Critique : Vicky (Vicky Banjo)

On 06/07/2016 by Nicolas Gilson

Proulsée sur le devant de la scène avec LA FAMILLE BELIER dont elle signe le scénario pour lequel elle sera nommée aux César, Victoria Bedos tient aujourd’hui le premier rôle de VICKY réalisé (ou commis) par Denis Imbert (dont c’est le premier long-métrage). Comédie romantico-balourde qui a la prétention d’être un récit d’émancipatin, le film peine à trouver quelque rythme et nous confronte aux petits soucis d’une « fille de » qui trouve sa voie au fil de tableaux souvent risibles. Consternant.

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Cadette de la famille Bonhomme, Victoire rompt avec sa fiancé sur le parvis de l’église. Agacé aussi qu’embarrassé par l’attente du père et du frère de sa compagne, il irrite la belle en osant critiquer sa famille. Et la famille, chez les Bonhomme, c’est sacré. Sans travail, la jeune fille retourne vivre chez ses parents. Décidée à ne pas célébrer ses 30 ans dans ces conditions (lasse de faire la mauvaise blague de 5.000 euros de taxi pour papa), Victoire se met en quête d’indépendance.

Le film s’ouvre sur une succession de séquences démonstratives qui donne au film ses notes de balourdise. Au manque de finesse de l’écriture – sans doute à dessein caricaturale – répond une mise en scène tellement artificielle et impersonnelle qu’elle en devient pitoyable. Seul élément possiblement salvateur, un narrateur établit quelque impression de complicité et semble promettre de nous emporter ailleurs… Le récit s’embourbe dès sa mise en place en nous emportant au coeur de flash-backs franchement embarrassants – entre masturbation, coït ou découverte des premiers poils pubiens – jusqu’à ce que disparaisse la voix-over. Celle-ci se sera auparavant présentée, la narrateur étant « Claude », le vagin de Victoire qui visiblement n’a plus de raison d’être une fois qu’elle découvre son clitoris (sans que jamais ne prenne sens cette approche pourtant très originale de la narration et de l’adresse directe au spectateur).

Singeant sa propre famille à travers des personnages dépourvus de psychologie tant ils sont caricaturaux, Victoria Bedos compose un scénario d’une complète superficialité au sein duquel se noient de nombreux enjeux. Mère du texte et objet de sa propre représentation, manque-t-elle logiquement de distance dans son approche qu’elle confie le soin à Denis Imbert de trouver le point de vue esthétique adéquat. Mais la légèreté revendiquée du texte (espérons-le) se révèle d’emblée plombée par une réalisation qui, malgré une multitude d’oscillations, est sans volume. Si Victoire s’envole littéralement, elle est bien la seule à jouir.

Grossière lorsqu’elle n’est pas catastrophique, l’interprétation devient le gage du manque de talent de Denis Imbert ou plutôt du manque de dicernement de la production qui laisse un projet non dépourvu d’intérêt foncer droit dans le mur. On notera toutefois l’énergie de Victoire Bedos et Olivier de Closmadeuc qui, lorsque sur scène, donnent vie à leur groupe « Vicky Banjo » dont la formation est fantasmée sans le moindre réalisme sous l’angle de la fiction. Bref, mieux vaut en écouter les chansons.

VICKY
Vicky Banjo

Réalisation : Denis Imbert
France / Belgique – 2016 – 88 min
Distribution : Nexus Factory
Comédie

BRFF 2016 – Avant-premièreVicky - critiqueVictoria-Bedos-dans-VickyVicky - Victoria Bedos Chantal Lauby

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