Dansons sous la pluie

On 21/05/2012 by Nicolas Gilson

Après une claque matinale qui ne donne pas envie de vieillir – mais alors vraiment pas ; ou alors amoureux mais en espérant que les droits à l’euthanasie soient reconnus –, le déluge s’abat sur la croisette. Montée des marches pluvieuse, récompenses heureuses ? Trop tôt pour en juger mais le film de Michaël Hanneke, AMOUR, s’impose comme remarquable, maîtrisé de bout en bout. L’émotion transcende l’écran. Des sensations qui réchauffent le cœur.

La journée est chargée mais la pluie aura peut-être raison du programme. Car si la violence des vents frappant les parois de la salle du 60ème était surprenante, elle ne laissait pas présager que des poubelles et autres objets s’envolent et frappent les passants ni l’annulation de la projection officielle du film VILLEGAS présenté hors-compétition. Néanmoins la pluie a rendu heureux des marchands de fortune qui revendaient parfois pour 25 euros des micro-parapluies pliables… Mais fera-t-elle notre affaire alors que, pour une fois, nous avons accès à deux soirées sur des plages privées ?

Un film belge était aujourd’hui à l’honneur : HORS LES MURS, le premier long-métrage de David Lambert, programmé à la Semaine de la Critique. Comme nous avons vu le film et qu’en plus nous en avons interviewé le réalisateur, nous avons obtenu un premier sésame – bien que la porte nous fût déjà ouverte. Alors peu nous importe l’ovation reçue lors des projections tant une seule question nous obsède : « La soirée aura-t-elle bien lieu ?»

Alors que l’inquiétude nous ronge, nous faisons un saut au pavillon allemand pour retirer notre invitation à la projection « Next Generation Short Tiger » (des court-métrage que nous ne verrons pas car on y préfère d’abord un film en compétition avant de décider, à défaut d’y avoir accédé, d’aller manger). Bref, nous retirons notre invitation pour la soirée qui suit la projection. Des bonbons en forme de petits ours nous font alors de l’œil. C’est la journée pour penser à la Berlinale où il fait froid et où souvent il neige, mais la queue ne se fait ni à l’extérieur, ni sous la pluie ! (A bien y réfléchir, y fait-on seulement la queue ?)

D’UNE SOIREE A L’AUTRE

BIENVENUE ! Le film HORS LES MURS est co-produit entre la Belgique, le Canada (précisons même le Québec) et la France, et la fête qui lui est consacrée semble louer cette initiative. Y verrons-nous Xavier Dolan qui a assisté dans l’après-midi à la projection du film ? La réponse est simple : non. Sans doute a-t-il préféré la soirée de Wild Bunch… Toujours est-il qu’en smoking ou en tenue de ville le jeune-homme porte un carré rouge, le signe de soutien à la grève des étudiants au Québec ! Aurons-nous l’occasion d’aborder le sujet de la situation de l’éducation et des arts au Québec ? Nous avons encore quelques jours pour répondre à cette question. Après tout, c’est open-bar : pleurons la perte de la cinérobothèque de Montréal en noyant notre chagrin – sincère – dans l’alcool ! Non ? Tout le cinéma belge se trouve sur place, de la délégation du FIFF à celle des Magritte, en passant par Christelle Cornil et l’incontournable Pierre Duculot.

WILLKOMMEN ! Quittons l’équipe de Films Boutique, les vendeurs de HORS LES MURS et faisons un sut du côté du court-métrage allemand. D’emblée l’atmosphère n’est pas la même. Sans doute est-ce dû au Dj-setting… Toutefois,a ver une rigueur surprenante, après un « Last Dance » annonciateur, la fin de soirée sonne comme un glas de manière radicale. Alors, puisqu’il est déjà tard, autant être soulagé – à défaut de faire demi-tour de retrouver une belgitude qui flaire bon la guindaille. Et comme la fête de Wild Bunch se tient au Suquet, l’ascension qui nous conduira à Morphée est loin d’être pénible puisqu’elle nous permet de faire connaissance avec des individus que nous croiserons à nouveau, au mieux dans une autre soirée et au pire dans un autre festival.

Toujours est-il que lorsqu’ils nous proposent de prolonger la soirée, la seule chose à faire est de décliner l’invitation et de  vérifier que le réveil est bien programmé sur 7h. Voilà Cannes : lorsque nous ne cherchons pas à être invité, nous le sommes ! Et demain, si le temps s’y prête, c’est la fête du cinéma belge (francophone) !

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