Do Not Disturb

On 24/09/2012 by Nicolas Gilson

Yvan Attal signe le remake de HUMPDAY sans convaincre. S’il met en scène un film tantôt sulfureux, tantôt choquant tant il frôle le réalisme, il sombre indéniablement dans l’artificiel et le démonstratif. Son scénario flirte avec la comédie et s’épuise à mesure qu’il se développe. Plus encore, Attal semble passer à côté de ce qui faisait l’intérêt de HUMPDAY : le questionnement identitaire au-delà des genres et des normes. DO NOT DISTURN porte donc bien son titre.

Le film s’ouvre sur la confrontation à un couple, Ben (Yvan Attal) et Anna (Laetitia Casta), en plein ébats sexuels. Le dialogue est cru. L’approche est réaliste. L’action est interrompue par l’arrivée impromptue d’un visiteur, Jeff (François Cluzet). Il s’agit d’un ami que Ben a perdu de vue ; « celui qui n’est pas venu au mariage ». Ben et Anna l’hébergent. Le couple révèle déjà ses failles : Ben et Anna, à la vie rangée et normée, ne parviennent pas à avoir un enfant.

Le ton est réaliste. L’approche esthétique tente de traduire l’agitation de Ben et Jeff, et l’agacement d’Anna en étant proche d’eux. Mais rapidement, avant même que les enjeux ne soient mis en place, Yvan Attal sombre vers une approche artificielle avec des effets de montage certes léchés mais dépourvus de sens.

Ben et Anna sont stigmatisés par Jeff. Lorsque Ben rejoint Jeff chez une galeriste parisienne (Asia Argento) qui organise une sauterie, il s’en rend compte et tente de démontrer qu’il est toujours libre indépendamment de sa vie rangée. Il relève le défi de faire un film pornographique-artistique avec Jeff qu’ils proposeront au festival « Hump ». Ils décident de faire quelque chose de novateur et de se mettre en scène – alors qu’ils sont tous deux hétéros – dans une relation homo-sexuelle.

Si la trame narrative est la même que celle mise en place par Lynn Shelton dans HUMPDAY, Yvan Attal y insuffle beaucoup d’effets démonstratifs et de détours. Ce faisant il met à mal toute hypothèse de huis-clos entre ses protagonistes si bien qu’il est obligé de le créer artificiellement, dans une séquence pathétique dans un commissariat, afin de parvenir à mettre en scène des aveux qui s’avèrent cependant bien creux.

La dynamique réaliste n’a de cesse de s’épuiser et Attal sombre carrément dans une plate comédie sans sens logique. DO NOT DISTURB devient alors pathétique. Certes il est amusant de découvrir Joey Starr (dans un rôle anecdotique) qui fait un play-back sur Dalida mais Attal passe à côté d’un sujet en or en en rendant les enjeux risibles.

DO NOT DISTURB

Réalisation : Yvan Attal
France – 2012 – 92 min
Distribution : Victory Production
Comédie (dramatique)

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