David et Madame Hansen

On 30/08/2012 by Nicolas Gilson

Sur base d’un scénario rempli d’illogismes et de rebondissements improbables ou platement démonstratifs, Alexandre Astier met en scène un film dont le seul intérêt est de découvrir le nouveau visage sans âge d’Isabelle Adjani. Vampirique l’actrice incarne un personnage psychotique dont les répliques absconses, au coeur d’une tambouille indigeste, amusent quelques fois.

Madame Hansen-Bergmann séjourne dans une clinique privée en Suisse suite à un grave traumatisme. Sur base de la décision du « docteur », le nouvel ergothérapeute, David, a la charge d’accompagner la patiente lors d’une sortie prévue de longue date. Le caractère changeant de Madame Hansen – peu à peu exit le Bergmann – conduit à de nombreux rebondissements… En parallèle la vie affective et familiale de David engendre des interférences pathétiques quelques fois motrices d’autres rebondissements dont la cohérence importe visiblement peu. L’écriture, d’une rare pauvreté, dénuée, entre autres, de réelle logique temporelle, est simplement chaotique. Du coup les enjeux du film – le deuil et le trauma – s’enlisent inexorablement et importent peu tant l’ensemble apparaît être pure pénitence.

Le découpage de DAVID ET MADAME HANSEN est quant à lui tellement abrupte et sans intérêt que deux possibilités sont envisageables : soit Alexandre Astier a voulu tendre à l’expérimental, soit il n’a aucun talent comme réalisateur. Et rien qu’à la pathétique direction d’acteur* la seconde option s’impose. Quant aux erreurs de raccord et aux choix complètement crétins d’accessoires ou de décors moteurs de certaines séquences**, ils assoient comme une évidence que la casquette de chef d’orchestre ne lui convient guère.

L’enrobage musical est tellement indigeste qu’il est toutefois heureux de soulever qu’à de rare moment celui-ci s’évapore ce qui permet une respiration.

Quant à Isabelle Adjani… Elle erre dans le film comme une âme en peine. Son visage de porcelaine – pourvu d’une fausse cicatrice – surprend tant son côté lisse jure avec les plissures naturelles et vivantes de ses bras et de ses mains. L’absence d’âge – et la maîtrise qui semble être sienne à l’inscrire – lui confère un côté pathétique plus que désolant.

* A noter qu’Alexandre Astier interprète lui-même le rôle de David sans convaincre, bien au contraire.

** Car, par exemple, conduire une pleine séquence sur le café des distributeurs automatiques sur les aires d’autoroute avec des gobelets présentant en gros plan le nom et le logo d’une grande marque de café américain est dénué de sens !

DAVID ET MADAME HANSEN

Réalisation : Alexandre ASTIER
France – 2012 – 90 min
Distribution : Alternative Films
Comédie dramatique

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