Divergent

On 01/04/2014 by Nicolas Gilson

Premier volet d’une adaptation en devenir de la trilogie de la romancière Veronica Roth, DIVERGENT est la nouvelle licence des studios producteurs de la saga TWILIGHT. Destiné à un public adolescent et plus spécifiquement aux jeunex filles, le film entremêle action et romance avec en toile de fond une ôde à la différence. Il est toutefois regrettable que la mise en perspective de la « normalisation » soit incommensurablement superficielle et caricaturale.

DIVERGENT

Dans une société post-apocalyptique (ou futuriste c’est selon) divisée en castes (Audacieux, érudits, altruistes, sincères et fraternels – mais aussi les « sans faction»), Béatrice Prior (Shailene Woodley), comme les condisciples de son âge, passe un test afin de voir à quelle faction sociale elle appartient. Née « altruiste », la jeune fille se révèle divergente : elle est non seulement altruiste mais aussi érudite et audacieuse. Une particularité dont elle concoit d’emblée le danger puisque la personne qui lui fait passer le test l’invoque de n’en parler à personne et précise avoir du encoder son résultat – falsifié – manuellement. Elle doit choisir, lors d’une cérémonie officielle, la faction qu’elle intégrera pour le reste de sa vie. Alors que son frère Caleb (Ansel Elgort) se déclare érudit, Béatrice opte pour rejoindre les audacieux. Elle se donne bientôt le nom de Tris et suit un entrainement en deux phases – physique et psychique – afin de faire partie de ceux que la caste acceptera comme siens.

Par le recours à une voix-over explicative, le récit est introduit par son héroïne qui résume tout à la fois les règles qui régissent son univers et les enjeux mis en scène. Si la ligne scénaristique présente l’intérêt de se construire selon le point de vue de la jeune fille au crépuscule de son adolescence, elle enchaine sans finesse les rebondissements. Et s’il est plus amusant de voir Béatrice opter pour les audacieux – si elle s’en était allée cultiver les champs avec les fraternels, ses aventures auraient sans doute été mais explosives – les séquences se succèdent de démonstration en démonstration. Le ressenti de la jeune fille et sa transformation (au-delà de son tatouage) ne sont développés que de manière superficielle. Le dialogue aparaît être l’arme infaillible des scénaristes qui condensent ainsi l’évolution narrative. Pour ce qui est des questions philosophiques soulevées, c’est à la louche qu’elles sont développées (comme les notions de famille ou d’amitié) avec en arrière fond un message des plus moralisant. Bref, autant en rire – un rire cependant quelques fois initié par la « maîtrise » de certaines séquences.

Lorsqu’au coeur de l’action s’immisce la romance, l’efficacité de l’écriture atteste de ses limites et vire au ridicule. Tris et Four (Theo James), son responsable d’entrainement, ont-ils un coup de foudre l’un pour l’autre que l’ensemble des séquences mettant en scène cet élan sont cousues de fils blancs et franchement risibles. Et ce d’autant plus que l’âge des protagonistes peut poser question. Mais n’est-ce là qu’un des détails auxquels scénaristes et réalisateur ne prêtent pas attention, eux qui mettent en place moult éléments qu’ils ne développent jamais et qui perdent tout crédit lorsque Tris paraît chevelure rayonnante et maquillage parfait.

Si, sans surprise, l’ensemble est enrobé musicalement afin d’exacerber la dynamique narrative, en plus de la musique de fosse, le réalisateur recourt à de nombreux morceaux contemporains permettant aux spectateurs de plonger au sein de l’univers mis en scène. Reflet d’une époque, le film, qui est techniquement maîtrisé sans faire preuve de la moindre originalité, se laisse regarder sans séduire.

Divergent - affiche

DIVERGENT

Réalisation : Neil Burger
USA – 2014 – 139 min
Distribution : Belga Films
Action / Aventure / Romance / Science-fiction

DIVERGENT

l

DIVERGENT

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>