Critique : The Promise

On 12/06/2017 by Nicolas Gilson

Afin de mettre en scène le génocide arménien, Terry George l’envisage sous l’angle d’un trio amoureux tout en glorifiant l’héroïsme américain. Manichéen à souhait, abêtissant et d’un classicisme poussif, THE PROMISE paraît être un petit ouvrage d’histoire pour les nuls rendant hommage – sans y parvenir – à Barbara Cartland. Optant pour la convention d’une langue anglaise riche d’accents caricaturaux ne faisant pas toujours sens, il passe à côté de réels enjeux culturels dont le film voudrait pourtant être le témoignage. Un supplice.

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Mikael Boghosian (Oscar Isaac) est décidé à devenir médecin. Il décide de se fiancer afin que la dote de la promise couvre les frais de ses études à Constantinople. Doit-il quitter son village deux pleines années que la sotte priera pour lui chaque jour. Hébergé chez son oncle, Mikael y rencontre la gouvernante Ana (Charlotte Le Bon) dont il tombe amoureux. Egalement sous le charme du bel arménien, l’héritière d’un grand compositeur vit toutefois depuis la mort de son père sous « la protection » d’un reporter américains, Chris Myers (Christian Bale) – les meurs sous l’Empire Ottoman de 1914 semblent bien légères. Comme si ce trouble amoureux ne se suffisait pas à lui-même, « la Turquie est en guerre ». Tandis que s’inscrit le génocide arménien, Mikael et Ana pourront-ils être heureux ?

Dès la séquence d’introduction, le caractère frelaté du film s’impose. La dynamique narrative s’inscrit en tant que telle entre représentation démonstrative de la vie de village dans les montagnes ottomanes et un commentaire en voix-over à travers lequel le personnage de Mikael nous raconte ce qui nourrira ensuite son dialogue une fois arrivé à Constantinople. Une séquence suffit à asseoir l’artificialité de l’approche et sa pauvreté tant narrative qu’esthétique. Autrement dit, nous savons d’entrée de jeu que nous allons au mieux admirer les paysages, faire (trop) attention aux costumes et laisser les fautes de raccord gagner notre attention. Et pas de chance (ou au contraire), des fautes de raccord, il y en a pléthore.

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La force du scénario est de se révéler de plus en plus désolant au fur et à mesure de son développement – illogismes, raccourcis douteux, suprématie trop poussive de « l’Américain » héroïque, caricature outrancière des Turcs, absence de psychologie des personnages féminins (les hommes, non Turcs, semblent par contre aptes à connecter quelques neurones). L’axe narratif, qui adopte plusieurs points de vue (sans contrepoint) tend à être platement in-tel-li-gi-ble quitte à grossièrement épouser le regard de l’Occidental (comprenez le héros américain) comme par souci d’anthropomorphisme. Le montage met en exergue l’inaptitude du scripte (voire plutôt du réalisateur qui ne se rend pas compte que des accessoires de jeu disparaissent d’un plan à l’autre) tout en défiant toute logique spatio-temporelle.

L’enrobage musical a-t-il pour but de faire passer la pilule en nous assommant qu’il provoque au mieux une allergie et tient dès lors nos sens en éveil. Nous avons connu Gabriel Yared bien plus inspiré – là encore, le blâme revient certainement au réalisateur ou aux producteurs. Malgré la distribution, l’interprétation assoit le ridicule de l’ensemble. Passons sur l’accent d’Oscar Isaac tant cet élément nous demanderait d’en commenter bien d’autres (accents) – une gageure car la multitudes des langues et leur emploi auraient suffi à ressentir ce que le scénario n’est pas parvenu à intégrer. Contentons-nous de souligner le ridicule d’une noyade, pareille la pire que le cinéma bis pourrait imaginer, pour témoigner de celui du film.


The Promise: Trailer HD VO st bil par cinebel

THE PROMISE

Réalisation : Terry George
Espagne / USA – 2017 – 134 min
Distribution : eOne
Drame historique / Romance

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