours présent. Quand je regardais des films, je regardais le jeu des acteurs avant tout.

Vous continuez à faire du théâtre ? – Non. Du tout. A suivre…

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