Disconnect

On 03/07/2013 by Nicolas Gilson

DISCONNECT appréhende, sur base d’une choralité relativement simpliste, les affres des nouvelles technologies et de l’Internet. Bien qu’en sélection officielle à la 69ème Mostra de Venise, le premier long-métrage de fiction de Henri Alex Rubin pêche par excès de superficialité. Alors qu’il met en scène un sujet interpellant, en optant pour une pluralité d’axes narratifs, il ne cesse d’en déforcer l’essence.

Disconnect

« - You just want to chat ?! »

Un jeune homme vit de ses charmes sur Internet ; deux ados s’en prennent à un autre et décident de lui jouer un tour en créant un faux profil sur un réseau social ; une femme trouve refuge dans le dialogue virtuel ; un homme se distrait en se payant de parties de poker sur la toile… Si la galerie de personnages envisagée par le réalisateur est riche, il apparaît rapidement regrettable qu’il n’esquisse que de manière sommaire et démonstrative chacune des réalités considérées. Ainsi plusieurs situations se répondent, se croisent et se complètent mais s’avèrent platement démonstratives.

Kyle (Max Thierot) use de ses charmes sur internet. Comme d’autres – filles et garçons – celui qui se prétend être majeur apparaît rapidement appartenir à un réseau d’une forme singulière de « prostitution ». Henri Alex Rubin propose proprement de pénétrer son univers pour le moins bling-bling tourné vers l’image – celle avant tout de lui-même – et vers un réel formatage à la fois du corps, du comportement et du discours. Lorsqu’une trentenaire prend contact avec lui et lui dit ne vouloir que discuter, Kyle est tout à la fois perturbé et intrigué. Il ne se doute pas que la jeune femme qui s’adresse à lui est une journaliste…

À cette introduction captivante, répond rapidement une démultiplication des trames narratives qui déjà laissent transparaître la légèreté de l’ensemble. Car si la construction initiales semble fouillée, le développement scénaristique tient du pur divertissement (merci les gentils renforts, les conditionnements multiples et la sur-lisibilité des enjeux) et, plus encore, tend in fine à la pure moralisation. Le principal souci de l’écriture vient de son manque d’équilibre entre les lignes narratives et surtout de la superficialité qui en émane tant le réalisateur semble opter pour la monstration des états psychologiques des différents personnages – au point de virer ponctuellement au ridicule.

Mais si le scénario manque de volume (en ce sens que beaucoup plus approfondi, moins lisse, il aurait gagné à ne suivre et développer – épuiser ? – qu’un axe narratif) la mise en scène atteste de trop d’effets démonstratifs à l’instar des renforts musicaux atmosphériques et conditionnants ou encore des jeux de ralentis. Pourtant certains éléments esthétiques sont mis en place avec acuité cependant l’approche générale manque de rigueur et de cohérence au point de s’avérer lisse voire balourde. Ainsi l’emploi de la musique s’avère dual : tantôt pur enrobage, elle est également vectrice de sens car elle appartient à l’univers d’un des protagonistes et est à la fois son principal refuge et son moyen d’expression.

Bien que DISCONNECT se laisse regarder sans surprendre, il est indéniable que la qualité d’interprétation de l’ensemble du casting – les plus jeunes en têtes – est à saluer.

Disconnect - affiche

DISCONNECT

Réalisation : Henri Alex Rubin
USA – 2012 – 115 min
Distribution : Lumière
Drame

Disconnect -

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