Elle s’appelait Sarah

On 13/10/2010 by Nicolas Gilson

Adaptation du livre de Tatiana de Rosnay, ELLE S’APPELAIT SARAH confronte le spectateur à une série de questionnements pertinents pour ne pas dire essentiels. Il s’agit d’envisager les silences et les non-dits, les secrets de famille : tous ces petits mouchoirs derrière lesquels se cachent nombre d’atrocités liées à l’histoire commune. Deux destins s’entrecroisent : celui de Sarah, une jeune enfant juive qui vit la rafle du Vél’d’Hiv, et celui de Julia, journaliste mère de famille qui travaille sur le sujet, soixante ans plus tard.

Le récit de Sarah permet de mettre en lumière une négation certaine de la culture juive exacerbée par la crainte de voir l’Histoire se répéter. Il s’agit de faire table rase du passé au point de s’effacer afin de perdre jusqu’à son identité. Sarah va fuir sa vie, se la cacher et la cacher aux autres. Elle changera de prénom, gommant ainsi sa judaïcité. Jamais elle ne se racontera à ses proches, ignorants dès lors du trouble qui la poursuivra toute sa vie.

Un lieu va unir les deux femmes et les époques : l’appartement quitté par Sarah lors de la rafle. Un appartement lourd d’un terrible secret.

Ce dernier va bouleverser Julia au point de la conduire à enquêter sur Sarah, à en découvrir la vie. Ses recherches, d’abord professionnelles, vont avoir une tremblante implication personnelle. Le destin de Sarah allant notamment jusqu’à remettre en question l’hypothèse de la filiation…

Toutefois, si le sujet est fort, les approches scénaristiques et esthétiques sont bien pauvres. La construction du film est systématique, entremêlant grossièrement deux destinées. Les appuis sont nombreux au point de devenir fatigants. A la tension première succèdent une série de non rebondissements, qui bien que riches en sous-texte, épuisent inexorablement. Sarah est bien trop centrale tandis que le pathos du personnage de Julia s’étale de manière affligeante. La réalisation est, de plus, dénuée de la moindre singularité.

ELLE S’APPELAIT SARAH
•/♥
Réalisation : Gilles PAQUET-BRENNER
France -
Distribution : BFD
EA
Drame
FIFF 2010 – Regards du présent

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