Critique : Dawn of the Planet of the Apes

On 28/07/2014 by Nicolas Gilson

Confié au réalisateur de CLOVERFIELD, le deuxième opus de la nouvelle saga de « La planète des singes » est des plus décevant. S’inscrivant dans la lignée du précédent épisode, DAWN OF THE PLANET OF THE APES épouse le ridicule en se rêvant spectaculaire. Afin de séduire le plus grand nombre le film propose une série de scènes de combat et quelques stases romantico-cucul. Convaincant, non ?

Dawn of the planet of the apes  20th Century Fox

« This is how it ends. Pretty soon. »

S’ouvrant sur une succession de séquences en fondu enchaîné contextualisant son improbable récit, DAWN OF THE PLANET OF THE APES s’impose d’entrée de jeu comme platement démonstratif. Que s’est-il donc passé suite à l’émancipation de César et de ses comparses, alors qu’un virus s’est répandu de part le monde ? La réponse s’impose bien vite. Les grands singes sont tels des guerriers Vikings traquant avec une soif sanguinolente le gibier qui, comme eux, a trouvé refuge dans la forêt surplombant San Francisco. Les hommes, eux, vivent reclus dans un campement au coeur de la ville dévastée. Décidés à rétablir l’électricité dont ils ont absolument besoin, ils tentent une expédition qui conduit bientôt à la confrontation.

Caricatural voire d’une rare bêtise, le scénario s’impose comme une vaste blague. En effet, le deuxième volet de la saga – ou plutôt de la licence – est ,comme tant d’autres productions actuelles, un vulgaire épisode de transition annonçant platement la suite. Si le film tourne sur lui-même au point de se mordre la queue, il permet au réalisateur d’en mettre plein la vue et les oreilles sans crainte du ridicule qui pourtant borde la réalisation de part en part – vous avez dit vraisemblance ?

planète de singes affrontement © 20th Century Fox

Le postulat de départ rejoint la crétinerie mise en place dans RISE OF THE PLANET OF THE APES : dotés d’intelligence, les singes sont aussi stupides que les humains. Tandis que dix hivers se sont écoulés, ils ont établi une société patriarcale et dictatoriale qui repose sur la seule bonté d’un individu. Ne craignant pas le grotesque, les scénaristes noircissent le trait d’une risible anthropomorphisation en la personne de l’épouse de César affaiblie par son accouchement ou encore dans une relation père-fils au-delà du cliché (sans oublier des ornements tribaux proprement douteux).

Le manichéisme est sans surprise total et la caractérisation de chacun des protagonistes prête purement et simplement au rire (ou aux larmes). Entre la surabondance d’action, les quelques pointes humoristiques et la balourdise de parenthèses mélodramatiques (César retrouvant le nid où il a grandi pour un instant larmoyant), la production parvient à placer quelques produit sans le moindre souci de cohérence. Sans doute n’est-ce pas un tort de profiter de la crédulité du spectateur.

Toutefois le plus aberrant tient du sous-titrage transcrivant les gestes des singes. Parti-pris témoignant tout à la fois du caractère démonstratif de l’écriture – toute intention passant ainsi dans le dialogue – et du pur gavage du spectateur supposé dès lors plus encore crétin que les chimpanzées (guère épargnés). Si les effets spéciaux sont réussis, la surenchère est telle que l’ensemble fatigue plus qu’il ne subjugue. La projection en 3D et le volume sonore permettent néanmoins de laisser à penser que le mal de tête pouvant s’esquisser n’est pas du à la vacuité du projet.

Dawn of teh planet of the apes - affiche © 20th Century Fox

DAWN OF THE PLANET OF THE APES
LA PLANETE DES SINGES : L’AFFRONTEMENT

Réalisation : Matt Reeves
USA – 2014 – 130 min
Distribution : 20th Century Fox
Action, Science-fiction

Dawn_with_the_planet_of_the_apes © 20th Century Fox

Dawn-of-the-Planet-of-the-Apes-slider-© 20th Century Fox

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