Daybreakers

On 14/04/2010 by Nicolas Gilson

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Le film en salle : CINEBEL.BE

Le postulat narratif sur lequel repose DAYBREAKERS, un futur proche où l’humain aurait majoritairement mué en vampire, semble à la fois prometteur et inquiétant. Ce qui trouble n’est la probable trame narrative mais la pauvreté de son développement : le duo de scénaristes-réalisateurs s’amuse à mettre en scène un fantasme délirant d’amateurs de films de genre sans pour autant jouer de ni avec leurs codes. Nul second degré, nulle esquisse de pastiche assumé … Pourtant cela aurait rendu le film délectable ou pour le moins amusant. Mes les espérances satiriques sont vaines : place au sarcasme !

D’emblée un travail sur l’hypothèse sonore et une surabondance musicale s’imposent comme d’indispensables recours à la mise une épouvantable mise en condition. Le caractère foncièrement démonstratif du film jaillit avant même que celui-ci ne commence : une chauve-souris surgit ou plutôt jaillit afin de créer un effet de surprise … Ce principe éculé du jet, où le spectateur s’en prend la figure, n’aura de cesse d’être employé, sans pour autant jamais être un clin d’œil aux trucs des films fantastiques. Le penser révélateur de la pauvreté en l’ensemble serait un peu simpliste, car cela gommerait la platitude de l’approche esthétique ou encore la pauvreté du développement narratif.

La séquence d’ouverture se veut par contre exemplaire du manque de singularité dont témoignent les réalisateurs et de l’absence complète d’originalité dans le traitement. Elle met en place avec force l’étroitesse de leur approche tout en rendant caduc tout espoir d’ironie. Une jeune fille devenue vampire se suicide en s’offrant au levé du soleil … Les choix opérés pour transposer cela à l’écran attestent du manque de confiance en le médium même, de la nécessité que semble éprouver les réalisateurs à tout appuyer au travers d’un montage alterné pathétique et d’une modulation de valeurs de plans d’un classicisme scolaire. La musique dégouline au point de noyer le spectateur. Un grand moment de cinéma va donc suivre …

La séquence d’introduction ne sert qu’à introduire, le personnage de la jeune fille n’est là que pour la mise en bouche. Tout comme une série de scénettes ridicules parsemées tout au long du récit afin de permettre au spectateur de prendre conscience de l’univers effroyable au sein duquel les protagonistes évoluent. Et quelle évolution ! Un gentil, un méchant, des sentiments primaires, un humanisme sans borne … ne maque-t-il pas une histoire d’amour ? Rien ne ressemble plus à un mauvais film américain qu’un mauvais film américain.

Notons encore qu’afin de mettre en scène l’univers des vampires un travail spécifique est établi du point de vue photographique … par le recours à un chromatisme bleu. – Original, n’est-il pas ?

En somme DAYBREAKERS s’impose irrémédiablement comme un film dépourvu de singularité, âprement démonstratif et artificiel, sans intérêt.

DAYBREAKERS

Réalisation : Peter et Michael Spierig
USA – 2009 – 98 min
Distribution : BFD
Fantastique / Aventure / Thriller
EA

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