Dans la cour

On 23/04/2014 by Nicolas Gilson

Portrait croisé de deux êtres qui se rencontrent, DANS LA COUR séduit par sa poésie et la grâce de son casting. Si Pierre Salvadori signe une réalisation sans ambition, il a le mérite d’aborder avec candeur et légèreté le sujet cruel et délicat de la dépression. La tonalité aigre-douce de l’ensemble, teintée d’humour, se veut charmante.

« J’ai compris que j’ai fait du monde un murmure »

Las de sa vie de musicien, Antoine (Gustave Kervern) quitte tout du jour au lendemain. Jugé démotivant par son dernier employeur, il retrouve sa conseillère de l’ANPE qui lui propose un poste de gardien d’immeuble. Insomniaque, pataud et quelque peu passif, Antoine s’applique à la tâche comme il le peut. Parallèlement à son arrivée, aussi réjouissante qu’exaspérante, Mathilde (Catherine Deneuve) est obnubilée par l’apparition d’une fissure grandissante dans un des murs de son appartement. Elle trouve auprès d’Antoine une forme de réconfort.

Dans la cour - deneuve

Après DE VRAIS MENSONGES et HORS DE PRIX, Pierre Salvadori retrouve l’un de ses complices sur l’écriture de APRES VOUS… avec qui il signe un scénario tendre et efficace. Ils abordent avec humour et humanité la langueur ou la folie auxquelles peut conduire « le mal du siècle ». En s’intéressant principalement à deux protagonistes, Antoine et Mathilde, ils dépeignent avec soin une galerie de protagonistes qui, tous, en définissent les possibles contours.

« Les mensonges des gens qui nous aiment sont les plus belles déclarations d’amour »

S’il parvient à rendre palpable l’état psychologique de ses personnages, Pierre Salvadori opte pour une réalisation quelque peu monstrative qui ne cesse de renforcer le caractère foncièrement narratif de son approche. Néanmoins il insuffle à l’ensemble un rythme séduisant et, au fil de séquences tantôt tendres tantôt drôles, il parvient à nous rendre plus que témoins complices de la rencontre qui lie bientôt Antoine et Mathilde. A travers leurs angoisses – noircies à l’excès ou avouées avec une étonnante lucidité – nous pouvons alors dédramatiser les nôtres.

Au-delà de la justesse du scénario – toutefois truffé d’appuis quelque peu grossiers – la force du film repose sur la qualité d’interprétation : alors que Catherine Deneuve se révèle une nouvelle fois surprenante, Gustave Kervern ou encore Pio Marmaï se veulent proprement troublants. Pierre Salvadori ne signe-t-il pas une oeuvre majeure qu’il titille notre émoi

dans la cour - affiche

DANS LA COUR
♥(♥)
Réalisation : Pierre Salvadori
France – 2014 – 97 min
Distribution : Victory Productions
Comédie dramatique

Berlinale 2014 – Séance Spéciale

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