Critique : Die Fremde

On 09/03/2011 by Nicolas Gilson

DIE FREMDE est un film intense qui propose au spectateur de se plonger dans l’effroi d’une situation qui apparaît être loin d’extraordinaire. La justesse du titre – l’étrangère – est glaçante, alarmante et déchirante aussi, tant elle condense, en un seul mot, la réalité mise en scène.

Une jeune femme turque, qui a grandi à Berlin mais qui est installée dans la famille de son mari à Istanbul, s’enfuit avec son jeune fils pensant trouver refuge auprès de ses parents et des ses frères et sœurs. Battue, malheureuse et craintive, elle rêve d’une vie meilleure au sein de laquelle elle pourrait exister en tant qu’individu. Une vie où elle pourrait être émancipée. Un idéal qu’elle envisage d’abord et avant tout pour son fils. Une vie telle que celle qu’elle a pu imaginer en grandissant et en découvrant le monde en Europe occidentale. Une vie en contradiction avec la pensée traditionaliste plus que traditionnelle de son père et dès lors de l’ensemble de sa famille. Car en prenant la décision d’être maîtresse de son destin la jeune femme jette le déshonneur sur sa famille, ce qui n’est pas sans conséquence.

La force de la trame narrative est percutante. Les question soulevée sont nombreuses, au-delà de toute stigmatisation culturelle et traditionnelle. Car derrière une réalité singulière c’est à la fois celle globale des femmes dans l’Allemagne et la Turquie d’aujourd’hui qui se dessine. Certes Feo Aladags pose la question du traditionalisme et du repli communautaire, soulève les incohérences quant aux hypothèses d’assimilation culturelle… La réalisatrice propose un film foncièrement politique. Elle pose un regard acerbe sur une situation plus que critiquable. Mais elle parvient aussi à lier cette hypothèse conditionnée par une certaine culture turque à la pluralité du destin des femmes dans l’Allemagne d’aujourd’hui. Ainsi les mécanismes de protection des femmes, les centre d’accueil et d’hébergements sont autant de témoin de la violence qu’elles subissent au quotidien. Une violence face à laquelle la société s’arme peu à peu.

Heureusement l’héroïne de DIE FREMDE connait les rouages d’un système. Heureusement elle rencontre des femmes prêtent à la comprendre et à la défendre. Heureusement elle est animée par une force folle. Mais sans cela elle mourrait, simplement.

DIE FREMDE repose sur un scénario intense. La force des situations tiraille, questionne et dérange tout à la fois. La mis en scène est intelligente. Le cadrage se fait toujours à hauteur de visage, attisant l’attention du spectateur sur les protagonistes-individus acteurs ou témoins de ces situations. Les regards revêtent une importance considérable. Ils sont les vecteurs d’une vive intensité. Ils expriment une rage, une violence ou une douceur qui ne peut s’exprimer par des mots.

L’approche témoigne toutefois d’appuis qui conduisent au pathos sans sombrer pour autant dans le misérabilisme. C’est que la réalisatrice insiste quelque fois avec véhémence à l’instar des renforts musicaux, de quelques jeux de constructions narratives et de ralentis notamment. Une insistance sans grande importance face à la puissance du récit.

DIE FREMDE
♥♥♥
Réalisation : Feo ALADAGS
Allemagne – 2010 – 119 min
Distribution : ABC Distribution
Drame
EA

2 Responses to “Critique : Die Fremde”

  • Vraiment j’ai aimer se film qui a etait projecter sur RTL avec mon frere vraiment c’etait un truc triste j’avait les larmes au yeux mais vraiment j’ai kiffer ce film Mercii !!! :)

  • film dramatique mais si beau si émouvant , j’ai aimé le voir l’admirer même. je ne sais si ce film a reçu des prix aux oscars car je trouve qu’il le mérite. il se raccroche tellement à l’histoire vrai que l’on a pas de mal a se familiariser avec la vie de cette femme. magnifique, Bravo!

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